Que cache réellement la crise Brésilienne...

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Que cache réellement la crise Brésilienne...

Message  Silver Wisdom le Ven 15 Avr - 11:18

Que cache réellement la crise Brésilienne...

A l'instar d'un spectacle politique repoussant,
cette crise est comparable à des événements toxiques,
comme le coup militaire de Pinochet au Chili
et l'opération « Choc et terreur » des USA en Irak en 2003...




Thierry Thomas a écrit:
(...) S’il est vrai que le gouvernement Dilma Rousseff est actuellement secoué par une série de scandales, il faut savoir que la présidente elle-même n’est pas soupçonnée de quoi que ce soit, sinon de chercher à défendre son prédécesseur. Par contre, on ne parle pas beaucoup des membres des différents partis qui composent sa majorité actuelle et qui eux sont pleinement éclaboussés par des accusations de corruption, concernant notamment l’entreprise semi-privée, semi-publique Petrobras ; parmi les personnes concernées, en tête figure l’actuel président de la chambre des députés, Eduardo Cunha, ennemi intime de la présidente, et qui barre systématiquement toute possibilité de changements de législation vers la gauche. Le plus « cocasse », c’est que nombre de ces personnages, députés, éclaboussés par l’opération judiciaire nommée « Lava-Jato », se trouvent en première ligne pour demander l’impeachment de la présidente (autrement dit, sa destitution « légale »). (...)

~ Echec à la Reine : L’échiquer brésilien en 2016 (Le Monde Selon Thitho via Investig'Action)(Avril 2016) ~

Une femme présidente au Brésil court le risque d'être déchue de son mandat (pour lequel elle a été dûment élue par 54,5 millions de personnes) à travers des accusations fiscales fallacieuses qui n'ont pas été examinées en détail par le parlement. Cette procédure douteuse sera menée par un politicien qui prétend représenter la lutte contre la corruption dans le Brésil contemporain. Parallèlement, l'empire médiatique Globo (l'un des plus grands dans le monde) essaye de convaincre la société civile brésilienne que ce qui se passe n'est pas un coup d'Etat ou une campagne de destitution. Globo, soit dit en passant, était entièrement derrière le coup d'Etat militaire de 1964 au Brésil soutenu par les Etats-Unis. Et pourtant on a oublié de le dire à la puissante Fédération des Industries à Sao Paulo, l'Etat brésilien le plus riche, qui a financé en début de semaine une coûteuse campagne publicitaire « La destitution maintenant » dans les principaux quotidiens du pays. Ce sont tous des menteurs. Ce qui se déroule, mené par une bande d'escrocs et d'Hommes Creux assortis, est en réalité un coup d'Etat institutionnel, une campagne de destitution illégale, un changement de régime que j'ai précédemment décrit comme un développement très brésilien de la Guerre Hybride Douce.


La loi de la guerre hybride (Provocation de conflits ethniques, religieux et politiques)(Andrew Korybko via Global Research)(Mars 2016)


Pepe Escobar a écrit:
(...) Les scénaristes étaient sûrs que l’infrastructure sociale d’un changement de régime était déjà intégrée dans une masse critique anti-gouvernementale, permettant ainsi la pleine floraison de la révolution de couleur. La route d’un coup d’État en douce était pavée, sans même avoir à recourir au terrorisme urbain létal comme en Ukraine. Le problème est que si le coup en douce échoue (comme cela semble maintenant au moins possible), il sera très difficile de lâcher un coup dur, style Pinochet, par l’intermédiaire d’une guerre non conventionnelle, contre l’administration Rousseff aux abois ; c’est à dire d’accomplir enfin une guerre hybride totale. (...)

~ La guerre hybride est déclarée au Brésil, comme en Russie (RT via Le Saker Francophone)(Mars 2016) ~


L'empire médiatique Globo, qui, soit dit en passant, gagne énormément d'argent avec la crise brésilienne en jouant avec le dollar américain, est devenu hystérique avec une nouvelle liste Odebrecht de 500 noms, qui détaille les politiciens brésiliens corrompus ; mais cette liste remonte aux années 1980 et au début des années 1990. Toutefois, comme l'on pouvait s'y attendre, Globo a refusé de citer l'ancienne employée d'Odebrecht qui a conservé cette liste pendant plus d'une décennie. Elle admet que certains de ces crimes peuvent être prescrit, mais le mérite de cette liste est de montrer comment le réseau de corruption impliquant des sociétés de construction et des politiciens a été une tradition pendant toutes ces années. Elle a ajouté, « la voie pour s'en sortir est une réforme, et non la diabolisation du Parti des Travailleurs ».

Feriel Mestiri a écrit:
(...) Le géant de la construction Odebrecht, qui s’est notamment vu confier les grands chantiers des Jeux olympiques de Rio 2016, s'est retrouvé au coeur du scandale financier Petrobras lorsque son président, Marcelo Odebrecht, et plusieurs autres directeurs du groupe, ont été arrêtés le 19 juin (2015). (...) Selon les médias brésiliens, Fernando M. avait quitté le brésil peu après les perquisitions et saisies à Odebrecht, le 19 juin 2015. Pour les investigateurs brésiliens, le fait que les frais liés à son départ aient été payés par Odebrecht constitue une preuve que la manoeuvre soutenue par Marcelo Odebrecht servait à entraver l'enquête au Brésil. (...)

~ Un homme arrêté à Genève dans l’affaire Odebrecht-Petrobras (RTS)(Février 2016) ~


Dites-le aux procureurs brésiliens. Ils sont plus obsédés par se voir offrir sur un plateau la tête de Lula, dans le cadre d'un accord avec Odebrecht, que d'éliminer la corruption. Ces politiciens qui apparaissent dans une précédente liste d'Odebrecht de 300 noms, qui inclut un who's who de l'opposition et d'anciennes élites de droite, pourrait même rêver de s'en sortir blancs comme neige. Le père de l'entrepreneur Marcelo Odebrecht, qui croupit en prison depuis juin 2015, dans le cadre d'une détention préventive, s'est vu offrir un accord similaire par l'empire Globo lui-même : son fils « obtiendra de l'aide » s'il moucharde Lula. Et cela nous amène plus près du cœur du problème de la machine d'investigation Car Wash, vieille de deux ans, et qui a fait l'objet de beaucoup de publicité. Il n'y a absolument rien contre Lula, depuis les documents accusateurs jusqu'aux comptes illégaux à l'étranger. Mais pour « avoir sa tête » les procureurs politisés ne pensent à rien d'autre que de détruire, en même temps, l'une des rares sociétés brésiliennes à être compétitive à l'échelle mondiale. Les accusations contre la Présidente Dilma Rousseff sont également une imposture. La toute première accusation était centrée sur le coût pour le Trésor de quelques programmes sociaux ; mais ensuite il fut découvert que le Trésor en a en réalité tiré profit.

Maître Gilles Devers a écrit:(...) Quel est donc le crime commis par Dilma Rousseff ? On imagine une implication lourde dans le scandale Petrobras… Ca ne risque pas : il n’existe aucun acte de procédure, ni aucune preuve judiciaire mettant en cause Dilma dans l’affaire Petrobras. Aucune. Rien. Rien à part les caviardages d’autres corrompus de Droite, joyeusement montés en épingle par la presse. Le « crime » est d’avoir, lors du dernier exercice comptable, fait financer transitoirement des dépenses sociales par un prêt bancaire, remboursé depuis et sans dommage pour le Trésor public. C’est ça le « crime » ! (...)

~ « Coup d’État de velours » au Brésil : Quelle sera la réponse? (Global Research)(Avril 2016) ~


Les fonds prêtés par le Trésor à BNDES, l'une des plus grandes banques de développement au monde, et modèle pour la banque des BRICS, se sont également révélés être vingt fois moindre que ce qui était dû à la banque. Les arguments accusateurs contre Rousseff s'effondrent totalement lorsque l'on apprend que durant l'année fiscale 2015, la seule que l'on pourrait prendre en compte dans une procédure de destitution, l'administration a pourvu à un fonds de prévoyance de près de 19 milliards de dollars ; c'est plus que de la prévoyance que de jouer avec les finances publiques. Le résultat est que Rousseff, qui n'a pas été officiellement accusée de malversations, sera « jugée » par une bande d'escrocs au Congrès, emmenés par un détenteur de compte suisse illégal qui se trouve être le président de la Chambre basse, avec un acolyte douteux en la personne du propagateur initial de la soi-disant mauvaise conduite de Rousseff. Ce duo louche, pour sa part, pourrait devoir répondre à de graves accusations de corruption parfaitement documentées.


~ Le Brésil vu par Le Monde (S. Bierrenbach, S. Esmanhotto, H. Romanach & A. Ferreira Silva, Investig'Action)(Avril 2016) ~


Tout ce triste spectacle au Brésil concerne essentiellement le lobbying et le financement de campagnes. C'est une pratique courante aux Etats-Unis. Des lobbies pourraient finir par être punis dans une enquête américaine, mais essayez donc de trouver des procureurs zélés près à détruire une société américaine majeure dans le processus ! Ils seraient réduit en poussière à Washington. La jeune démocratie brésilienne, pleine de vie, n'a pas été assez rapide pour légaliser les lobbyistes. Ce qui reste, comme il était prévisible, est un Far West de corruption politique. Et cela a conduit à la machine à délation qui s'est déchaînée, tout étant entièrement politisé, évidemment. L'enquête Car Wash a mis au jour un vaste réseau finançant tout le spectre politique. Des sociétés de construction majeures, comme Odebrecht, étaient impliquées. Petrobras n'était qu'une partie de tout ce système. Mais une décision politique, prise par une combinaison d'éléments de la Justice, de la police fédérale, des média institutionnels (contrôlés par quatre familles) et les vieilles élites comprador, a centré l'enquête uniquement sur le nœud Petrobras-Parti des Travailleurs, puisque ce parti a accédé au pouvoir sous Lula en 2003. La corruption passée et présente a été complètement ignorée.

Ce qui est crucial est que cette décision politique a transformé Car Wash, la faisant passer d'une enquête sur la corruption à un processus armé pour écraser un parti politique. A présent, alors qu'Odebrecht entre dans l'arène en dévoilant comment fonctionne tout ce système pourri, Car Wash n'a plus de raison d'être. Il ne faut pas s'étonner que cette action ait été transférée au Congrès. Car ce qui importait vraiment, depuis le début, n'était pas de nettoyer le système politique brésilien de la corruption, mais de créer les conditions pour la destitution d'une présidente élue. Ce que nous avons maintenant est l'Homme Creux aux commandes, le vice-président Temer, dans le rôle de meneur du coup d'Etat, et la plupart des parlementaires en vassaux des Hommes Creux. Ces escrocs pensent désormais vraiment que Rousseff peut être aisément mise sur la touche, probablement dès le 19 ou le 20 avril ; le Sénat proposera une quantité de marchandages louches ; un programme économique néolibéral sera mis en place ; la Déesse des Marchés se réjouira ; et Car Wash mourra d'une mort lente, mais non douloureuse, parce qu'après tout la principale « tumeur », le Parti des Travailleurs, aura été extraite.

Les fonds vautours adoreront. Le Brésil sera à nouveau « gentil avec les investisseurs ». Qui se fiche d'un « gouvernement » provisoire et illégal de changement de régime qui pourrait même devoir répondre de graves « crimes de responsabilité » ? La vieille élite comprador de la justice et des médias dansera dans l'obscurité, la récession refusera de se dissiper, la corruption persistera sans diminuer d'un iota, et l'héritage nocif des Homme Creux se répandra dans toutes leurs actions tandis que le monde regardera la putréfaction d'une cadavre déjà pourri se poursuivre.

Pepe Escobar

~ Traduit par JFG pour Questions Critiques ~

Source originale de l'article : The Whole World Is Watching Brazil’s Hollow Men (TeleSur)(Mars 2016)

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Re: Que cache réellement la crise Brésilienne...

Message  Silver Wisdom le Ven 13 Mai - 14:44

Cet "Impeachment" qui ressemble à un coup contre les BRICS...

Le coup d’État institutionnel est finalement en marche au Brésil
après que 367 députés aient voté pour que s’ouvre le processus de destitution
de la présidente Dilma Rousseff...




Andrew Korybko a écrit:
(...) Le véhicule clé exerçant une pression sur la présidente Rousseff n’est pas le mouvement de la Révolution de couleur, lui-même une conséquence de la Révolution de Cachemire, sur le retour de laquelle l’auteur vous avait mis en garde l’été dernier, mais les tentatives de coup d’État constitutionnel qui sont orchestrés pour lui enlever du pouvoir. Il est important de se rappeler que ceux-ci reposent sur une enquête anti-corruption qui, comme Pepe Escobar l’a souligné à plusieurs reprises, est à sens unique et que la cible est le parti au pouvoir. Il a été révélé en septembre 2013, dans le cadre des fuites de Snowden, que la NSA espionnait Petrobras, la société au cœur du scandale du coup d’État constitutionnel, qui soulève à son tour la possibilité que les États-Unis aient obtenu des informations compromettantes sur les activités de corruption présumées des principaux dirigeants du parti au pouvoir et qu’elle attendait le bon moment pour les utiliser. Cela ne devrait pas être considéré comme une coïncidence que l’enquête anti-corruption Car Wash ait débuté 6 mois après mars 2014, qui correspond au lancement du 6e Sommet des BRICS à Fortaleza au Brésil, cet été là. Au cours de cette grande manifestation internationale, les dirigeants multipolaires se sont engagés à créer une architecture financière alternative, qui sera plus tard connue sous le nom BRICS/New Development Bank et officiellement mise en place un an plus tard à Ufa. (...)

~ Le coup constitutionnel et la révolution colorée en deux étapes au Brésil (Oriental Review via Vers où va-t-on?)(Avril 2016) ~

C’est une mauvaise nouvelle pour l’Amérique Latine et les Caraïbes: il met à mal la stabilité politique du pays le plus important du continent qui souffrait déjà de sérieux problèmes économiques. Mais ce coup d’État va bien au-delà du simple contexte régional: si les «coups d’États institutionnels» respectivement au Honduras en 2009 et au Paraguay en 2012 ont été menés contre l’Alternative Bolivarienne pour les Peuples de Notre Amérique (ALBA) et le Mercosur, l’attaque contre le Brésil vise cette fois-ci les BRICS et les pays émergents à un moment de grande convulsion pour l’économie internationale, au moment où un bloc de pays se démène face aux États-Unis et à l’Union Européenne pour le contrôle du commerce mondial. Désormais, la marche sera la suivante: le Sénat devra approuver par une majorité simple le déclenchement de l’impeachment à la suite duquel Dilma sera écartée du pouvoir au maximum 180 jours, jusqu’à ce que deux tiers des sénateurs votent pour sa destitution finale. Ainsi, Michel Temer, un politicien qui recueille seulement 1% des voix pour les élections de 2018 et dont l’image négative atteint plus de 61% au sein de la population brésilienne selon l’institut Vox Populi, prendra possession du Planalto (siège de l’exécutif brésilien) et ce grâce à une combinaison de facteurs froidement planifiés à l’avance: érosion médiatique, opposition dans les rues, pression du patronat et coup de griffe institutionnel.

Glenn Greenwald a écrit:
(...) Il est fort probable que le Sénat accepte de suivre la procédure, ce qui se traduira par une suspension de 180 jours du poste de présidente de Dilma, et l’intronisation du vice-président Michel Temer, du parti PMDB, un ami des patrons. Le vice-président est lui-même, comme le New York Times le dit, « sous enquête à propos d’une déclaration comme quoi il aurait été impliqué dans un système d’achat illégal d’éthanol ». Temer a récemment fait savoir que l’un des principaux candidats à la tête de son équipe économique serait le président de Goldman Sachs Brésil, Paulo Leme. Si, après débat, les deux tiers du Sénat votent pour la condamner, Dilma sera définitivement écartée du pouvoir. Beaucoup soupçonnent que l’objectif principal de la destitution de Dilma est de faire croire au public que la corruption a été supprimée, alors qu’en réalité elle permet de mettre Temer aux commandes pour empêcher de nouvelles enquêtes sur les dizaines et les dizaines de politiciens réellement corrompus qui gangrènent les principaux partis. (...)

~ Après le vote de destitution de la présidente brésilienne,... (The Intercept via Le Saker Francophone)(Avril 2016) ~


~ Destitution de Dilma Roussef (Entretien avec le journaliste Pepe Escobar)(Chaîne YT du Cercle des Volontaires)(Mai 2016) ~

Finalement, les «nouvelles droites», tellement embellies dans certains espaces académiques et journalistiques ont fini par agir de la manière la plus ancienne qui soit, dévoilant ainsi leur véritable intention, celle de destituer les gouvernements en place. Une analyse du vote nous permet de comprendre la situation : sur les 38 députés présents au Parlement pour voter, 35 sont poursuivis pour des faits de corruption. De là ressort une certitude: avec Temer comme président, ces faits de corruption seront tout simplement balayés. Dilma qui paradoxalement n’est pas impliquée dans le scandale « Lava Jato » (Opération Car Wash) sera accusée et on essayera ainsi de tourner la page sur ce scandale qui éclabousse les partis traditionnels du système brésilien. Ainsi, la surenchère de certains députés, sous les cris de « Dehors le PT, Dehors Dilma, Dehors Lula » cachaient leurs vrais intentions: fermer le chapitre « Lava Jato » et essayer de maximiser les profits des grands groupes économiques rassemblés autour de la puissante Fiesp (patronat), qui a d’ailleurs salué avec enthousiasme le coup d’État en cours.


~ La procédure de destitution contre Dilma Rousseff fait-elle partie d’un plan... (KLA via Réseau International)(Mai 2016) ~

Mais il y a un autre facteur à analyser: le Parti des Travailleurs (PT), la Centrale Unique des Travailleurs (CUT) et le Mouvement des Travailleurs sans Terre (MST) comme trident qui a organisé les mobilisations contre l’Impeachment possède une force sociale qui n’est pas sans importance dans un moment comme celui-ci. De plus, ils réunissent autour d’eux le dirigeant qui a les intentions de vote les plus importantes pour les élections de 2018 et qui n’est autre que l’ex-président Luiz Inácio Lula da Silva. Que tentera de faire un gouvernement dirigé par Temer face à Lula? Essayeront-ils, enhardi par la victoire temporaire, de faire pression sur le législatif pour qu’il déclare l’inhabilitation de Lula voire sa détention provisoire? Il ne faut écarter aucun scénario, même si la droite devrait savoir qu’une telle situation pourrait renforcer le lancement de la candidature de l’ex-syndicaliste en vue des élections présidentielles. Reste à savoir, enfin, ce que feront les instances d’intégration régionale face au nouveau cas de figure. Le vice-président du Parlasur (Parlement du Merosur), Daniel Caggiani, du MPP-Frente Amplio d’Uruguay a déjà déclaré qu’il considère que son pays doit plaider pour la mise en place de la Carte Démocratique du Mercosur et de l’Unasur dans le cas où le Senat irait dans le sens du coup d’État institutionnel. Que cela signifie- t-il concrètement? Demander l’écartement temporaire du Brésil des deux institutions, chose qui a déjà eu lieu avec le Paraguay de Franco après le « coup d’État institutionnel » contre Fernando Lugo.

Temer doit maintenant jouer sa carte externe: dissimuler le coup d’État sous l’apparence d’un jugement politique traditionnel, aidé par quelques médias de la région et du monde. Le revanchisme explicite exprimé dans certains votes en faveur de l’impeachment, particulièrement de la part des députés d’extrême droite Eduardo et Jair Bolsonaro qui ont dédié leur vote au tortionnaire de Rousseff lui rendra cette tâche franchement difficile.

Juan Manuel Karg

Source de l'article : Impeachment contre Dilma Rousseff: un coup contre les BRICS (Investig'Action)(Mai 2016)

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Ce nouveau Gouvernement de politiciens et d'économistes capitalistes de droite qui proviennent des secteurs banquiers et financiers...

Message  Silver Wisdom le Mar 17 Mai - 9:47

Ce nouveau Gouvernement de politiciens
et d'économistes capitalistes de droite
qui proviennent des secteurs banquiers et financiers...


Jeudi dernier, Michel Temer, le vice-président et l'ancien allié politique
de la présidente Dilma Roussef du Parti des travailleurs, qui a été chassée du pouvoir,
a pris formellement la direction de Planalto, les bureaux présidentiels à Brasilia.
Il a déclaré que ce sera un gouvernement de « salut national »...




Dilma Roussef a écrit:
(...) Depuis mon accession à la fonction présidentielle, j’ai été la garante zélée de l’État de Droit démocratique. Mon gouvernement n’a pas commis d’actes de répression contre des mouvements sociaux, contre des protestations collectives, contre les manifestants d’aucune appartenance politique. Le plus grand risque que coure ce pays aujourd’hui est d’être dirigé par un gouvernement sans élections. Un gouvernement qui n’aura pas été directement élu par la population, qui n’aura pas la légitimité qu’il faut pour proposer et mettre en œuvre des solutions aux défis qui se posent au Brésil. Un gouvernement susceptible de réprimer violemment les manifestations à son encontre. Un gouvernement né d’un coup d’État. D’une destitution frauduleuse. Issue d’une sorte d’élection indirecte. Un gouvernement qui sera, lui-même, grandement cause de la poursuite de la crise dans notre pays. (...)

~ Discours historique de la présidente Dilma Roussef le 14 mai 2016 (Dilma Roussef via Réseau International)(Mai 2016) ~

Après une session qui a duré toute la nuit, le sénat brésilien a voté jeudi matin pour commencer les procédures de destitution contre Rousseff. Elle est donc suspendue de son poste pour toute la durée du procès qui se poursuivra probablement jusqu'en septembre ou octobre. Même si une simple majorité était nécessaire pour faire démarrer le processus, il y a eu majorité écrasante de 55 contre 22, ce qui est plus des deux tiers de la majorité ultimement requise pour chasser la présidente du PT de son poste. Étant donné que la base des accusations pour la destitution, la manipulation présumée par Roussef des comptes budgétaires afin de masquer des manques à gagner temporaires, a été clairement utilisée comme un prétexte, une condamnation semble inévitable. Le Brésil est le plus grand pays d'Amérique latine et la septième plus grande économie dans le monde. Rousseff a reçu 54 millions de votes en 2014 lorsqu'elle a été réélue comme présidente pour un deuxième mandat. Cette élection est maintenant renversée par une conspiration politique antidémocratique au plus haut niveau de l'élite dirigeante brésilienne. Lors de son premier discours a la nation, Temer, entouré d'une pléiade de politiciens provenant de presque tous les partis hormis le PT et qui arboraient un sourire en coin, a souligné que son gouvernement travaillerait pour « améliorer l'environnement pour les investissements du secteur privé » et qu'il mettrait en oeuvre des « réformes fondamentales » conçues pour faire porter le fardeau de la profonde crise économique du pays encore plus directement sur le dos des masses de travailleurs brésiliens.


~ Le gouvernement Temer prépare les Brésiliens à "des mesures difficiles" (AFP via La Croix)(Mai 2016) ~

HuffPost avec AFP a écrit:
(...) Retranché depuis dans sa résidence de Brasília, téléphone coupé pour la présidence, Temer a observé ensuite en silence l'embrasement de la crise politique brésilienne au mois de mars, l'affaiblissement inexorable de la chef de l'État. L'heure avait sonné pour Michel Temer de passer enfin de l'ombre à la lumière. En vieux renard de la politique, il a orchestré le débarquement de son parti du gouvernement fin mars, un coup fatal pour sa désormais rivale. C'est maintenant ou jamais pour ce politicien largement méconnu des Brésiliens, qui a présidé trois fois la Chambre des députés brésilienne. Car s'il devait briguer le pouvoir à la loyale lors d'une élection présidentielle, il n'obtiendrait qu'entre 1 à 2% des suffrages, selon un récent sondage. (...) Deux mois avant sa lettre de divorce à Dilma Rousseff, il avait publié une ébauche de programme économique intitulé "Un pont vers l'avenir" (pdf en Portuguais). Il y critiquait les "excès" de la politique économique dépensière du Parti des travailleurs (PT, gauche) au pouvoir. Les marchés, inquiets de la récession historique qui frappe le Brésil, espèrent qu'il répondra rapidement à leurs attentes: ajustement budgétaire, réforme du système des retraites, du droit du travail. (...)

~ Le paradoxe de la nomination de Michel Temer, successeur de Dilma Rousseff et soupçonné de corruption (Huffington Post)(Mai 2016) ~

Il y avait plus qu'un relent de fascisme dans les commentaires du nouveau président par intérim. Il a déclaré que son but était de « pacifier et d'unifier » le Brésil et que la devise de son gouvernement serait « Ordeme Progresso », ou Ordre et Progrès, qui sont les mots figurants sur le drapeau brésilien. Provenant du philosophe français Auguste Comte, le slogan a été introduit dans le lexique politique du Brésil pour la première fois vers la fin du XIXe siècle par des membres de hauts rangs de l'armée qui étaient influencés par le positivisme de Comte. Ils sont devenus les mots d'ordre pour l'unité nationale et la suppression de la lutte des classes, qui ont été imposées le plus efficacement sous la dictature militaire, appuyée par les États-Unis, qui a dirigé le pays de 1964 à 1985. Les commentaires de Temer suggèrent que le Brésil doit retourner à ces vieilles « valeurs ». La devise sur le drapeau « ne pourrait être plus actuelle que si elle avait été écrite aujourd'hui ».

Temer a dit à son auditoire qu'il était passé récemment en voiture devant une station-service et qu'il avait remarqué que son propriétaire avait mis une affiche où il était inscrit : « Ne parlez pas de la crise, travaillez ». Il a ajouté qu'il aimerait voir ce slogan s'étendre à « 10, 20 millions de pancartes à travers le Brésil ». Il a dit que le slogan servait à promouvoir l'« harmonie » et l'« optimisme ». Il a prononcé ces mots dans des conditions où 11 millions de travailleurs sont maintenant sans emploi et où les congédiements se poursuivent à un rythme de 100.000 par mois. L'effondrement du boom des matières premières et des marchés émergents a plongé le pays dans sa pire crise économique depuis un siècle. La réponse de Temer à cette crise est l'austérité sans équivoque. Il s'est vanté que ses premières actions ont été de couper le nombre de ministères gouvernementaux et il a indiqué qu'une suppression en masse des emplois du secteur public suivrait. Il a aussi déclaré que son gouvernement était voué à des « réformes fondamentales », surtout dans le système de sécurité sociale du pays et dans les lois encadrant le travail. Le cabinet qui a été mis sur pied par Temer est un ramassis de personnalités réactionnaires et propatronales. Jose Serra, qui a été nommé ministre des Affaires étrangères, est parmi les membres les plus importants. Serra est un membre de haut rang du parti droitiste PSDB (Parti de la social-démocratie brésilienne). Il a servi comme sénateur, maire de São Paulo et a été deux fois le candidat défait du PSDB. Il a perdu deux fois devant le PT, en 2002 et 2010. Serra était mentionné dans un câble de l'ambassade américaine divulgué par Wikileaks où il était favorable à la privatisation du géant étatique de l'énergie, Petrobras, et à l'ouverture des gisements d'hydrocarbures au large des côtes brésiliennes à l'exploitation par les grandes firmes basées aux États-Unis.


~ What Snowden & WikiLeaks Tell Us About US Obsession With Brasil’s Oil (Brasil Wire)(Février 2016) ~

Le ministère de l'Éducation a été décerné à Mendonça Filho du parti d'extrême droite Démocrates (DEM), le successeur d'ARENA, le parti dirigeant officiel de l'ancienne dictature militaire. Il est le fils d'un membre important d'ARENA qui est aussi un grand propriétaire terrien dans l'État de Pernambuco, au nord du pays. Le ministère de la Sécurité institutionnelle, qui inclut les services de renseignements brésiliens, a été placé sous la direction de l'ancien général de l'armée brésilienne, Sérgio Westphalen Etchegoyen. Lorsque son père a été identifié par la commission sur la vérité comme étant l'un des officiels responsables des meurtres, des disparitions et de la torture sous la dictature, il a protesté férocement et a qualifié les accusations de « frivoles ». Comme ministre de l'Agriculture, Temer a nommé Blairo Maggi, une personnalité milliardaire de l'agroalimentaire connu sous le surnom de « roi du soja » et qui est reconnu comme celui qui a fait plus pour détruire la forêt amazonienne que n'importe qui sur la planète. Et le poste de ministre de la Justice a été décerné à Alexandre de Moraes, le secrétaire de la sécurité publique de l'État de São Paulo, qui est un défenseur de la répression par l'État. Le ministère des droits de l'homme a été intégré à celui de la justice et placé aussi sous sa direction. Plus tôt, le nom d'une députée de droite reconnue pour son opposition à l'avortement, même dans les cas de viols, avait été proposé pour être chef du ministère des droits de l'homme.

Plusieurs de ceux qui feront partie du nouveau cabinet sont aux prises avec des accusations de corruption, incluant en lien avec le scandale de corruption massive et de pot-de-vin impliquant des contrats avec Petrobras. Même le quotidien O Estado de S. Paulo, qui a appuyé la destitution, a été forcé d'admettre que les chefs du nouveau gouvernement, « avec la participation de ceux qui sont spécialement impliqués dans les scandales de corruption passés et présents, prétendent qu'ils vont tout changer, alors qu'en réalité, ils vont tout laisser pareil ». La personne la plus importante du nouveau cabinet est Henrique Meirelles, qui va prendre le poste de ministre des Finances et diriger l'austérité. L'aide sociale sera apparemment placée dans son cahier des charges, indiquant ainsi l'intention du gouvernement d'opérer des changements radicaux. Le rôle de Meirelles souligne la continuité fondamentale entre le nouveau gouvernement de droite et l'administration du PT qui l'a précédé. Ex-PDG de la Banque de Boston, Meirelles a été nommé chef de la banque centrale brésilienne lorsque le PT a pris le pouvoir pour la première fois sous la présidence de l'ancien chef du syndicat des métallos, Luiz Inacio Lula da Silva. Sa nomination a été un signal envoyé aux capitalistes brésiliens et étrangers pour dire qu'ils n'avaient rien à craindre de la rhétorique socialiste du PT. Lula avait proposé à Rousseff de faire entrer Meirelles dans son administration, même en tant que vice-président.



Sebastian Smith a écrit:
(...) Alors que la population brésilienne s'est indignée ces derniers mois face à l'énorme scandale de corruption Petrobras, qui éclabousse une grande partie de l'élite politique, la nouvelle équipe gouvernementale a promis un changement d'ère. "Dehors la corruption et bienvenue à l'efficacité", a assuré vendredi le chef de cabinet (quasi Premier ministre) de Michel Temer, Eliseu Padilha, à l'issue du premier Conseil des ministres. Personne ne sait s'ils seront efficaces, mais le Brésil peut compter sur des ministres appréciés des marchés. Sur le front de l'honnêteté, la tâche s'annonce plus difficile : au moins trois membres du gouvernement sont cités dans l'enquête Petrobras, dont Romero Juca, ministre-clé en charge de la Planification. Trois autres font l'objet d'une enquête, selon le site spécialisé Congresso em Foco, tandis que deux ministres sont les fils d'hommes politiques cités dans le scandale Petrobras. (...)

~ Au Brésil, des ministres riches, blancs et en délicatesse avec la justice (OLJ via L'orient le Jour)(Mai 2016) ~

Dans son discours jeudi matin, Rousseff a qualifié la destitution de « coup d'État » et a soutenu qu'elle n'était coupable d'aucun crime. « C'est la chose la plus brutale qui peut arriver à un être humain, a-t-elle dit, être condamnée pour un crime que vous n'avez pas commis. Aucune injustice n'est plus dévastatrice ». De plus, tous ceux qui ont perpétré le présumé coup d'État étaient, jusqu'à récemment, les alliés politiques les plus proches du PT, recevaient des postes dans le gouvernement, se présentaient sur des listes électorales communes et, comme ce fut révélé dans le scandale Mensalao, ont obtenu de généreux salaires pour voter avec le gouvernement au congrès.

Bill Van Auken

Source de l'article :
Roussef chassée, le vice-président assemble un gouvernement de droite au Brésil (WSWS)(Mai 2016)

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