Le 11 Septembre et la politique du Grand Satan au Proche-Orient

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Le 11 Septembre et la politique du Grand Satan au Proche-Orient

Message  Résistance le Jeu 27 Fév - 18:40



Le Manifest Destiny (en français : « destin manifeste » ou « destinée manifeste ») est une idéologie selon laquelle la Nation américaine a pour mission divine de répandre la démocratie et la civilisation vers l’Ouest. Le président Théodore Roosevelt a repris le concept au début du XXème siècle afin de justifier l’expansionnisme et l’interventionnisme des États-Unis hors de leurs frontières. La liste de ces interventions est longue : certaines ont pu être menées soit directement (guerres, envoi de forces armées), soit indirectement (soutien à des gouvernements liges, activité des services secrets, etc.). La guerre du Vietnam et ses épandages de napalm, les coups d’État organisés par la CIA (renversement par exemple des présidents Mossadegh en Iran en 1953 ou Allende au Chili en 1973) et le soutien à toutes les dictatures réactionnaires d’Amérique du sud ont marqué les esprits.

Mais la période contemporaine est marquée par un événement qui en 2001 rebattra toutes les cartes : les attentats du World Trade Center. Véritable déflagration stratégique, le 11 Septembre fera désormais passer les États-Unis du rang d’agresseur à celui de victime. Ce qui permit à l’Oncle Sam de lancer la guerre contre le terrorisme et, pour le dire clairement, de mener une authentique croisade contre le monde musulman en déstabilisant au passage toute une région.

Dans les faits, les musulmans sont les premières victimes de la tragédie orchestrée par Washington, l’objectif n’étant pour la Maison blanche que d’instaurer dans le monde arabe des régimes à sa botte. L’Iran a toujours été une épine dans le pied de l’Oncle Sam qui aurait bien évidemment voulu y instaurer une démocratie libérale à l’américaine. Le mouvement contestataire né des manifestations post-électorales de 2009 a pu lui faire penser un moment que la déstabilisation était enfin en bonne voie. Ce ne fut en réalité et à son grand dam qu’un pétard mouillé.

Washington continue logiquement de travailler d’arrache-pied à un changement de régime en Iran. La CIA a été directement sollicitée pour cela : quelque 400 millions de dollars ont ainsi été débloqués pour des activités allant de l’espionnage du programme nucléaire iranien au soutien à des groupes subversifs. Brian Ross et Richard Esposito, des fonctionnaires de la communauté du renseignement étasunien, ont affirmé en 2007 que « la CIA avait reçu l’approbation présidentielle pour lancer une opération secrète en vue de déstabiliser le gouvernement de Téhéran. Le président Bush avait pour cela signé une autorisation à but « non létal » de mettre en œuvre une campagne coordonnée de propagande, de désinformation et d’intervention sur le rial (la monnaie iranienne, NDLR) et les transactions internationales ». Le président George Bush officialisait d’ailleurs cette démarche quelque temps plus tard.

L’Iran est une cible de choix et les intrigues contre la république islamique sont monnaie courante. À ce jeu-là, le néoconservateur Kenneth Timmerman est en bonne place. Il fonde en 1995 la Fondation pour la démocratie en Iran dont le but est clairement le renversement du régime. Des personnages préalablement bien impliqués ne tardent pas à le rejoindre parmi lesquels Peter Rodman (un ex fonctionnaire de la Maison blanche et du département d’État), Joshua Muravchick (qui a appelé Washington à bombarder l’Iran dans un article du Los Angeles Times intitulé « Bomb Iran ») et des expatriés affiliés à l’organisation des moudjahidines du peuple iranien, un mouvement de résistance armé au gouvernement légitime mais qui ne figure curieusement plus sur la liste des organisations terroristes.

Kenneth Timmerman n’y va pas par quatre chemins. Il écrit que « la fondation nationale pour la démocratie (National Endowment for Democracy) a dépensé des millions de dollars au cours de la dernière décennie pour promouvoir des révolutions colorées dans des pays tels que l’Ukraine et la Serbie et pour former des gens rompus aux techniques de communication et d’organisation. Une partie non négligeable des sommes allouées semble être tombée dans la poche des groupes pro Moussavi, qui ont des liens avec d’autres organisations non gouvernementales en-dehors de l’Iran ».

Washington a accueilli comme on pouvait s’y attendre les soubresauts que connaît actuellement cette région du globe et semble plus que jamais avoir mené à bien ses projets de déstabilisation. La Syrie a bien évidemment été considérée par l’Empire comme un objectif qui s’imposait  à lui bien que réputé peu accessible. Compte tenu du fait que le pays figure de lien quasi naturel entre le Liban et l’Iran, les États-Unis ont mis le paquet. Il y a même eu une convergence d’intérêt entre la CIA, le MI6 britannique et le Mossad pour renverser le régime syrien. L’affaire s’avèrera finalement beaucoup plus complexe que prévue.

Il va sans dire que la République islamique d’Iran est parfaitement consciente des agissements étasuniens. Dans un discours tenu mi-février à l’adresse des commandeurs des forces aériennes du pays, l’ayatollah Ali Khamenei a prudemment rendu compte des dénégations du gouvernement des États-Unis sur cette question : « les responsables américains prétendent qu’ils ne s’intéressent pas à un changement de régime politique en Iran, nous savons qu’ils mentent… parce que s’ils avaient le pouvoir de le faire, ils n’hésiteraient pas une seconde ».

L’opportunité d’un changement de régime en Iran et en Syrie a aujourd’hui atteint son niveau le plus bas. Au moment où les think-tanks étasuniens parient tous sur un affaiblissement de la prédominance de l’Oncle Sam sur la région, l’influence de la République islamique a atteint  un niveau jamais atteint jusque-là. L’échec de Washington dans une transition politique en Iran est patent. Toute autre tentative en ce sens s’opposerait de facto à la colère du peuple iranien et à celle de la communauté internationale. Les paroles du défunt imam Khomeiny nous reviendraient alors inévitablement à l’esprit : « l’Amérique est le grand Satan ».

Capitaine Martin

http://www.resistance-politique.fr/article-le-11-septembre-et-la-politique-du-grand-satan-au-proche-orient-122746742.html

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Re: Le 11 Septembre et la politique du Grand Satan au Proche-Orient

Message  09991 le Dim 2 Nov - 15:46

Un journal israélien provoque un tollé pour avoir caricaturé Netanyahou en pilote du 11-Septembre




La veille, jeudi 30 octobre, le site du journal affichait cette image satirique réalisée par Amos Biderman.


Panamza a écrit:

Scandale en Israël et aux Etats-Unis. Le quotidien Haaretz est sous le feu des critiques depuis sa publication d'un dessin représentant le Premier ministre israélien en kamikaze du 11-Septembre. Décryptage.


Panamza a écrit:Il refuse de s'auto-censurer.
Hier soir, Aluf Benn, rédacteur en chef du quotidien israélien Haaretz, a publié un communiqué pour justifier la décision du journal de maintenir la mise en ligne d'un dessin controversé.



Aluf Ben


Panamza a écrit:


Le dessin illustrait un article relatif à l'actuelle crise diplomatique entre Washington et Tel Aviv : sous couvert d'anonymat, un responsable de la Maison blanche avait qualifié le Premier ministre israélien de "poule mouillée".


The crisis with Washington is here to stay
"Poule mouillée" : la polémique qui oppose les Etats-Unis et Israël
"Bibi est une poule mouillée" : coup de froid entre les États-Unis et Israël


À la suite du rédacteur en chef, le caricaturiste a tenu également à s'expliquer pour désamorcer la controverse croissante :
Amos Biderman a écrit:"Le message est que Bibi est en train de détruire, avec arrogance et impudeur, les liens d'Israël avec les Etats-Unis et de nous conduire à un désastre de l'ampleur du 11-Septembre".

Amos Biderman


Trop tard : dès le jour de la publication du dessin, le New York Times a rapporté plusieurs réactions indignées, notamment celles exprimées à travers Twitter. D'autres sont survenues depuis.




Un porte-parole du ministère israélien des Affaires étrangères (actuellement dirigé par l'ultra-nationaliste Avigdor Lieberman) a évoquéune "presse de caniveau" pour désigner Haaretz



La Ligue anti-diffamation (ADL) -une ONG américaine dirigée par l'ultra-sioniste Abraham Foxman- a demandé à Haaretz des "excuses publiques" et le "retrait" du dessin.

Abraham Foxman


Le père d'une victime du 11-Septembre (Marina Gertsberg, une New-Yorkaise qui préparait son déménagement en Israël) a même été sollicité par un média juif américain pour faire connaître son accablement envers le quotidien de la gauche israélienne:  
Père de Marina Gertsberg a écrit: "Personne ne devrait associer Israël avec un avion lancé en direction du World Trade Center. C'est très offensant envers les familles des victimes de déformer les événements historiques de ce jour tragique pour attirer l'attention sur tel ou tel commentaire politique".Et d'ajouter cette précision singulière: "Nous savons qui étaient les auteurs : Al-Qaïda et leurs soutiens".  



Vraiment?  

Treize ans après le 11-Septembre, un tabou perdure à propos des attentats.

Via Twitter, Facebook et les commentaires postés sous les nombreux articles (surtout américains, britanniques et israéliens) relatifs à l'affaire, deux grilles de lecture du dessin d'Haaretz émergent depuis jeudi.



Panamza a écrit:La première, évidente


Pour la mouvance sioniste en général, et sa frange radicale en particulier, il est scandaleux d'assimiler le Premier ministre israélien en exercice avec un terroriste, a fortiori un terroriste kamikaze d'Al-Qaïda. Il s'agirait là d'une offense envers le-dirigeant-démocratiquement-élu-d 'un-Etat-de-droit. Il ne viendra pas à l'esprit des indignés que la dernière opération militaire israélienne, chapeautée par Netanyahou, puisse être comparée à du terrorisme d'État.

Et aucun d'entre eux ne s'est exprimé au sujet d'un déguisement, rapporté par la presse internationale, à l'humour plus douteux que celui de la satire publiée par Haaretz: en février 2013, lors d'une fête religieuse, une famille israélienne avait habillé des enfants en tours embrasées du World Trade Center.





La seconde grille de lecture, plus subtile et teintée d'ironie



Pour les connaisseurs du dossier du 11-Septembre, voir Netanyahou représenté en pilote du 11-Septembre ne manque pas de piquant. À travers le monde, des centaines de milliers d'internautes ont lu, vu, partagé ou commenté les enquêtes disponibles en ligne et relatives à la connexion israélienne des attentats.

Netanyahou, Premier ministre de 1996 à 1999, avait nommé en 1998 un proche allié pour diriger le Mossad: Ephraïm Halévy. C'est sous la responsabilité de ce dernier que s'est produit un incident jamais exploré par la presse française traditionnelle mais rapporté, en détail, par plusieurs journalistes américains -ainsi que par l'auteur de ces lignes :


Cinq Israéliens ont été arrêtés par la police du New Jersey, le 11 septembre 2001, pour avoir manifesté une joie incongrue à la vue du crash du premier avion dans le World Trade Center. Après 71 jours de détention, ils seront renvoyés à Tel Aviv.

Certains médias locaux, comme The Record, rapporteront l’incident et révéleront par la suite, telle la revue de la communauté juive new-yorkaise dénommée The Forward, que deux d’entre eux étaient des agents du Mossad sous couverture.


Question : pourquoi des employés des services secrets israéliens avait-ils exprimé leur jubilation, en se prenant en photo, devant la Tour nord embrasée du World Trade Center ? Cette arrestation n’est que le sommet de l’iceberg : environ 200 Israéliens, déguisés en étudiants en art ou en vendeurs de jouets et soupçonnés d’espionnage, ont été arrêtés sur le sol américain, autour de la date du 11 septembre 2001.

Plus étrange : certains d’entre eux étaient domiciliés à proximité des futurs « pirates de l’air » présumés.



Afin d'attiser le "choc des civilisations" en vue de renforcer l'hégémonie israélo-américaine sur le Moyen-Orient, le 11-Septembre continue d'être exploité par la mouvance sioniste radicale -quitte à mentir effrontément comme l'a encore fait récemment Netanyahou lors d'un hommage aux victimes des attentats.

Dans le passé, l'homme était pourtant plus sincère sur le sujet.

Le jour de la tragédie, Netanyahou avait ainsi fait savoir à un reporter  du  New York Times que les attentats étaient "une très bonne chose" pour les relations israélo-américaines avant de se corriger, précisant que ce n’était "pas très bon mais que cela suscitera une immédiate sympathie".





En 2008

Face à un public israélien, Netanyahu prendra encore moins de précautions oratoires:
Benjamin Netanyahou a écrit: "Nous bénéficions d’une chose, et il s’agit de l’attaque sur les Tours jumelles et le Pentagone, ainsi que du combat américain en Irak".







Ironie du sort, Haaretz, aujourd'hui sous le feu des critiques et qui a tenu à réfuter -dans son communiqué- la "théorie antisémite" de la connexion israélienne du 11-Septembre, avait précisément contribué, à son insu, à consolider cette piste en révélant alors un aspect important de l'affaire. Son propre rédacteur en chef, Aluf Benn, avait d'ailleurs lui-même souligné -en décembre 2001- que la classe politique israélienne s'était réjouie du 11-Septembre en le comparant à un "miracle de Hanoucca".


Extrait de mon ouvrage (bientôt enrichi au terme de sa réédition en cours) Israël et le 11-Septembre : le grand tabou


L’avertissement


Basés dans la ville israélienne de Herzliya, deux employés de la compagnie Odigo -selon Haaretz- ont reçu, deux heures avant les attentats, des messages électroniques faisant état, sous couvert d’anonymat, d’une attaque imminente et de grande ampleur. Spécialisée dans la messagerie filtrée, cette start-up israélienne, dirigée par Micha Macover, avait son quartier général à New York, à quelques dizaines de mètres du complexe du World Trade Center.

Le porte-parole d’Odigo, Alex Diamandis, évoqua la possibilité d’une simple « coïncidence ». Un an plus tard, l’entreprise sera rachetée par Comverse, la compagnie israélienne suspectée, selon l’enquête de Carl Cameron, d’avoir servi de passerelle pour espionner les agences fédérales américaines. En 2009, lors d’une « enquête » supervisée par Christophe Deloire (ex-participant d’un colloque sur le « fascislamisme » organisé par le néo-conservateur Frank Gaffney, aujourd’hui directeur de Reporters sans frontières) et le journaliste Guillaume Dasquié (un proche collaborateur des services secrets français), le site Rue 89 de Pierre Haski tenta maladroitement – au vu des commentaires des internautes – de désamorcer l’information relative aux messages reçus par Odigo. Dans le jargon médiatique anglo-saxon, ce procédé a un nom : « To kill the story ».


http://www.panamza.com/011114-netanyahou-11-septembre






A Bientôt

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Ils complotèrent, mais Allah a fait échouer leur complot, et Allah est le meilleur en stratagèmes . Coran sourate 8, verset 30

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