Avantage au gouvernement syrien dans les pourparlers de paix...

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Avantage au gouvernement syrien dans les pourparlers de paix...

Message  Silver Wisdom le Jeu 28 Jan - 13:21

Avantage au gouvernement syrien dans les pourparlers de paix...

L’armée syrienne a libéré, le 24 Janvier,
la ville de Rabiah dans la province de Lattaquié ainsi que plusieurs autres villages
dans la zone proche de la frontière turque...




AFP a écrit:
(...) Rabia, la plus grosse agglomération de la zone montagneuse Jabal Turkmane, est un carrefour d'approvisionnement reliant la frontière turque aux places fortes rebelles, souligne Fabrice Balanche, spécialiste de la Syrie au Washington Institute. En s'emparant de cette route, l'armée peut bloquer les infiltrations des rebelles vers le sud et Lattaquié. Ils auront désormais du mal à s'approcher ou lancer des missiles sur l'aéroport" de Hmeimin. Cet aéroport situé au sud de Lattaquié est utilisé par la Russie qui mène depuis le 30 septembre une intense campagne de frappes aériennes en soutien au régime. Selon M. Abdel Rahmane, des responsables militaires russes ont dirigé la bataille de Rabia et les frappes russes y "ont joué un rôle essentiel". (...)

~ L'armée syrienne progresse avant de fragiles pourparlers de paix (La Dépêche)(Janvier 2016) ~

Rabiah, comme Salma qui a été libérée il y a quelques jours, était l’un des bastions djihadistes de la région. L’appui aérien et l’artillerie russes se sont révélés une nouvelle fois décisifs. On a vu sur des photos de la ville les graffitis que les insurgés « modérés » soutenus par l’étranger ont laissés derrière eux. C’était écrit : « Tous les Alaouites seront exterminés ». Cette carte montre la ligne de front actuelle ainsi que l’ancienne ligne de front où la campagne de Lattaquié a commencé il y a quelques semaines.



Les djihadistes ont abandonné toutes leurs positions à l’ouest de Rabiah et sont en fuite. La Turquie a fermé sa frontière pour les empêcher de traverser le pays. Ils vont chercher refuge à Kinsabba, dans la région montagneuse de Jabal al-Akrad, leur dernier bastion, qui sera la prochaine cible. Ensuite une attaque générale sera lancée, à partir de l’ouest et du sud, sur Jisr al Shanghaur dans la province d’Idlib, elle-même suivie d’une attaque encore plus large sur la ville d’Idleb. La province de Lattaquié et les bases russes qui s’y trouvent sont maintenant sécurisées. Les routes d’approvisionnement de l’opposition depuis la Turquie sont quasiment coupées. Les troupes du gouvernement ont clairement l’avantage. Au sud, l’armée syrienne continue à nettoyer Sheikh Miskeen près de la frontière jordanienne. Si la ville est libérée, les lignes de ravitaillement des insurgés du sud, en provenance de Jordanie seront menacées. Le ravitaillement est déjà affecté par le fait que la Jordanie arrête les militants qui tentent de franchir sa frontière.


~ Jordan says 12 killed in clash on Syria border (The New Arab & agencies)(Janvier 2016) ~

Au nord, comme au sud, les différents groupes rebelles ont commencé à se battre entre eux. Des affrontements entre les différents groupes ont été signalés à Daraa dans le sud et à Idlib entre les groupes Ahrar al-Sham et Jabhat al-Nusra. Jabhat al-Nusra, la section d’Al-Qaïda en Syrie, est maintenant sous forte pression sur plusieurs fronts et a lancé un appel pour que plus de combattants étrangers les rejoignent. Il y a déjà des discussions stratégiques au sein de Nusra pour mettre fin à la guerre ouverte et revenir à une guérilla clandestine pour prendre à revers le gouvernement syrien et d’autres entités. Mais le poisson de la guérilla a besoin de l’eau de la population pour nager et on peut douter que Nusra ait le soutien d’assez de citoyens syriens. L’armée syrienne a également libéré Qatar des partisans wahhabites de l’Etat islamique. Malheureusement, ce Qatar-là n’est pas le fameux pays du golfe Persique, mais un gros village situé au nord-est d’Alep. Les troupes gouvernementales syriennes et quelque 200 000 civils de Deir Ezzor, dans l’est de la Syrie, subissent les attaques continuelles des combattants de l’État islamique. L’armée syrienne a envoyé des renforts dans des hélicoptères de transport, la force aérienne russe a largué de dizaines de tonnes de nourriture à la population et les jets russes fournissent un appui aérien aux défenseurs.

Dans la région kurde, au nord-est de la Syrie, les experts russes travaillent à établir une autre base aérienne. Le président turc Erdogan a déclaré qu’une telle base ne serait pas tolérée. Mais que peut-il faire d’autre que de se lancer dans une guerre ouverte avec la Russie, guerre que la Turquie perdrait comme les 17 autres guerres qu’elle a menée contre la Russie. Les États-Unis installent leur propre base à proximité pour approvisionner les forces kurdes. La base russe fera en sorte que la base américaine ne puisse pas perdurer. Un rapport publié dans le New York Times explique comment les États-Unis ont organisé la gerre contre la Syrie, pendant que les Saoudiens assuraient son financement au rythme de plusieurs milliards de dollars par an. Le rapport est trompeur car il ne remonte pas avant 2013. Or on sait qu’à la fin 2011 et au début 2012, la CIA a fourni des armes et que des combattants venus de Libye sont arrivés en Syrie. Mais les Etats-Unis, à l’instar du camp du gouvernement syrien, veulent désormais la fin du conflit. Ils mettent beaucoup d’espoir dans les prochaines négociations de Genève entre certains groupes de l’opposition et le gouvernement. Ces groupes d’opposition ont été sélectionnés par l’Arabie saoudite et la Russie a rejeté cette ingérence de l’Armée salafiste de l’Islam et exigé une meilleure représentation des groupes kurdes. On peut trouver un compromis en faisant venir à Genève les Kurdes et d’autres groupes d’opposition non-islamistes en tant que troisième délégation.



Beerblogsite a écrit:
(...) Le groupe de Riyadh est une fédération de groupes d’opposition au gouvernement syrien, rassemblés par le gouvernement Saoudien. Parmi eux, le fameux Ahrar Al Sham, protégé de la Turquie et accusé d’être les amis du Front Al-Nosra. Déclaration de leur chef à l’issue de la conférence de Riyadh: « Nous ne sommes pas associés avec Al-Quaida, nous ne faisons que nous battre à leur côté contre Assad et l’ISIS. L’amitié ne vous rend pas propriété de votre ami ». Ahrar Al-Sham a critiqué la conférence de Riyadh car elle n’impliquait pas le Front Al-Nosra, leur ancien allié. Au début de la conférence, Ahrar al Sham s’était retiré en raison de la présence de personnalités liées au régime. Néanmoins, selon certains participants, Ahrar Al Sham avait signé la déclaration finale. La Russie s’oppose à la présence de Ahrar Al Sham à la conférence de cette semaine. Pour Lavrov, c’est une organisation terroriste alliée à Al-Nosra. Laurent Fabius :« Il y a une règle simple, ce n’est pas à une partie d’imposer le contenu de la délégation à une autre ». Il semblerait donc que Fabius reproche aux Russes de vouloir bannir un groupe allié avec Al-Nosra. En France, la justice va peut-être condamner deux jeunes qui ont rejoint brièvement ce groupe. J’y vois une contradiction.. (...)

~ Les déclarations de Fabius à propos des pourparlers de Genève sur la Syrie (Beerblogsite via Arrêt sur Info)(Janvier 2016) ~

Mais ce ne sont pas les discours qui décideront de l’issue de la guerre. Les véritables négociations ont lieu sur le champ de bataille. Le gouvernement syrien et ses partisans vont continuer à attaquer et ils tireront parti de leurs récentes avancées. Il est fort probable qu’ils enregistrent des succès militaires qui décident de l’issue de la guerre avant même que les pourparlers de Genève n’en arrivent aux choses sérieuses.

Moon of Alabama

~ Traduction de Dominique Muselet pour Arrêt sur Info ~

Source originale de l'article :
Syria: The Battlefield Negotiations Now Favor The Syrian Government (Moon of Alabama)(Janvier 2016)

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Bienvenue à Genève… en Syrie...

Message  Silver Wisdom le Dim 7 Fév - 7:01

Bienvenue à Genève… en Syrie...

Le prétendu processus de paix en Syrie s’apprête à arriver
au stade de la mascarade genevoise, qui pourrait se prolonger pendant des mois.
Attendez-vous à des doses massives de cabotinage
et de fanfaronnades capables de faire rougir Donald Trump lui-même...




Nasser Kandil a écrit:
(...) Après tout ce qui s’est passé en Syrie, l’opposition qui refusera de participer aux pourparlers de Genève 3 devra assumer, devant les Syriens et le monde, la responsabilité d’avoir transformé la Syrie en foyer et couloir de passage à la pire espèce de terroristes ensauvagés, d’avoir été sourde aux avertissements et d’avoir vendu son âme au Diable. Quant à l’opposition qui participera à ces mêmes pourparlers de Genève 3, elle devra expliquer, aux Syriens et au monde, pourquoi elle accepte maintenant ce qu’elle a refusé il y a trois ans, pourquoi ce qui est devenu halal aujourd’hui était haram hier, et qui sont les responsables du sang versé et de la dévastation du pays tout au long de ces années.

La seule différence entre ces deux types d’opposants, ceux qui refusent de participer et ceux qui acceptent, réside dans l’identité de ceux qui les exploitent et les financent. Ils sont dans la position de l’esclave obéissant ; avec d’une part, un maître qui ne cherche que le chaos et la destruction ; d’autre part, un projet où la Syrie est devenue l’arène de toutes sortes de pressions et de marchandages. Mais leurs effets sont désormais inopérants et leur fardeau est devenu plus lourd que les intérêts que leurs maîtres pouvaient en attendre. (...)


~ L’Initiative du Président syrien, Genève 3 et le gibet de potence de l’Histoire (Al-Binaa via Réseau International)(Janvier 2016) ~

L’idée même de toutes ces pantomimes en costard-cravate cherchant à personnifier Damas à Genève est d’un ridicule consommé. L’envoyé de l’ONU, le très élégant Staffan de Mistura, reconnaît lui-même que la tâche à accomplir est sisyphéenne, même si tous les acteurs qui comptent étaient réunis autour de la table. Voilà maintenant que la figure de l’opposition George Sabra annonce qu’il n’y aura pas de délégation du Haut comité des négociations, basé à Riyad, à la table des négociations. Comme si les Syriens avaient besoin d’une opposition instrumentalisée par l’Arabie saoudite. Pour remettre les choses dans leur contexte, voici donc une récapitulation extrêmement concise des faits décisifs observés récemment sur le territoire syrien, que la nouvelle capitale Genève pourrait ignorer à ses risques et périls.


~ Syrian “Opposition” Boycotts Peace Talks in Geneva (Christof Lehmann, NSNBC)(Janvier 2016) ~

Remontons à l’été dernier, lorsque le commandant iranien et superstar de la Force Al-Qods, Qasem Soleimani, déterminé à se faire entendre, s’est rendu en personne à Moscou pour présenter crûment la gravité de la situation dans l’ensemble du théâtre des opérations en Syrie. Pour l’essentiel, Soleimani a dit au Kremlin et aux services secrets russes qu’Alep pourrait prochainement tomber, que le Front al-Nosra était aux portes de Damas au sud, qu’Idlib était tombé et que Lattaquié, où se trouve une base de l’armée russe, allait suivre. On peut facilement imaginer l’effet de cet électrochoc de realpolitik dans l’esprit du président Poutine. D’où sa résolution d’empêcher que la Syrie ne s’écroule et devienne une nouvelle Libye, version remixée.

La campagne de l’Armée de l’air russe était devenue le dernier moyen pour modifier les règles du jeu. Elle est en passe de sécuriser l’axe Damas-Homs-Lattaquié-Hama-Alep, la zone urbaine et développée dans l’ouest de la Syrie où vit 70 % de la population du pays. Daesh et le Front al-Nosra (alias al-Qaïda en Syrie) n’ont aucune chance de s’emparer de ce territoire. Le reste est en grande partie désertique. Jaysh al-Islam, une bande armée hétéroclite équipée par l’Arabie saoudite, occupe encore quelques positions au nord de Damas. La menace peut être contenue. Les péquenauds se trouvant dans la province de Daraa, au sud de Damas, ne pourraient foncer vers la capitale que dans le cadre d’une impossible reprise de l’opération Tempête du désert (1991).



Thierry Meyssan a écrit:
(...) La République arabe syrienne qui était contrainte à négocier en 2012 pour survivre, ne l’est plus aujourd’hui. Partout sur le terrain, sauf au Nord-Est, l’Armée arabe syrienne reconquiert le territoire qu’elle avait perdu. Elle ne se rend à Genève que parce qu’elle est convaincue de la nécessité de se réconcilier avec les 10 % de sa population qui ont soutenu les Frères musulmans. Considérant l’absence de délégation de l’opposition toute la semaine dernière, Damas s’est à nouveau interrogé sur ses autres options. Il n’a pas eu besoin des Grandes puissances pour conclure localement des accords de réconciliation et pourrait probablement y parvenir aussi au plan national si l’opposition admettait renoncer à « renverser le régime ». En conclusion, les négociations de Genève ne peuvent qu’aboutir à l’intégration de factions de l’opposition au sein d’un gouvernement d’union nationale. (...)

~ Vers la paix en Syrie, sans l'opposition armée (Réseau Voltaire)(Février 2016) ~

Les rebelles modérés, une concoction préparée à l’intérieur du périf de Washington, ont bien tenté de garder Homs et Qousseir en coupant le réapprovisionnement de Damas, mais ils ont été repoussés. Quant à la bande de rebelles modérés qui ont pris toute la province d’Idlib, elle se fait bombarder sans relâche, depuis maintenant quatre mois, par l’Armée de l’air russe. Le front au sud d’Alep est également sécurisé. Il est facile de pointer du doigt ceux que les actions des Russes rendent livides : l’Arabie saoudite, la Turquie et, dernier acteur et non le moindre, l’Empire du Chaos, qui sont tous à la table des négociations à Genève. Le front al-Nosra, qui est commandé à distance par Ayman al-Zawahiri, est intimement lié aux salafo-djihadistes de l’Armée de la conquête, parrainée par les Saoudiens, en plus d’être allié tactiquement à une myriade de groupes symboliquement liés à l’Armée syrienne libre (ASL), qui n’existe pratiquement plus que de nom.

La CIA, qui se sert des Saoudiens comme déni plausible, a armé jusqu’aux dents des éléments de l’ASL jugés sûrs en leur fournissant, entre autres, des missiles antichars TOW. Devinez qui a intercepté pratiquement toutes les armes ? Le front al-Nosra. La suite était hilarante. Washington, Ankara et Riyad se sont mis à dénoncer furieusement Moscou parce qu’il bombardait leurs rebelles modérés plutôt que Daesh. Lentement mais sûrement, l’Armée arabe syrienne (AAS), parallèlement à l’offensive russe, a repris l’initiative. La Russie, la Syrie, l’Iran (ses forces spéciales, dont bon nombre viennent de l’Afghanistan) et l’Irak, plus le Hezbollah (les 4+1) ont commencé à coordonner leurs efforts. La province de Lattaquié, où se trouvent non seulement Tartous, mais aussi la base aérienne de Khmeimim, est maintenant entièrement sous le contrôle de Damas. Ce qui nous amène à parler des cauchemars d’Ankara. L’Armée de l’air russe a réduit en cendres la grande majorité de ses mandataires turkmènes (largement infiltrés par des fascistes turcs) au nord-ouest de la Syrie. C’était la principale raison expliquant le geste désespéré du sultan Erdogan d’abattre le Su-24.

Il est maintenant clair, à l’heure qu’il est, que les gagnants sur le terrain sont les 4+1, et que les perdants sont l’Arabie saoudite et la Turquie. Il n’y a donc pas de quoi s’étonner si les Saoudiens veulent voir au moins une partie de leurs mandataires à la table des négociations à Genève, et si la Turquie cherche à changer de sujet en bloquant la présence des Kurdes syriens, accusés d’être des terroristes bien pires que Daesh. Comme si les choses n’étaient pas assez confuses, tous ces think tanks formant le royaume du baratin aux USA nous rabâchent maintenant qu’il y a une entente entre Washington et Ankara pour ce qui sera, à toutes fins utiles, une invasion turque au nord de la Syrie, sous le prétexte d’écraser Daesh au nord d’Alep. C’est de la foutaise. Le jeu d’Ankara comprend trois volets : soutenir ses mandataires turkmènes lourdement meurtris ; assurer le maintien des activités dans le corridor menant à Alep (où passe la cruciale autoroute djihadiste liant la Turquie à la Syrie) ; et surtout empêcher par tous les moyens les Kurdes des Unités de protection du peuple (YPG) de relier Afrin à Kobané et d’unir ainsi les trois cantons des Kurdes syriens à proximité de la frontière turque.



Pepe Escobar a écrit:
(...) L'entrée fracassante, c'est le moins qu'on puisse dire, de la Russie dans le théâtre de guerre syrien a fait voler en éclat la stratégie d'Erdogan. Il faut ajouter à cela le penchant de l'administration Obama à soutenir les Kurdes dans l'ensemble du « Syrak ». La seule chose que Erdogan veut de l'Otan est une « zone de sécurité », un euphémisme pour une zone d'exclusion aérienne qu'Ankara utilisera afin d'empêcher les Kurdes syriens de l'YPG d'unifier leurs trois cantons le long de la frontière turco-syrienne. Pour Erdogan, la perspective de Kurdes empêchant les Turcs de fournir des bases logistiques et des armes à l'ensemble de la galaxie du Front al-Nosra et, bien sûr, à Daech, est anathème. Erdogan utilise donc les Turkmènes contre l'YPG. La Russie a attaqué sur les points faibles. Et le Sultan, comme on pouvait s'y attendre, a pété les plombs. (...)

~ À quoi Erdogan joue-t-il en Syrie et en Irak ? (FYI)(Décembre 2015) ~

Tout cela n’a rien à voir avec la lutte contre Daesh. Le plus dingue, c’est que Washington aide actuellement les Kurdes syriens en leur fournissant un appui aérien. Le Pentagone doit ou bien soutenir les Kurdes syriens, ou bien soutenir Erdogan dans son invasion du nord de la Syrie. La schizophrénie n’a pas sa place ici. Un Erdogan au désespoir pourrait être assez cinglé pour affronter l’Armée de l’air russe pendant sa supposée invasion. Poutine a dit officiellement que la réponse à toute provocation sera immédiate et fatale. Pour couronner le tout, les Russes et les Américains coordonnent maintenant leurs sorties aériennes au nord de la Syrie. C’est donc là que ça va chauffer, en plus d’éclipser la pantomime de Genève. Les kurdes du YPG et leurs alliés planifient une attaque majeure afin de saisir la bande de cent kilomètres le long de la frontière entre la Syrie et la Turquie encore sous le contrôle de Daesh, qui assurerait ainsi l’union des trois cantons.

Erdogan a été catégorique. Si les YPG passent à l’ouest de l’Euphrate, ce sera la guerre. Il semble bien que ce soit la guerre alors. Car les YPG se préparent à attaquer les villes stratégiques de Jerablus et de Manbij. La Russie va sûrement aider les YPG à reconquérir Jerablus. Ce qui dressera (de nouveau) la Turquie contre la Russie sur le terrain. Genève dites-vous ? C’est pour les touristes. La capitale de l’horreur syrienne, c’est maintenant Jerablus.

Pepe Escobar

~ Traduit par Daniel, édité par jj, relu par Diane pour le Saker Francophone ~

Source originale de l'article :
You have now landed in Geneva, Syria (RT)(Février 2016)

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Ce n’est pas à Genève que se négocie la paix en Syrie...

Message  Silver Wisdom le Lun 8 Fév - 11:30

Ce n’est pas à Genève que se négocie la paix en Syrie...

Depuis que l’ONU en a annoncé l’organisation, les pourparlers de paix sur la Syrie
qui se sont ouverts vendredi dernier à Genève suscitent analyses et commentaires
sur les chances qu’ils ont ou non de se conclure par un accord mettant fin au long
et atroce conflit syrien...




Bill Van Auken a écrit:
(...) Au début des pourparlers, le secrétaire d'État John Kerry déclara dans un message vidéo, « Depuis presque cinq ans, le monde assiste avec horreur à la désintégration de la Syrie dans un conflit brutal, qui a tué des centaines de milliers de personnes et forcé des millions à se déplacer, soit à l'intérieur soit à l'extérieur du pays ». Ces négociations, a-t-il dit, permettraient de « réduire la violence, d’isoler les groupes terroristes tels que Daech, et créer les bases d'une Syrie inclusive, pacifique, et plurielle que nous voulons tous ». De qui Kerry se moque-t-il? Washington n'est pas un spectateur innocent qui assiste « avec horreur » à la dévastation de la Syrie. L'impérialisme américain porte la plus large part de responsabilité pour cette boucherie. La CIA, avec l'État turc et les monarchies saoudienne et qatari, a orchestré le financement et l'armement des milices islamistes afin de renverser le régime syrien. En fait, Washington a systématiquement intensifié la violence militaire en Syrie dans les semaines précédant l'ouverture des négociations de Genève et annoncé l'envoi de centaines de soldats, l'accélération des frappes aériennes et l'expansion de l'aide aux « rebelles ». (...)

~ Ouverture de pourparlers à Genève sur fond d'escalade impérialiste en Syrie (WSWS)(Février 2016) ~

Ce n’est pourtant pas à Genève où se tiennent les pourparlers syro-syriens sous l’égide des Nations unies que je joue la partie de l’issue de laquelle dépend ce qui va advenir en Syrie. Elle se joue ailleurs dans les tractations qui se mènent tantôt ici, tantôt là entre les puissances étrangères qui se livrent en Syrie une guerre par procuration. C’est le résultat de ces tractations qui décidera de celui des pourparlers de Genève et non le contraire. Les parties syriennes qui négocient dans la capitale suisse n’ont pas, compte tenu de leur dépendance aux alliés étrangers qui les soutiennent respectivement dans la guerre qu’ils se livrent, l’autonomie de décision leur permettant mener à leur guise les négociations qu’elles ont engagées. Cela vaut autant pour le régime syrien que pour les opposants qui lui font la guerre. Plutôt que de se braquer sur les déclarations et postures de telle ou telle partie syrienne présentes à Genève pour supputer sur ce qui sortira de leurs négociations, il y a lieu de tenter de percer ce qui se négocie de façon bilatérale entre Moscou, Washington, Ryadh, Téhéran et Ankara en un ballet de rencontres dont sont exclus les protagonistes syriens du conflit.

Mylene Doublet-O'Kane a écrit:
(...) Or, la récente escalade des tensions entre l’Arabie saoudite et l’Iran sur le fond de guerre fratricide par pays interposés vient encore fragiliser la possibilité d’un règlement du conflit syrien par la voie diplomatique. Récemment rendue acquéreur de rafales intelligemment vendus par la France, l’Arabie saoudite livre actuellement une bataille sanglante contre les minorités chiites au Yémen. Par ailleurs, quelles garanties avons-nous que la monarchie wahhabite a effectivement cessé de financer l’État Islamique en Syrie et en Irak ? Quant à la République islamique iranienne, sous l’impulsion russe, celle-ci a déployé sur le sol syrien des Gardiens de la révolution iranienne secondés par des milices du Hezbollah chiite libanais. Et qu’en est-il de la Coalition ? Après s’être farouchement opposés sur l’absurde question faisant du départ de Bachar Al Assad l’indispensable « préalable » à toute action conjointe des forces aériennes de la Coalition avec la puissance russe, après que notre Président eût été une fois de plus roulé dans la farine en contredisant la teneur du discours prononcé devant l’ONU, objectivant l’absence radicale du poids de la diplomatie française, la remarquable efficacité des frappes des Soukhoï a finalement contraint les États-Unis à accepter une « coordination » des actions. (...)

~ Twist again à Moscou, Washington, Riyad et Téhéran (Riposte Laïque)(Janvier 2016) ~

Les négociateurs syriens aux pourparlers de paix de Genève donnent l’apparence de ne pas s’entendre sur par où débuter leurs négociations. En fait, le camp du régime comme celui de ses opposants sont en attente de ce sur quoi vont déboucher les tractations qu’ont entre elles les puissances étrangères qui sont engagées à leurs côtés respectifs dans le conflit et du soutien desquelles dépendent leur survie et leur avenir. Avec l’implication de ces puissances étrangères le conflit syrien est passé du stade de confrontation syro-syrienne à celui d’un face-à-face les opposant aux enjeux qui font de la Syrie et des Syriens des pions dont l’on ne tient compte ni de la tragédie qu’ils endurent ni de leurs tentatives de recherche d’une solution purement nationale à celle-ci. Tant que les capitales citées plus haut ne seront pas tombées d’accord sur le scénario mettant fin à leur guerre par procuration en Syrie, les pourparlers de paix en cours à Genève se limiteront à des échanges d’accusations et d’insultes entre les parties ennemies syriennes.


~ Interruption des pourparlers de Genève sur la crise syrienne : A qui la faute ? (Février 2016) ~

Mike Whitney a écrit:
(...) L’équipe d’Obama suit l’évolution sur le terrain avec une inquiétude croissante depuis deux semaines. C’est pourquoi le Secrétaire d’État John Kerry a réuni précipitamment une mission diplomatique pour organiser d’urgence des pourparlers de paix à Genève, bien que les différents participants n’étaient même pas d’accords pour y participer. Un sentiment d’urgence proche de la panique était palpable dès le début. L’objectif était de ne jamais parvenir à un arrangement négocié ou à une paix honorable, mais (comme l’a noté le magazine Foreign Policy) de mettre en application « un large gel sur l’ensemble de la province d’Alep, qui serait ensuite reproduit plus tard dans d’autres régions. » L’objectif réel étant d’arrêter l’hémorragie de toutes les manières possibles et d’éviter l’inévitable encerclement d’Alep.

La reprise de Nubl et Zahra laisse les djihadistes avec une seule route pour transporter armes, nourriture et carburant vers leur bastion urbain. Dès que les forces loyalistes briseront le blocus de Bab al Hawa, au nord-est, la boucle sera fermée, le périmètre se resserrera, le chaudron sera divisé en petites enclaves au sein de la ville, et les terroristes devront se rendre ou seront face à l’anéantissement assuré. Le triomphe mercredi de la coalition dirigée par la Russie est un signe que ce jour est peut-être plus proche qu’on ne l’avait prévu. (...)


~ Interruption des pourparlers de paix... (CounterPunch via Réseau International)(Février 2016) ~

Il n’est pas faux que leur poursuite ou pas est suspendue, non à la maestria du diplomate onusien en charge de la médiation entre les parties syriennes, mais à ce que le secrétaire d’Etat étasunien John Kerry et son homologue russe Serguei Lavrov conviendront quand ils se rencontreront le 11 février, suite à quoi ils instruiront leurs protégés syriens sur ce qui convient qu’ils disent ou décident à Genève. A l’entame des pourparlers, l’ONU a averti que les crimes de guerre et contre l’humanité commis en Syrie seront punis. Cela vaut et pour le régime et pour ses opposants mais certainement pas pour les dirigeants des Etats qui font une guerre par procuration en Syrie et que l’ONU ne s’avisera même pas de dénoncer.

Kharroubi Habib

Source de L'article : Ce n’est pas à Genève que se négocie la paix en Syrie (Le Grand Soir)(Février 2016)

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