Révélations sur le Big Brother français

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Révélations sur le Big Brother français

Message  09991 le Jeu 4 Juil - 20:34

Révélations sur le Big Brother français





Si les révélations sur le programme d'espionnage américain Prism ont provoqué un concert d'indignation en Europe, la France, elle, n'a que faiblement protesté. Pour deux excellentes raisons : Paris était déjà au courant. Et fait la même chose.

Le Monde est en mesure de révéler que la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE, les services spéciaux) collecte systématiquement les signaux électromagnétiques émis par les ordinateurs ou les téléphones en France, tout comme les flux entre les Français et l'étranger : la totalité de nos communications sont espionnées. L'ensemble des mails, des SMS, des relevés d'appels téléphoniques, des accès à Facebook, Twitter, sont ensuite stockés pendant des années.

Si cette immense base de données n'était utilisée que par la DGSE qui n'officie que hors des frontières françaises, l'affaire serait déjà illégale. Mais les six autres services de renseignement, dont la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI), les douanes ou Tracfin, le service de lutte contre le blanchiment, y puisent quotidiennement les données qui les intéressent. En toute discrétion, en marge de la légalité et hors de tout contrôle sérieux. Les politiques le savent parfaitement, mais le secret est la règle.


Un dispositif clandestin

Ce Big Brother français, petit frère des services américains, est clandestin. Pourtant, son existence figure discrètement dans des documents parlementaires. Les huit députés et sénateurs de la délégation parlementaire au renseignement rappellent, dans leur rapport du 30 avril, que "depuis 2008, des progrès ont été réalisés en matière de mutualisation des capacités, notamment en ce qui concerne le renseignement d'origine électromagnétique, opéré par la DGSE au profit de l'ensemble de la communauté du renseignement".

Les parlementaires proposent même d'aller plus loin, de "renforcer les capacités exploitées par la DGSE" et de "consolider l'accès des autres services aux capacités mutualisées de la DGSE".



La cible : les "métadonnées"


Les services de renseignement cherchent non pas le contenu des messages, mais leur contenant. Il est plus intéressant de savoir qui parle et à qui que d'enregistrer ce que disent les gens. Plus que les écoutes, ce sont ces données techniques, les "métadonnées", qu'il s'agit d'éplucher.

La DGSE collecte ainsi les relevés téléphoniques de millions d'abonnés – l'identifiant des appelants et des appelés, le lieu, la date, la durée, le poids du message. Même chose pour les mails (avec possibilité de lire l'objet du courrier), les SMS, les fax... Et toute l'activité Internet, qui passe par Google, Facebook, Microsoft, Apple, Yahoo!... C'est ce que la délégation parlementaire au renseignement appelle très justement "le renseignement d'origine électromagnétique" (ROEM), traduction du Sigint (signal intelligence) de la NSA.

Ces métadonnées permettent de dessiner d'immenses graphes de liaisons entre personnes à partir de leur activité numérique, et ce depuis des années. De dessiner une sorte de journal intime de l'activité de chacun, tant sur son téléphone que sur son ordinateur. A charge ensuite pour les services de renseignement, lorsqu'un groupe intéressant a été identifié, d'utiliser des techniques plus intrusives, comme les écoutes ou les filatures.



Un supercalculateur boulevard Mortier


Le dispositif est évidemment précieux pour lutter contre le terrorisme. Mais il permet d'espionner n'importe qui, n'importe quand. La DGSE collecte ainsi des milliards de milliards de données, compressées et stockées, à Paris, sur trois niveaux, boulevard Mortier, dans les sous-sols du siège de la DGSE.

Le directeur technique de la DGSE depuis 2006, Bernard Barbier, a évoqué le dispositif en public à deux reprises, en 2010, lors du Symposium sur la sécurité des technologies de l'information et des communications, puis devant l'Association des réservistes du chiffre et de la sécurité de l'information, des propos rapportés sur de rares sites spécialisés, dont Bug Brother, le blog de Jean-Marc Manach hébergé par Le Monde.

Bernard Barbier a alors parlé du "développement d'un calculateur à base de FPGA" (des circuits logiques programmables), qui est "probablement le plus gros centre informatique d'Europe après les Anglais", capable de gérer des dizaines de pétaoctets de données, – c'est-à-dire des dizaines de millions de gigaoctets. La chaleur dégagée par les ordinateurs suffit à chauffer les bâtiments de la DGSE...

La France est dans le top 5 en matière de capacité informatique, derrière les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, Israël et la Chine. M. Barbier estimait à 4 milliards le nombre d'objets connectés en 2013, avec un débit de l'ordre de 1 milliard de communications simultanées.

"Aujourd'hui, nos cibles sont les réseaux du grand public, indiquait le directeur, parce qu'utilisés par les terroristes."



La DGSE, à la tête de "la plus forte équipe de crypto-mathématiciens" de France, pénètre les systèmes informatiques – et collecte évidemment des millions de données personnelles.


Un renseignement "mutualisé"

Les autres services de renseignement français ont accès en toute discrétion à cette gigantesque base de données, sobrement baptisée "infrastructure de mutualisation". Il s'agit de la direction du renseignement militaire (DRM), la direction de la protection et de la sécurité de la défense (DPSD), la direction centrale de la sécurité intérieure (DCRI), la Direction nationale du renseignement et des enquêtes douanières (DNRED), de Tracfin et même du petit service de renseignement de la préfecture de police de Paris.

Selon le Sénat, 80 % des moyens de la direction technique de la DGSE sont utilisés par ces autres services. Chacun donne le nom de la cible visée à son interlocuteur de la DGSE, qui répond "hit" (touché) ou "no hit" selon qu'elle figure ou non dans la base de données. Puis les services de la DGSE rendent intelligibles les métadonnées, en y ajoutant du renseignement classique.

Les demandes de consultations sont loin de se limiter au seul terrorisme ou à la défense du patrimoine économique. Le libellé très flou de la protection de la sécurité nationale permet notamment d'identifier les entourages de personnalités au plus haut niveau de l'Etat, quelles que soient leur qualité et la nature des liens espionnés.



Absence de contrôle


Le dispositif est parfaitement illégal – "a-légal", corrige l'un des patrons d'une des agences de renseignement.
Le régime juridique des interceptions de sécurité interdit la mise en œuvre par les services de renseignement, d'une procédure telle que Prism, assure la Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL).

Chaque demande de réquisition de données ou d'interception est ciblée et ne peut pas être réalisée de manière massive, aussi quantitativement que temporellement. De telles pratiques ne seraient donc pas fondées légalement." La CNIL ne peut infirmer ou confirmer l'existence du système français – elle n'a d'ailleurs pas accès aux fichiers de la DGSE ou de la DCRI.

La loi encadre certes strictement les interceptions de sécurité, autorisées par le premier ministre, sur avis de la Commission nationale consultative des interceptions de sécurité (CNCIS), mais n'a en rien prévu un stockage massif de données techniques par les services secrets.


"Voilà des années que nous sommes dans l'autorisation virtuelle, confie l'un des anciens patrons des services. Et chaque agence se satisfait bien de cette liberté permise grâce au flou juridique qui existe autour de la métadonnée."



Un parlementaire confirme


"qu'une grande part des connexions électroniques en France est effectivement interceptée et stockée par la DGSE". Mais officiellement, "

l'infrastructure de mutualisation" n'existe pas.







http://www.lemonde.fr/societe/article/2013/07/04/revelations-sur-le-big-brother-francais_3441973_3224.html





A Bientôt

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Ils complotèrent, mais Allah a fait échouer leur complot, et Allah est le meilleur en stratagèmes . Coran sourate 8, verset 30
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La DGSE espionne les citoyens

Message  Silver Wisdom le Ven 5 Juil - 9:33

Bonjour à tous,

La DGSE espionne les citoyens

Les services de renseignement extérieurs français espionnent illégalement les citoyens en écoutant leurs communications téléphoniques et communications internet ainsi que leurs recherches sur la toile, dit un rapport récent.



Jeudi, le quotidien “Le Monde” (voir message précédent de 09991) a rapporté que les services de renseignement du pays ont stocké des données des communications sur un super ordinateur localisé au QG de la DGSE (Direction Générale de la Sécurité Extérieure).

Le rapport dit que la DGSE “collecte systématiquement les signaux électromagnétiques émis par les ordinateurs en France, aussi bien que les données qui passent entre la France et l’étranger: la totalité de nos communications sont espionnées.” Dans le même temps, le ministre de l’intérieur Manuel Valls a fustigé les Etats-Unis au sujet des accusations pesant sur sa plus grosse agence de renseignement la NSA, qui a espionnée les bureaux de l’Union Européenne à la fois aux Etats-Unis et en Europe.

“De telles pratiques, si elles sont prouvées, n’ont pas leur place entre des alliés et associés”


Le logo de Google, le 6 décembre 2011. | AP/JACQUES BRINON

"Je leur ai demandé un certain nombre d'explications", a affirmé le ministre, interrogé par des journalistes français à propos des révélations des dernières semaines sur les programmes de surveillance d'internet et des communications téléphoniques menés par l'Agence nationale de sécurité américaine (NSA) aux Etats-Unis et à l'étranger. "Je suis attentif aussi à préserver des relations de très grande qualité, et à discuter de ces questions-là, mais pas sur un mode accusatoire, parce que nous devons travailler ensemble", a-t-il ajouté. Le "débat sur l'équilibre à trouver entre la lutte contre le terrorisme, les moyens de la grande criminalité, les moyens qu'on se donne pour surveiller et anticiper les actes terroristes et les libertés et la vie privée n'est pas nouveau et ne va cesser de s'accentuer dans les années qui viennent", a-t-il ajouté.

Surveillance des communications : à Washington, Valls demande "des explications"
http://www.lemonde.fr/politique/article/2013/06/28/surveillance-des-communications-a-washington-valls-demande-des-explications_3438275_823448.html

Note de Silver Wisdom :

Aurons nous, nous public, droit à ses expliquations? Sincèrement, j'en doute!
Par contre, nous, "activistes", "lanceurs d'alertes", "conspirationnistes"...
devrions peut-être pris plus au sérieux par les mougeons dorénavant...



Le Nouvel Ordre Mondial n'a aucune chance de... par GoldenAwaken

Pour aller plus loin
Le Nouvel Ordre Mondial n'a aucune chance de voir le jour
http://ledormeur.forumgratuit.org/t626-le-nouvel-ordre-mondial-n-a-aucune-chance-de-voir-le-jour
Le 6 Juin, Le quotidien The Guardian de Londres a rapporté qu’une cour de justice top-secrète aux Etats-Unis (FISA) autorise l’agence américaine NSA de collecter les données de millions de citoyens américains qui sont des clients de la compagnie de téléphone Verizon.

Le même jour, le Washington Post rapportait que la NSA avait des accès directs sur les serveurs internet, disant que leur source,
un agent du renseignement, était horrifié de voir la capacité des sytèmes utilisés par l’agence de renseignement américaine.

Le 9 Juin, le lanceur d’alerte américain Edward Snowden admettait son rôle dans les fuites dans une vidéo entretien
de 12 minutes postées par le journal the Guardian.

Le scandale de la NSA a pris des dimensions encore plus importantes lorsque Snowden a révélé l’information au sujet de l’espionnage de la NSA ciblant des pays amis.


L’administration Obama est en train de collecter les données
téléphoniques de dizaines de millions d’Américains (post de 09991)

http://ledormeur.forumgratuit.org/t1150-ladministration-obama-est-en-train-de-collecter-les-donnees-telephoniques-de-dizaines-de-millions-damericains

~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~

Source originale de l'article
French secret services spy on citizens, report says
http://www.presstv.ir/detail/2013/07/04/312290/french-govt-spies-on-citizens-report/

A lire également


"Indect" relègue Orwell dans la Bibliothèque Rose
http://ledormeur.forumgratuit.org/t512-indect-relegue-orwell-dans-la-bibliotheque-rose


Fuite du rapport de l'Union Européenne :
l'UE va dépenser des millions pour contrôler et cibler des médias critiques

http://www.crashdebug.fr/index.php/international/6981-fuite-du-rapport-de-l-ue-l-ue-va-depenser-des-millions-pour-controler-et-cibler-des-medias-critiques-des-journalistes-et-des-medias-sociaux
http://www.le-veilleur.com/articles.php?idcat=2&idrub=31&id=1346

Bien Amicalement.

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Re: Révélations sur le Big Brother français

Message  09991 le Jeu 11 Juil - 20:25

La DGSE a le « droit » d’espionner ton Wi-Fi, ton GSM et ton GPS aussi


La Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE, les services spéciaux français) ne serait pas, en l'état, en mesure de collecter "systématiquement les signaux électromagnétiques émis par les ordinateurs ou les téléphones en France". Une chose est de stocker "tous les mots de passe" qu'elle a pu intercepter sur les "réseaux grand public", comme je l'avais écrit en 2010 (voir Frenchelon: la DGSE est en « 1ère division »), une autre est de pouvoir espionner "la totalité de nos communications", en France, comme l'écrivait Le Monde, la semaine passée, avec ses "Révélations sur le Big Brother français".

A contrario, et comme l'écrivait Le Monde mi-juin, la DGSE est bien "au cœur d'un programme de surveillance d'Internet" lui permettant de surveiller "le flux du trafic Internet entre la France et l'étranger en dehors de tout cadre légal"...

Le monde a bien changé depuis les plombiers de la DST

S'il est certes techniquement possible d'espionner tout type de réseau de communication, le maillage décentralisé du réseau Internet, en France, fait qu'il est par contre improbable que la DGSE ait pu concrètement, financièrement et structurellement, placer l'intégralité de nos télécommunications sous surveillance afin de collecter et stocker nos méta-données (qui communique avec qui, quand, pendant combien de temps, d'où).

Contrairement à des pays comme la Libye, où l'Internet était centralisé -ce qui a permis à l'entreprise française Amesys d'y installer un système de surveillance généralisée des télécommunications (voir Barbouzeries au Pays de « Candy »)-, l’historique du développement des télécommunications en France a débouché sur une infrastructure décentralisée. Si la DGSE voulait placer tout l'Internet sous surveillance, elle ne pourrait pas se contenter de demander à Orange, Bouygues Télécom, SFR ou Free de dupliquer le trafic Internet. D'une part parce qu'il existe de nombreux autres FAIs, particulièrement étrangers (les opérateurs européens, américains, voir indiens sont présents en France), d'autre part parce que ça ne suffirait pas : l'Internet n'est pas une série de tuyaux contrôlés par quelques gros "telcos", c'est un peu plus compliqué.


Espionner les FAI ? Une fausse bonne idée

Comme l'avait très bien rappelé Benjamin Bayart dans sa conférence "Internet libre ou minitel 2.0", "sur Internet on a mis l'intelligence en périphérie du réseau"


Benjamin Bayart

Dans Minitel on a mis l'intelligence au centre, c'est le contenu, c'est les bases de données avec des terminaux débiles autour. Internet c'est le contraire, on a mis des routeurs idiots au centre et on a mis en périphérie des ordinateurs qui réfléchissent.

Illustrations : quand un abonné Orange regarde DailyMotion (filiale d’Orange), le trafic peut ne pas sortir du réseau de France Télécom, ou même sortir du réseau d’Orange et y re-rentrer de nouveau au gré des règles de routage. Plus généralement, en matière d'interconnexion entre opérateurs (Peering), certains prestataires français préfèrent passer par des points d'échange situés à l'étranger, afin de payer moins cher... ce qui fait qu'un fichier envoyé par abonné Free à un internaute Orange passera peut-être par Londres ou Francfort, ou encore la Belgique s'ils utilisent Google, sans que jamais ni Free, ni Orange, ni personne à Londres, Francfort ou Bruxelles ne sache exactement ce qu'ils ont échangé.

Le problème se complique avec les services types web 2.0 : quand un internaute se connecte à l'un des services proposés par Google, son FAI ne sait pas lequel, ni ce qu'il cherche à y faire (consulter son gmail, faire une recherche, travailler sur un document stocké dans le "cloud" de Google, etc.), car le trafic est chiffré (ssl), et que la réponse à la requête de l'abonné sera routée par les serveurs de Google, et non par le FAI.

Rajoutez-y le fait que nombreux sont les internautes qui passent par Google pour consulter tel ou tel site, plutôt que de rentrer son URL dans son navigateur, et vous commencez à prendre la mesure de la complexité du routage de l'Internet, et du fait qu'on ne peut pas installer de "Big Brother" au coeur des FAI.



Jean-Marie Bockel
L'an passé, le sénateur Jean-Marie Bockel voulait interdire la vente de routeurs de coeur de réseau chinois en Europe, au motif qu'ils pourraient permettre à la Chine de nous espionner. Comme le rappelait alors L'Express, ces routeurs, utilisés par les opérateurs de télécommunications pour gérer les flux de communications, peuvent en effet "intercepter, analyser, exfiltrer, modifier, voire détruire toutes les informations" qu'ils voient transiter.

Comment les internautes sont mis sur écoute

Pour Kave Salamatian, professeur d’informatique et de réseaux, et spécialiste de la géographie de l’Internet, cette histoire de "PRISM" français relève d'une "tentative de désinformation, de manœuvre de roulement de muscles, ce qui est habituel dans le monde du renseignement : plus c'est gros, plus ça passe"


Kave Salamatian

L'architecture du réseau téléphonique et internet en France est très différente de celle des États-Unis. C'est une décision prise dans les années 40-50 : les USA sont allés vers une architecture avec des centraux téléphoniques très gros, qui concentrent le trafic, et des lignes très longues vers l’utilisateur.
En Europe, on a fait un maillage dense de centraux téléphoniques de plus petites tailles, avec des lignes beaucoup plus courtes vers l’utilisateur : on est toujours à moins de 4-5 kilomètres d’un DSLAM, l'architecture est beaucoup plus dense.

Et c'est précisément sur ces DSLAM, qui récupèrent le trafic transitant sur les lignes téléphoniques afin de router les données vers les gros tuyaux des FAI, au plus près des abonnés, que s'effectuent les écoutes Internet, comme me l'a expliqué, sous couvert d'anonymat, le responsable d'un gros FAI

Le réseau français est fait de sorte que pour l’intercepter il faut aller au plus près de l’abonné, source ou destinataire, sachant que les deux canaux de communications sont disjoints : chaque acteur ne maîtrise que ce qui sort du réseau. La voie retour, quand c’est Google qui envoie l’info, c’est Google qui décide par quels chemins le flux doit revenir à l'abonné, et au final c'est le DSLAM qui réassemble les flux depuis et vers l'abonné. Quand on reçoit un ordre d’un tiers de confiance (Justice ou Invalides -qui gère les interceptions de sécurité pour le compte de Matignon), on duplique le flux, qui est renvoyé via des liaisons dédiées et chiffrées; et on s’est débrouillé pour que la fonctionnalité de duplication soit limitée à quelques abonnés par équipement, et que seules deux personnes puissent la débloquer.

Non content d'avoir été conçu pour ne permettre que quelques placements sur écoute en simultané, par DSLAM, le dispositif ne peut pas être activé par le FAI seul, pas plus qu'à la seule initiative du ministère, mais seulement lorsque les deux s'accordent pour activer la mise sur écoute :

Si le logiciel est hacké ou évolue vers des fonctionnalités non documentées, le hardware, chez nous, va le bloquer. Et tout est tracé. Et si la DGSE vient nous voir, on leur répond qu’on ne discute qu’avec la PNIJ (la Plateforme nationale d'interception judiciaire de la Justice) ou le GIC (le Groupement interministériel de contrôle, dépendant du Premier Ministre).

Pour faire du massif, il faudrait pirater les "box"

Si la DGSE avait voulu placer des bornes d'écoute clandestine afin de pouvoir surveiller l'intégralité du trafic, elle aurait donc du installer des portes dérobées dans tous les DSLAM, et plusieurs autres points d'interconnexion, sans que cela se voit. Or, en France, on dénombre près de 16 000 répartiteurs téléphoniques, et quelques 40 000 DSLAM. Save Kalamatian estime que, pour faire un point de collecte sur un lien à 10GB/s, avec de la reconnaissance par mot-clef, il faudrait investir de 100 à 150 000 € par porte dérobée. Or, à raison de 20 000 portes dérobées, il faudrait investir de 200 à 300 millions € (en hypothèse basse), voire 750 M€ si on voulait espionner tous les DSLAMs (sans la gestion, ni la maintenance, ni la bande passante pour faire remonter le trafic espionné au siège de la DGSE, boulevard Mortier). "Pour faire de la surveillance massive, il faudrait aller au niveau de la Box" qui permet aux abonnés de se connecter, explique Stéphane Bortzmeyer, et y installer un logiciel espion.

Mettons d'emblée de côté l'aspect particulièrement improbable d'une telle opération, dans la mesure où les employés des FAI ou des fabricants de ces Box auraient forcément détecté la manip', sans parler des bidouilleurs qui auraient remarqué le trafic sortant de leur Box, et qu'il y aurait donc forcément eu des fuites dans les médias si la DGSE avait voulu tenter ce coup-là. On dénombre près de 13 millions d'abonnés, en France. A raison de 40€ par logiciel espion (ramené à l'ensemble du parc), estime le responsable du FAI, l'investissement représenterait donc plus de 500M€, à quoi il faudrait rajouter les frais de bande passante. Or, le budget annuel de la DGSE est de l'ordre de 600M€. A quoi il faudrait aussi rajouter la surveillance des méta-données issues de la téléphonie fixe et mobile. Là, pour le coup, le système est plus centralisé, puisque les méta-données des statistiques d'appel (ou call data record, CDR) sont générées par les opérateurs, qui les conservent pour la facturation, et la détection d'incident. Suite à la panne d'Orange, en juillet 2012, une inspection de sécurité avait été lancée, pour vérifier l'infrastructure des opérateurs de téléphonie mobile.

Les ingénieurs de l'ANSSI -en charge de la cyberdéfense- tout comme ceux des opérateurs n'auraient alors pas manqué d'identifier d'éventuelles installations espion de la DGSE, ce qui aurait donc dû être dénoncé à la Justice, et n'aurait pas manqué de sortir dans la presse.



Avec des "si", on mettrait Internet en bouteille

Entre 5 et 10% du trafic Internet français transite par l'association France-IX, le plus important des points d'échange internet français, qui permettent aux différents FAI d'échanger du trafic grâce à des accords de "peering". Raphaël Maunier, son président, est formel :



Raphaël Maunier

On ne m'a jamais demandé d'intercepter du trafic. Sur France-IX, il n'y a pas d'écoute, c'est hors de question, je démissionnerais direct, et j'en parlerais, c'est anticonstitutionnel. Si on voulait forcer Free, Orange Numéricable, Bouygues ou SFR à intercepter, ça coûterait de l'argent, ça se verrait, et la plupart des opérateurs que je connais refuseraient : intercepter sur le coeur de réseau, ça ne marcherait pas.

Intercepter les données sur le Net sans que ça se sache ? C'est délicat, et je ne vois pas comment techniquement ce serait possible", renchérit Pierre-Yves Maunier, son frère, architecte Réseau chez Iguane Solutions, qui héberge physiquement le "cloud" de nombreux services web : "si on voulait tapper les DSLAMs, les opérateurs le sauraient; écouter tout en temps réel, de tous les opérateurs, c'est faisable, mais demanderait des moyens colossaux, tant pour les opérateurs que pour le gouvernement.

Je suis intimement convaincu que c'est difficilement faisable; mais je ne sais pas tout.

Les professionnels des réseaux que j'ai contacté sont unanimes : techniquement, tout est possible. Mais si la DGSE avait vraiment voulu mettre le Net et la téléphonie sous surveillance constante et généralisée, le réseau est tellement décentralisé, et implique tellement d'opérateurs divers et variés qu'ils s'en seraient forcément aperçus et ce, bien avant les révélations d'Edward Snowden. Il est impossible, en l'état, d'espionner tout le trafic de tous les abonnés sans que les ingénieurs et techniciens en charge du bon fonctionnement de ces réseaux ne s'en aperçoivent, ou n'en soient tenus informés.

Pourquoi aucun d'entre-eux n'a réagi, ne serait-ce que sur la mailing-liste du FRench Network Operators Group (FRnOG), qui "rassemble des personnes intéressées par les domaines de la sécurité, la recherche et le fonctionnement d'Internet en France" (et qui discutait récemment de cette possibilité d'espionner un routeur de coeur de réseau) ? Parce qu'ils sont habitués... à entendre "beaucoup de conneries de la part des journalistes"


On est tellement habitué à ce que les journalistes disent n'importe quoi qu'on ne réagit même plus

La DGSE a le "droit" d'espionner ton Wi-Fi, ton GSM et ton GPS aussi

a]]Pour autant, cela ne veut pas dire que la DGSE n'espionne pas tout ou partie des télécommunications qui transitent par satellite. Comme le rappelle Vincent Jauvert, un des journalistes qui, en avril 2001, fut l'un des premiers à évoquer le système "Frenchelon" d'espionnage des télécommunications de la DGSE (voir Le DGSE écoute le monde (et les Français) depuis plus de trente ans), la loi de 1991 relative au secret des correspondances émises par la voie des communications électroniques, censée encadrer les interceptions de communications électroniques et désormais intégrée au Code de la sécurité intérieure, excluait le spectre hertzien de toute forme de contrôle [/b]

Cette dérogation a été exigée par les plus hautes autorités de l’Etat, confie un ancien conseiller du ministre de la Défense de l’époque, Pierre Joxe. Pourquoi ? Souvenez-vous, à cette époque, la DGSE lançait un vaste plan de modernisation de ses « grandes oreilles ». Il était hors de question de le compromettre. Un ancien de l’Elysée dit: « Nous voulions laisser les coudées franches au service secret, ne pas l’enfermer dans son quota d’écoutes autorisées. »

Accessoirement, les ondes hertziennes servent aussi en matière de radio-identification (RFiD), de GPS, de GSM et de Wi-Fi... technologies qui, en 1991, n'étaient pas utilisées par le grand public, contrairement à aujourd'hui. Reste aussi la question des câbles de fibres optiques sous-marins, qui ne relèvent pas du spectre hertzien, et qui ne sauraient donc être légalement espionnables par la DGSE. Et il serait vraiment très intéressant de savoir ce que la DGSE espionne, et ce qu'elle fait pour ne pas espionner les Français. Dans son article, Vincent Jauvert écrivait que "nos communications avec l’étranger ou les Dom-Tom peuvent être interceptées, recopiées et diffusées par la DGSE, sans qu’aucune commission de contrôle ait son mot à dire. Aucune ! Une situation unique en Occident."


Tous les pays démocratiques qui se sont dotés de services d’écoute «satellitaire» ont mis en place des garde-fous, des lois et des instances de contrôle afin de protéger leurs citoyens contre la curiosité de ces «grandes oreilles». Tous, l’Allemagne et les Etats-Unis en tête. Pas la France.


Son article date de 2001. Depuis, rien n'a changé. Et la DGSE a continué à faire monter en puissance son système d'interception des télécommunications.

Big Brother est dans vos têtes, pas sur l'Internet

Le "Bug Facebook" avait révélé, l'an passé, à quel point la perte de contrôle de leur vie privée pouvait effrayer les internautes, mais également à quel point ils pouvaient être "crédules" (il s'agissait d'une rumeur, cf Facebook et le « paradoxe de la vie privée »).

Le fait qu'Eric Filiol, un ancien militaire, chercheur en cryptologie et virologie -qui aurait travaillé à la DGSE- ait été le seul à qualifier de "fantaisiste" le Big Brother de la DGSE tel que décrit par Le Monde est tout aussi instructif, et plutôt effrayant.

La banalisation des technologies de surveillance, la montée en puissance de cette société de surveillance, la primauté faite au renseignement et aux technologies sécuritaires -au détriment de nos libertés- sont telles qu'un barbouze s'est fait passer pour une gorge profonde afin de faire croire aux lecteurs du Monde que la DGSE était aussi puissante que la NSA...

Le budget de la NSA est classifié, mais on estime qu'elle reçoit de 10 à 15 milliards de dollars, par an, soit 25 fois plus que la DGSE. La NSA emploierait 40 000 personnes, dont 32 000 pour le SIGINT (pour SIGnals INTelligence, l'accronyme anglais désignant le renseignement d'origine électromagnétique), alors que la DGSE n'en emploie que 4750, dont 1100 dans sa direction technique (chargée de "rechercher et d’exploiter les renseignements d’origine technique").

Et personne n'a moufté, à l'exception de Matignon, et de Jean-Jacques Urvoas, président de la Commission des lois de l'Assemblée nationale et spécialiste du renseignement, qui ont rappelé que la DGSE n'espionnaient pas "tous" les Français, parce qu'elle était encadrée par la loi de 1991 (sachant, par ailleurs, que la DGSE a aussi le "droit" de violer les lois, à l'étranger).

Il suffisait pourtant de contacter les professionnels des réseaux, ceux qui nous permettent de communiquer sur Internet, pour comprendre qu'a priori, le système décrit par Le Monde ne peut pas exister, en l'état, en France.


La DGSE espionne-t-elle les Français depuis l'étranger ?

A contrario, rien n'interdit la DGSE d'écouter les Français depuis l'étranger. Mi-juin, Le Monde écrivait que la DGSE "examine, chaque jour, le flux du trafic Internet entre la France et l'étranger en dehors de tout cadre légal" :

La justification de ces interceptions est avant tout liée à la lutte antiterroriste sur le sol français. De facto, au regard de l'absence d'encadrement légal strict de ces pratiques, l'espionnage des échanges Internet peut porter sur tous les sujets. Interrogée par Le Monde, la DGSE s'est refusée à tout commentaire sur ces éléments couverts par le secret-défense. De plus, les autorités françaises arguent que les centres d'hébergement des sites sont, pour la plupart, basés à l'étranger, ce qui exonère la DGSE de répondre à la loi française.

Le magazine spécialisé Intelligence Online révélait récemment que le nouveau datacenter de la DGSE, construit dans un ancien bunker allemand de 100 mètres de long sur 10 de large, situé près de sa station d'interception des télécommunications satellitaires des Alluets, dans les Yvelines, (voir Frenchelon: la carte des stations espion du renseignement français), stockait "toutes les communications électroniques passivement interceptées par les stations du service à l'étranger, notamment à Djibouti, proche de plusieurs dorsales télécoms" (ou Internet Backbone), laissant entendre que la DGSE pourrait aussi écouter les câbles sous-marins dans lesquels transitent, par fibres optiques, une partie importante du trafic Internet international.

En février dernier, Fleur Pellerin qualifiait le savoir-faire d'Alcatel Submarine Networks (ASN), qui couvre la production, l'installation et la maintenance des câbles sous-marins, d'"unique", tout en déclarant qu'ASN ne faisait pas que transporter des paquets de données, mais également de la "cybersurveillance" :


C'est une activité stratégique pour connecter l'Outre-Mer et tout le continent africain en haut débit. Il y a aussi un enjeu lié à la cybersurveillance et la sécurité du territoire.

Le site Reflets.info évoque depuis des mois une thèse abracadabrantesque, relayée par l'ONG Survie, selon laquelle le renseignement français aurait externalisé une partie de son système de surveillance des télécommunications dans des pays où elle aurait contribué à installer des systèmes Eagle de surveillance massive de l'Internet, comme elle l'avait fait en Libye (voir Barbouzeries au Pays de « Candy »).

S'il n'existe donc pas, a priori, de "Big Brother" en France, il a bien des petits frères, installés à l'étranger de sorte d'"exonérer la DGSE de répondre à la loi française", tout en lui permettant d'espionner le trafic Internet.

En 2010, Bernard Barbier, directeur technique de la DGSE, avait ainsi expliqué que les réseaux grand public était la "cible" principale, et qu'elle stockait "tous les mots de passe" (voir Frenchelon: la DGSE est en « 1ère division »).

L'ancien directeur de la DGSE, le préfet Érard Corbin de Mangoux, en parlait lui aussi ouvertement, en février 2013, au Parlement :



À la suite des préconisations du Livre blanc de 2008, nous avons pu développer un important dispositif d’interception des flux Internet
.


Marc Trévidic, juge d'instruction au pôle antiterroriste du TGI de Paris, expliquait au Sénat l'an passé que « les gens qu’on arrête, dans la plupart de nos dossiers, c’est grâce à Internet », des propos réitérés en février dernier à l'Assemblée : -


La totalité des affaires d’associations de malfaiteurs terroristes comporte des preuves acquises sur internet. Au surplus, parmi ces affaires, 80 % d’entre elles sont même exclusivement déferrées devant la Justice grâce à ce type de preuves. De fait, la surveillance d’internet représente pour les services de renseignement un enjeu majeur.


Le problème, c'est que la DGSE est moins contrôlée que la NSA, et qu'on a plus d'informations sur la NSA que sur l'"infrastructure de mutualisation" (qui centralise les données espionnées) de la DGSE...


http://bugbrother.blog.lemonde.fr/2013/07/11/la-dgse-a-le-droit-despionner-ton-wi-fi-ton-gsm-et-ton-gps-aussi/


Vue sur : http://www.wikistrike.com/article-la-dgse-a-le-droit-d-espionner-ton-wi-fi-ton-gsm-et-ton-gps-aussi-119021883.html




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Re: Révélations sur le Big Brother français

Message  09991 le Sam 7 Sep - 15:38

Un Prism à la française ? La Cnil dit avoir saisi Manuel Valls




Suite à la révélation en juin du vaste programme « Prism » d’espionnage des communications par les Etats-Unis, la Commission nationale informatique et libertés (Cnil) s’inquiète de l’existence d’un dispositif semblable en France.







FalquePierrotin


Interrogée vendredi soir dans l’émission « Des clics et des claques » sur Europe 1, sa présidente Isabelle Falque-Pierrotin a déclaré avoir saisi le gouvernement :


On a demandé d’ores et déjà des explications. Moi j’ai saisi les ministres concernés, en l’occurrence le ministère de l’Intérieur, pour qu’on ait des éclaircissements sur la possibilité d’un dispositif Prism français qui, s’il existait, c’est-à-dire si on avait un dispositif de collecte massif et systématique de données concernant des citoyens français, [...] serait “alégal”. »


Elle ajoute :

« La seule chose qu’on demande c’est, si un dispositif existe, qu’on le dise, qu’on explique pourquoi il existe, quelles sont les conditions. »

Isabelle Falque-Pierrotin a par ailleurs réitéré son souhait d’« organiser un contrôle sur les fichiers des services de renseignement », rappelant qu’« aujourd’hui un contrôle de la Cnil n’est pas possible sur ces fichiers ».

C’est un ancien analyste de la CIA, Edward Snowden, qui a révélé l’existence de Prism, un programme mis en place par la NSA, l’agence de sécurité américaine, pour surveiller des centaines de milliers d’ordinateurs à travers le monde. Lancé en 2007, il permet à l’agence américaine d’accéder aux serveurs de sociétés telles que Microsoft, Yahoo, YouTube, Apple, Facebook ou Skype, et d’intercepter les messages échangés.



Tout ce qui nous sert à communiquer



Début juillet, Le Monde révélait l’existence d’un programme similaire en France, qui fait aujourd’hui l’objet des inquiétudes de la Cnil.



Jacques Follorou

C’est un gigantesque fichier, c’est l’un des fichiers les plus importants en Europe après ceux des services secrets britanniques. Il s’agit de milliards de connexions électroniques qui concernent tous les signaux émis par les instruments de communication dont vous et moi on peut disposer. Ce sont les ordinateurs, ce sont les téléphones, ce sont les smartphones, tout ce qui nous sert à communiquer. »

Cette base de données, qui ne ferait l’objet d’aucun contrôle, concerne, selon l’enquête du Monde « non pas le contenu des messages, mais leur contenant », c’est-à-dire les « métadonnées ».


Pas illégal, mais « alégal »


Il s’agit notamment du relevé des appels téléphoniques, des objets des e-mails, des historiques de navigation sur le Web, permettant de « dessiner d’immenses graphes de liaisons entre personnes à partir de leur activité numérique », « une sorte de journal intime de l’activité de chacun, tant sur son téléphone que sur son ordinateur ».

Selon « l’un des patrons d’une de ces agences de renseignement française », cité par Jacques Follorou, un tel dispositif n’est pas illégal, dans la mesure où « la loi ne prévoit rien pour ça », mais « alégal », expression également employée par Isabelle Falque-Pierrotin.







http://www.rue89.com/2013/09/07/prism-a-francaise-cnil-dit-avoir-saisi-manuel-valls-245501







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Re: Révélations sur le Big Brother français

Message  09991 le Lun 23 Sep - 22:32

Comment les services de renseignement français surveillent ce qui se dit sur le net


Le réseau de stations d’écoute de la DGSE, surnommé Frenchelon. (DR)


Moins bien doté en personnel et en moyens que la NSA américaine, la DGSE n’en est pas moins très performante pour assurer une surveillance très fine des communications.


« Les habitués l’appellent « le salon de lecture ». Une pièce sans âme au cœur de la Piscine, le siège de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE), boulevard Mortier, à Paris. C’est dans ce lieu secret que les représentants de grands groupes français peuvent accéder aux documents rassemblés par les services de renseignements sur leur secteur. « Ce sont des centaines de milliers de pages de documents internes de concurrents internationaux, offres commerciales, technologies, explique un familier de la DGSE. Les types envoyés par les boîtes, dont on ne sait pas trop quel est leur poste exact, passent des heures à potasser des piles de dossiers. La règle, c’est qu’aucun document ne sort de la pièce. »

Bigre. La France se serait-elle convertie à l’espionnage à l’américaine, Big Brother dévoilé par l’ancien sous-traitant de la National Security Agency (NSA) Edward Snowden depuis juin ? Quelques semaines après ses révélations, Le Monde assurait, le 5 juillet, que la France disposait d’un outil de surveillance d’Internet similaire. Un « supercalculateur », situé dans le sous-sol du siège de la DGSE, assurait le quotidien, « stocke les interceptions d’une grande part des communications, mails, SMS, fax, ainsi que toute activité Internet des Français, et les flux entre la France et l’étranger ».


La ROEM moins bien doté que la NSA


Où en est vraiment la France dans le renseignement technique, affublé du nom barbare de ROEM (renseignement d’origine électromagnétique)? « On a longtemps été à la traîne, car le renseignement humain était considéré comme plus noble dans la culture française », explique un ancien cadre de la DGSE. La France a désormais rattrapé une partie de son retard. « Elle est en première division sur ces technologies, dans le sens où nous maîtrisons tous les modes d’interception (mobiles, Internet, communications satellites…), assure Eric Denécé, directeur du Centre français de recherche sur le renseignement (CF2R). Mais nous restons à des années-lumière des moyens de la NSA, ou même du Government Communications Headquarters britannique, le GCHQ. »

De fait, le GCHQ emploie 6.000 spécialistes des écoutes, quand la direction technique de la DGSE ne s’appuie que sur 1.100 employés, auxquels il faut ajouter les spécialistes de la Direction du renseignement militaire (DRM), soit environ 700 personnes. Quant à la NSA, c’est un monstre : elle disposerait de 55.000 employés, avec un budget annuel de 10,8 milliards de dollars, selon Edward Snowden, soit quatorze fois plus que le budget de la DGSE (600 millions d’euros), aux attributions pourtant beaucoup plus larges.



Des antennes satellites en Dordogne et dans les Pyrénées-Orientales


« Le renseignement français fait du bon boulot avec ses moyens », veut se rassurer Louis Caprioli, ancien patron de l’antiterrorisme à la Direction de la surveillance du territoire (DST), désormais conseiller au cabinet de gestion des risques GEOS. « Le renseignement français a le meilleur rapport coût-efficacité du monde occidental », appuie Eric Denécé.


Eric Denécé
La France dispose notamment d’un large réseau de stations d’écoute dotées d’antennes satellites, parfois surnommé Frenchelon, en référence au réseau Echelon américain (voir carte ci-dessus). Les sites les plus connus sont ceux de Domme (Dordogne) et Saint-Laurent-de-la-Salanque (Pyrénées-Orientales). Mais la DGSE profite aussi de stations à Kourou (idéalement placée pour écouter les Etats-Unis), en Nouvelle-Calédonie, à Mayotte et dans plusieurs bases à l’étranger (Abou Dhabi, Djibouti).

« Nous stockons bien évidemment tous les mots de passe »

Le renseignement français peut aussi compter sur les capacités d’écoute électronique des équipements militaires français, notamment les six sous-marins nucléaires d’attaque, le navire espion Dupuy-de-Lôme, ou les deux avions Transall Gabriel bardés d’électronique. La Direction générale de l’armement (DGA) dispose également de quatre microsatellites d’écoute lancés en 2011, la constellation Elisa, qui préfigurent le système d’écoute électromagnétique Ceres prévu vers 2020.

La France n’est pas dépourvue non plus dans la surveillance du Web. « A la suite des préconisations du Livre blanc de 2008, nous avons pu développer un important dispositif d’interception des flux Internet », reconnaissait l’ancien patron de la DGSE Erard Corbin de Mangoux devant les députés de la commission de la Défense, le 20 février. Le directeur technique de la DGSE, Bernard Barbier, est allé plus loin en septembre 2010, lors d’un colloque évoqué par le journaliste Jean-Marc Manach dans son blog : il affirmait que la DGSE avait « la meilleure équipe de cryptomathématiciens » de France, qu’elle pouvait pénétrer sans problème les ordinateurs pas assez sécurisés. « Nous stockons bien évidemment tous les mots de passe, nous avons des dictionnaires de millions de mots de passe », assurait même Bernard Barbier.



Un « data-center » implanté dans les Yvelines


De quoi accréditer la surveillance généralisée d’Internet évoquée par Le Monde ? La DGSE, selon la lettre Intelligence Online, dispose d’un nouveau data center « de 100 mètres de long sur 10 de large » dans les Yvelines, près des Alluets-le-Roi, sur le site d’un ancien bunker allemand. Mais les spécialistes sont sceptiques sur la possibilité d’interceptions systématiques.



« Le réseau téléphonique français est bien plus décentralisé qu’aux Etats-Unis, ce qui suppose des moyens énormes pour en surveiller l’intégralité, indique Kavé Salamatian, professeur d’informatique à l’université de Savoie. Contrairement aux Etats-Unis, la France n’a pas les moyens d’une telle surveillance généralisée, en aveugle. En gros, on peut faire de la pêche à la ligne sur des sujets précis, mais pas au chalut. »

Le rôle stratégique d’Alcatel Submarine Networks


Pas si grave puisque la France dispose d’un moyen efficace de scanner le trafic Internet international à moindre coût : la surveillance des câbles sous-marins en fibre optique, par lesquels transite une bonne partie des données. Edward Snowden a ainsi dévoilé que les Américains et les Britanniques ne se privaient pas de se brancher sur ces câbles. Selon deux familiers de la DGSE, la France les « scanne » aussi allègrement. « On aurait tort de se priver, Alcatel est le leader mondial de la pose de câbles », s’amuse l’un d’eux.

Voilà qui explique peut-être pourquoi les rumeurs de cession de cette activité, Alcatel Submarine Networks, ont immédiatement mobilisé le gouvernement qui, par la voix de la ministre Fleur Pellerin, a insisté en janvier sur un nécessaire « ancrage national », avec une possible entrée au capital du Fonds stratégique d’investissement. Techniquement, la manœuvre est facile : « Il suffit de mettre un petit équipement, un splitter optique : c’est très peu cher, ça dure trente ans, et c’est totalement indiscernable », souligne Kavé Salamatian. Une telle opération est possible aux points d’ »atterrissage » des câbles, en Bretagne (Lannion, Penmarc’h) ou en Provence (Marseille). Face au monstre américain, la France a encore quelques arguments.




http://www.wikistrike.com/article-comment-les-services-de-renseignement-francais-surveillent-ce-qui-se-dit-sur-le-net-120212297.html





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Re: Révélations sur le Big Brother français

Message  09991 le Lun 28 Oct - 20:24

Surveillance: la France transférerait des données aux USA (presse)






Les services spéciaux français transfèrent régulièrement des informations de renseignement aux Etats-Unis et à la Grande-Bretagne dans le cadre d'un accord spécial baptisé "Lustre", écrit dimanche le quotidien allemand Süddeutsche Zeitung, se référant à des données fournies par l'ex-agent de la CIA Edward Snowden.



Selon le journal, malgré l'indignation affichée par les autorités de l'Hexagone suite à la publication par Le Monde des informations sur la mise sur écoute des citoyens français par l'Agence nationale de sécurité américaine (NSA), Paris collabore étroitement avec Washington en matière de renseignement.

La source affirme que la France a signé l'accord connu sous le nom de code "Lustre" en vertu duquel les services spéciaux français coopèrent avec les membres du système dit "Five Eyes" (cinq yeux). Connu sous le nom d'"Echelon" ce système désigne le réseau mondial d'interception des communications privées et publiques, élaboré par les États-Unis, le Royaume-Uni, le Canada, l'Australie et la Nouvelle-Zélande.

Le quotidien écrit que les services spéciaux français "transféreraient systématiquement des renseignements" aux pays membres du système. Outre la France, Israël, l'Italie et la Suède collaborent avec les "Five Eyes".

Lundi, le journal Le Monde se référant aux informations fournies par l'ex-agent de la CIA, Edward Snowden, a annoncé que la NSA interceptait les communications téléphoniques des citoyens français.

Ainsi, selon le quotidien, sur une période comprise entre le 10 décembre 2012 et le 8 janvier 2013, 70,3 millions d'enregistrements de données téléphoniques des Français ont été effectués par la NSA.

En réponse, l'ambassadeur américain à Paris a été convoqué lundi au ministère des Affaires étrangères et le premier ministre français Jean-Marc Ayrault a demandé aux Etats-Unis des explications claires sur l'utilisation de ces méthodes de surveillance. De son côté, le président français François Hollande a exprimé à son homologue américain sa "profonde réprobation".




http://fr.ria.ru/world/20131027/199652254.html




Vue sur : http://www.alterinfo.net/notes/Surveillance-la-France-transfererait-des-donnees-aux-USA-presse_b5994572.html





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