Grèce : des habitants s’opposent à la charité raciste d’Aube dorée

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Grèce : des habitants s’opposent à la charité raciste d’Aube dorée

Message  Résistance le Sam 6 Avr - 15:54



Dimanche après-midi (31 mars, NDLR), quelques dizaines de membres du parti grec d’obédience néo-nazie Aube dorée se sont rassemblés sur la place principale de Potama, un petit village situé au cœur de l’île de Thasos, bien plus connue pour ses fouilles archéologiques que pour son niveau de vie. Ce jour-là, ils sont arrivés avec un camion chargé de nourriture et de produits de première nécessité et s’apprêtaient à les distribuer à la population, comme ils ont l’habitude de le faire depuis un certain temps. Enfin, pas toute la population, seulement les Grecs… Un moyen comme un autre de nourrir le racisme et la propagande à bon marché. Et le procédé est rodé, puisqu’il a permis aux néo-nazis d’être considérés par de nombreux Grecs comme étant les plus à même de résoudre les problèmes dans lesquels les a fait sombrer la troïka.

Mais cette fois, de manière totalement inattendue, les habitants du village ont refusé de faire la queue pour recevoir l’aumône et écouter les discours xénophobes. Bien au contraire, les membres d’Aube dorée ont été accueillis par des banderoles sur lesquelles on pouvait lire des slogans du type : « le fascisme ne passera pas ! ». Une centaine de personnes, adhérents associatifs, supporters du club de football local ou membres de partis de gauche, ont empêché les néo-nazis de décharger le camion avant de les obliger à se tenir à l’écart. Las, les membres d’Aube dorée se sont résolus au bout d’une demi-heure à démonter les tentes qu’ils avaient commencé d’installer avant de disparaître.

Le communiqué du KOE (organisation communiste de Grèce) trahissait la joie de ses sympathisants : « c’est un succès phénoménal du mouvement antifasciste et une réponse claire du peuple démocratique de Thasos contre l’effrayante propagation du phénomène néo-nazi dans notre pays. Les gens de l’île nous ont montré la voie en matière de mobilisation et de lutte ».

Bien qu’ayant eu lieu dans un petit village d’une île du nord de la Grèce, cet épisode est beaucoup plus important qu’on ne croie dans un pays où les idées réactionnaires, du fait de la couverture institutionnelle, de la complicité des forces de l’ordre et du désespoir croissant d’une population aux abois, occupent une place croissante.

Capitaine Martin

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Aube dorée, l’autre visage de l’extrême droite européenne

Message  Silver Wisdom le Mar 2 Juil - 8:41

Bonjour à tous,

Aube dorée, l’autre visage de l’extrême droite européenne

L’Union européenne renoue avec ses vieux démons. La crise sociale et démocratique est un terreau fertile à la résurgence des droites extrêmes. En Grèce, elle est incarnée par Aube dorée, un parti aux références néo-nazies assumées, crédité de 13% dans les sondages. Agressions racistes et violences politiques perpétrées par ses militants et ses élus se multiplient. Et si le crépuscule brun d’Aube dorée recouvrait la Grèce ?



Vu de France, leur succès est une énigme. Leur logo ressemble à s’y méprendre à une croix gammée. Ils traquent, tabassent
ou défigurent jeunes, vieux et femmes sous prétexte qu’ils sont immigrés, musulmans ou « rouges ». Africains, Albanais, Afghans
ou Pakistanais ? « Des espèces de sous-hommes qui ont envahi notre patrie en nous ramenant toutes sortes de maladies »,
explique l’une de leur députée, Eleni Zaroulia, au Parlement grec. Leurs élus exhibent des armes à feu, intimident d’autres députés
ou font le salut nazi en plein hémicycle. Mi-mai, l’un de leur député pénètre au sein du Parlement avec un revolver. Il aurait déclaré
au policier en faction : « Je préfère avoir quelqu’un en premier, avant qu’ils me choppent. » Des lettres de menaces de mort,
arborant leur logo, sont adressées à des journalistes ou à l’Association des musulmans de Grèce. Des images montrent
leurs militants aux côtés de la police anti-émeute, participant à la répression des manifestations de gauche anti-austérité…

(...)

La crise n’explique pas tout

Comment en est-on arrivé là ? Comment un parti clairement néo-nazi, qui multiplie les agressions de rue et les discours
racistes assumés, est-il désormais en mesure de négocier une place au sein de la coalition gouvernementale d’un pays
membre de l’Union européenne ? Pour les prochaines élections législatives, prévues en 2016, « nous ne pouvons pas exclure
une alliance entre Nouvelle démocratie et Aube dorée, même si ce n’est pas le scénario le plus probable »
, estime Dimitris Psarras. Ailleurs en Europe, seul le parti hongrois Jobbik, ouvertement raciste, antisémite et négationniste, connaît un tel succès électoral (16,7% des voix aux élections législatives de 2010). D’autres formations similaires ont obtenu quelques résultats notables, en particulier en Allemagne ou au Royaume-Uni, mais toujours localement.



Il y a la crise, bien sûr, mais elle n’explique pas tout. « Nous n’enregistrons pas, pour l’instant, de poussée de l’extrême droite
au Portugal ou en Espagne », rappelle le journaliste. En Grèce, les mesures d’austérité imposées par la Troïka se sont conjuguées
à l’effondrement du système politique. Le panorama électoral a été totalement chamboulé : en trois ans, les deux grands partis
qui ont gouverné la Grèce depuis la fin de la dictature en 1974, les sociaux-démocrates du Pasok et la droite classique
de Nouvelle démocratie, ont perdu plus de la moitié de leurs électeurs, chutant de 77% à 32% en nombre de voix cumulées.
Ce qui ne les empêche pas de continuer de gouverner ensemble.

Banquiers, extrême droite et Troïka

Surtout, la démocratie grecque semble avoir été mise entre parenthèse par la Troïka qui impose au pays ses mémorandums.

« Il n’y a pas une seule mesure des lois préfabriquée par la Troïka qui ne soit pas passée.
Alors les gens se demandent à quoi sert le Parlement ? A quoi sert d’avoir des élus ? »


« La démocratie grecque était loin d’être parfaite, mais quand on l’annule,
lorsque l’on bafoue constamment la Constitution, la porte est ouverte à un changement de régime…
Dans ce contexte, l’arrivée d’Aube dorée n’est pas un hasard. »


Panagiotis Grigoriou, historien et ethnologue, auteur du blog
Greek Crisis


« La Grèce fantôme, voyage au bout de la crise », est à paraître aux Éditions Fayard en septembre.
La précédente coalition au pouvoir, dirigée par Lucas Papademos, ancien vice-président de la BCE, s’était ouverte à un parti
de droite extrême, l’« Alerte populaire orthodoxe » (LAOS). Une première depuis la dictature militaire. Autre signe de l’agonie
de la démocratie : l’actuel gouvernement a envoyé la police prendre d’assaut les émetteurs de la radiotélévision publique,
une fermeture arbitraire qu’a d’ailleurs soutenue Aube dorée. Comment combattre la montée du parti d’extrême droite,
si le gouvernement adoubé par les dirigeants européens se comporte lui-même comme une junte de putschistes ?


Insurrection sociale et sanglante à venir en Grèce
http://ledormeur.forumgratuit.org/t890-insurrection-sociale-et-sanglante-a-venir-en-grece#2123

Qui sont les électeurs de l’Aube dorée ? « La répartition des votes est à peu près égale dans toute la Grèce, y compris
dans les petites villes et les villages où il n’y a pas de présence de migrants », explique Dimitris Psarras. Le parti a obtenu
son premier succès électoral dans le centre d’Athènes, en faisant élire son chef Nikólaos Michaloliákos comme conseiller municipal. Une cartographie électorale de l’extrême droite différente de la France, où le vote FN s’est affaibli dans les agglomérations,
y compris les banlieues populaires, pour se développer dans les zones « semi-urbaines » plus éloignées des grands centres.



Des néo-nazis ? « Cela n’a plus d’importance »

« Ceux qui ont encore un espoir votent pour Syriza (la nouvelle coalition de gauche, passée en 3 ans de 4,5% à 17%
et créditée de 25% à 30% dans les sondages, ndlr). Ceux qui sont désespérés votent pour Aube Dorée », avance
le spécialiste de l’extrême droite. L’électeur type du parti néo-nazi est « un homme plutôt jeune avec un niveau d’éducation
plutôt bas ». Ses candidats remportent un certain succès chez les travailleurs non qualifiés, les chômeurs de longue durée,
le taux de chômage est officiellement de 27%, et les petits patrons. Le parti à la croix gammée stylisée plaît aussi chez les policiers : 40% des agents des « forces spéciales » employées pour le maintien de l’ordre auraient voté Aube dorée aux dernières législatives. Un implantation beaucoup plus inquiétante que dans l’armée où l’organisation plafonne, pour l’instant, aux alentours de 10%. Rappelons que c’est la police qui est chargée d’enquêter sur les crimes racistes et les agressions anti-immigrés. « Il y a aussi
des gens qui ont bénéficié des réseaux clientélistes du Pasok (qui a gouverné la Grèce pendant quasiment deux décennies, ndlr),
qui n’en profitent plus, se sentent trahis et veulent aujourd’hui prendre leur revanche sur les politiciens »,
complète Panagiotis Grigoriou.

La mémoire encore vive des années de dictatures (1967-1974) cantonnait jusqu’à présent l’extrême droite à des scores
électoraux anecdotiques. La crise, l’effondrement soudain du système politique et clientéliste, les diktats comptables de la Troïka sans véritables réformes, le réveil du nationalisme depuis l’indépendance de la Macédoine (appellation revendiquée par la Grèce),
la résurgence de l’islamophobie avec l’arrivée de migrants du Moyen-Orient, ont balayé les réticences. « Les gens qui votent
Aube dorée savent que c’est une organisation néo-nazie. Mais la situation politique et sociale est si terrible que cela
n’a plus d’importance », soupire Dimitris Pasarras.

La dictature des colonels pour origine

Aube dorée, un parti « anti-système » ? « Aube dorée n’a jamais été en dehors de la société. Ils ont entretenu des liens
avec quelques riches armateurs grecs et avec les anciens responsables de la dictature », répond le journaliste.
Le leader d’Aube dorée, Nikólaos Michaloliákos (56 ans), est un pur produit de la dictature d’extrême droite.
Il fait ses premiers pas en politique au début des années 70, au sein d’un mouvement ultranationaliste, le seul à être autorisé
par le régime militaire. A la fin de la dictature, Michaloliákos séjourne en prison, pour détention d’armes et d’explosifs,
en lien avec l’organisation néofasciste italienne Ordre nouveau (Ordine Nuovo), dont des militants sont soupçonnés
de plusieurs attentats et assassinats en Italie dans les année 70. Après un court passage au parti nationaliste créé
par les anciens de la junte (dont l’avocat est d’ailleurs le frère de Nikólaos, Panagiotis Michaloliákos), il se concentre
sur Aube dorée, qu’il a fondée en 1980.



Outre l’antisémitisme, le racisme et les références au nazisme, les influences des année 30 sont très présentes dans
son programme. Il revendique une « Grande Grèce », s’étendant de l’Albanie à Chypre, en passant par des territoires
bulgares ou turques. Si l’Allemagne impose une austérité drastique à l’Europe méditerranéenne, c’est la faute « des juifs
qui ont persuadé Angela Merkel de mener cette politique », décrit Dimitris Psarras. Les théoriciens du parti rêvent
d’un nouvel axe privilégié entre la Grèce et la Russie, le nouveau régime autoritaire à la mode chez l’extrême droite européenne,
y compris pour Marine Le Pen.


Marine Le Pen dit "admirer" Vladimir Poutine
http://www.lepoint.fr/politique/election-presidentielle-2012/marine-le-pen-dit-admirer-vladimir-poutine-13-10-2011-1384085_324.php

La chasse aux « sous hommes »

Autre ressemblance avec les années 30 : les sympathisants du parti organise de très médiatiques distributions
de produits alimentaires destinés aux seuls Grecs, sur présentation d’une pièce d’identité. Début mai, une telle initiative
devant le Parlement a été interdite par le maire d’Athènes, la qualifiant de « soupe populaire de la haine ».
« La machine du parti déploie ses forces comme une toile d’araignée partout dans le pays. L’heure est à l’activisme politique
et social dans une société qui se paupérise de façon dramatique », écrit Filippa Chatzistavrou, avocate et enseignante
à l’Université d’Athènes. « Les points de ressemblance avec les méthodes du parti nazi NSDAP (le parti national-socialiste
des travailleurs allemands) à Weimar sont frappants. »


Aube dorée : distribution de vivres aux grecs... par Nondezeus
Grèce. Une distribution de nourriture organisée par le parti néonazi dégénère
http://www.ladepeche.fr/article/2013/05/03/1618914-grece-distribution-nourriture-organisee-parti-neonazi-degenere.html

Y compris dans l’extrême brutalité vis-à-vis des non-Grecs, ces « sous-hommes » décrits par la députée Eleni Zaroulia.
Le 6 mai, à Athènes, non loin du siège d’Aube dorée, un enfant de 14 ans se fait taillader le visage à coups de tessons
de bouteilles par trois hommes habillés en noir et portant des t-shirts arborant le logo du parti. Son crime : être Afghan.
« Le jeune Afghan, victime de cette agression terrifiante, s’est présenté au Bureau de traitements de violences racistes
de la police grecque pour déposer plainte et il y a failli être arrêté et expulsé vers son pays par la police sous prétexte
qu’il n’avait pas de papiers ; son expulsion n’a pu été évitée qu’in extremis grâce à l’intervention du Haut Commissariat
aux réfugiés de l’Onu »
, raconte Le Journal des rédacteurs, un quotidien créé pendant la crise, et l’un des rares à survivre.

« Déloger Aube dorée va être compliqué »

La menace Aube dorée peut-elle être jugulée ? Pas par le gouvernement actuel qui se contente de mettre sur le même pied l’organisation néo-nazie et la gauche radicale de Syriza. Et reprend à son compte certaines propositions des sulfureux députés, comme le recensement des enfants d’immigrés inscrits en crèche, sous prétexte qu’il n’y aurait pas assez de places pour les Grecs, ou la multiplication des rafles contre les sans-papiers. Sur le terrain, des actions de solidarité dans les quartiers et de résistances face aux « patrouilles » d’Aube dorée se multiplient, à l’initiative notamment des mouvements anarchistes et antifascistes.

Sur l’échiquier électoral, la gauche demeure très divisée et éparpillée. Le très orthodoxe Parti communiste grec (KKE, 8,5%
des voix en 2012) fait cavalier seul. Le centre-gauche (Dimar, 6%) a choisi de participer à la coalition gouvernementale,
rendant difficile une future alliance avec Syriza (17%), elle-même de plus en plus critiquée par les formations d’extrême gauche
pour son « institutionnalisation ». Si tant est que la gauche accède au pouvoir, encore faut-il qu’elle se donne les marges
de manœuvres nécessaires pour sortir la Grèce de la spirale infernale. « Comparé à d’autres périodes difficiles, cette fois,
on ne voit pas d’avenir, même lointain. C’est cela qui est grave. Dans cette situation, Aube dorée peut soit stagner, soit progresser, mais la déloger va être compliqué », estime Panagiotis Grigoriou. La nuit brune de l’Aube dorée recouvrira-t-elle la Grèce ?

Ivan du Roy
Source de l'article
Aube dorée, l’autre visage de l’extrême droite européenne
http://www.bastamag.net/article3170.html

Bien Amicalement.

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