Tout tourne autour de l’or en Afrique

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Tout tourne autour de l’or en Afrique

Message  09991 le Dim 3 Fév - 22:21

Tout tourne autour de l’or en Afrique



Les réserves d’or du Mali et la campagne frénétique d’achat de la matière brillante par la Chine tandis qu’elle tente de faire tomber le pétrodollar, ont probablement mené les Etats-Unis d’Amérique à accélérer leur projet AFRICOM en construisant une base de drones au Niger voisin. Mais les guerres des ombres en Afrique sont seulement une attraction secondaire, l’acte principal se joue vers l’Asie qui maintient l’exorbitant budget du Pentagone [NDLT : en achetant de bons la dette US].


Tout tourne autour de l’or



Pour citer la phrase immortelle du « Faucon Maltais » de Dashiell Hammett, filmé par John Huston :
Parlons de l’oiseau noir », parlons d’un oiseau mystérieux en or
Évidemment, parce qu’il s’agit d’un film noir digne de Dashiell Hammett qui implique le Pentagone, Pékin, guerres des ombres, retournements et beaucoup d’or.

Commençons par la position officielle de Pékin :
Nous n’avons pas assez d’or
Cela conduit à la campagne actuelle d’achat frénétique par la Chine, que n’importe qui peut voir en direct live, en temps réel, en particulier à Hong Kong. La Chine est déjà le principal producteur d’or et la principale nation importatrice d’or au monde.

L’or représente à peu près 70 % des réserves US et de l’Allemagne, et c’est plus ou moins la même chose pour la France et l’Italie. La Russie – qui aussi achète activement – a un peu plus de 10 %. Mais le pourcentage d’or de la Chine dans ses réserves impressionnantes de 3,2 trillions de dollars, est de seulement de 2 %.

Pékin suit avec attention les espiègleries actuelles de la Réserve Fédérale de New York, qui, quand la Bundesbank lui a demandé de rendre l’or allemand qu’elle a dans ses coffres, a répondu que cela prendrait au moins sept ans.

Le journaliste financier allemand Lars Schall suivait l’histoire depuis le début et, a quasi seul fait la connexion cruciale entre l’or, le papier-monnaie, les ressources énergétiques et l’abîme qu’affronte le pétrodollar.

Chaque fois que Pékin dit qu’il a besoin de plus d’or, il le justifie comme une barrière « contre les risques des réserves en monnaie étrangère » – c’est-à-dire la fluctuation du dollar US – mais spécialement pour « promouvoir la mondialisation du yuan ». C’est comme, de façon courtoise, faire que le yuan rivalise « loyalement » avec le dollar et l’euro sur le « marché international ».

Et ici nous avons le point (élusif) principal. Ce que veut réellement Pékin est de se débarrasser de l’emprise du dollar. Pour que cela arrive, il a besoin d’importantes réserves d’or. C’est pourquoi nous nous voyons devant un Pékin pivotant du dollar au yuan et essayant d’influer sur de vastes champs de l’économie mondiale pour suivre ce chemin. La règle d’or est le « Faucon Maltais de Pékin » : « les rêves sont ainsi faits ».

Avoir un drone, et voyager

Le Qatar aussi est entrain de tourner, mais dans le style MEAN (Moyen Orient – Afrique du Nord). Doha finançait des wahhabites et des salafistes – et même des salafistes -djihadistes – comme les rebelles de l’OTAN en Libye, les bandes de l’Armée Libre Syrienne en Syrie et la bande pan- islamique qui s’est emparée du nord du Mali.

Le Département d’État –et après le Pentagone– en ont sans doute pris conscience, comme dans l’accord négocié entre Doha et Washington, ensemble, pour engendrer une nouvelle une « coalition » syrienne plus acceptable. Mais ces relations dangereuses entre le francophile Émir du Qatar et le Quai d’Orsay à Paris continuent d’être très puissantes, après avoir déjà gagné en force pendant le règne du Roi Sarko, aussi connu comme l’ancien président français Nicolas Sarkozy.

Tout observateur géopolitique bien informé a suivi les fuites, les unes après les autres, d’ex agents français du renseignement dans le merveilleusement méchant hebdomadaire satirique Le Canard Enchainé, détaillant le modus operandi du Qatar. C’est parfaitement évident. La politique extérieure du Qatar doit être lue comme les Frères Musulmanes Ici, Là-bas et Partout (mais pas dans l’émirat néo-féodal) ; c’est le « Faucon Maltais du Qatar ». En même temps Doha –ce qui réjouit les élites françaises – est un pratiquant avide du néolibéralisme dur et un grand investisseur dans l’économie française.

De manière que ses intérêts puissent se fondre dans la promotion – réussie – du capitalisme du désastre en Libye et ensuite – sans avoir encore réussi – en Syrie. Mais le Mali, c’est autre chose ; une réaction négative classique – et c’est là où les intérêts de Doha et de Paris divergent (pour ne pas parler de Doha et de Washington ; au moins si l’un n’assume pas que le Mali a été le prétexte parfait pour une nouvelle avancée de l’AFRICOM).

Les médias algériens sont indignés, mettant en cause (en français) les plans du Qatar. Mais le prétexte – comme cela fut prédit – a parfaitement fonctionné.

AFRICOM -surprise !- est dans le coup, puisque le Pentagone est prêt à établir une base de drones au Niger. Ceci est, le résultat pratique d’une visite du commandant de l’AFRICOM, le général Carter Ham, dans la capitale du Niger, Niamey, il y a seulement quelques jours.

Oubliez ces anciens avions turbo PC -12 qui espionnaient le Mali et l’Afrique de l’Ouest pendant des années. L’heure du Prédateur est arrivée. Traduction : le chef en attente, John Brennan planifie une guerre masquée de la CIA dans tout le Sahara-Sahel. Avec la permission de Mick Jagger/Keith Richards, le temps est venu de commencer à fredonner un remix d’un grand succès : « Je vois un drone gris / et je le veux peint en noir ».

L’AFRICOM fait que le Niger est déjà plus doux qu’une tarte de cerises. Dans le nord-ouest du Niger se trouvent toutes les mines d’uranium qui approvisionnent l’industrie nucléaire française. Et c’est très près des réserves d’or du Mali. Imaginez tout cet or dans une zone « instable » tombant dans les mains … des entreprises chinoises. C’est le moment du « Faucon Maltais de Pékin », d’avoir finalement assez d’or pour en finir avec ce dollar fil à la patte.

Le Pentagone a même obtenu une permission pour que toute son équipe de surveillance se réapprovisionne – dans tous les endroits possibles – dans l’Agadez crucial. La légion française peut avoir fait la sale besogne sur le terrain au Mali, mais AFRICOM sera celui qui ramassera la mise dans tout le Sahara – Sahel.

Etes-vous au courant de l’oiseau (asiatique) ?


Et cela nous porte vers ce fameux tournant vers l’Asie, qui était supposé être le sujet géopolitique numéro un du gouvernement d’Obama 2.0. Il le sera peut être. Mais certainement, aux cotés du mouvement de drones de l’AFRICOM dans l’ensemble du Sahara/Sahel, avec une irritation croissante de Pékin ; et Doha – Washington faisant pivoté leur appui aux ex- « terroristes » devenus « des combattants pour la liberté » et vice versa.

Et nous n’avons même pas mentionné l’absence de mouvement impliqué dans ce tiret noir : le gouvernement d’Obama 2.0 en maintenant son épouvantable accolade à la Maison médiévale de Saud et « une stabilité dans la péninsule arabe », comme le recommande un suspect habituel, un médiocre – mais influent – « ancien Officier d’intelligence ».

Play it again, Sam. Dans cette scène extraordinaire du Faucon Maltais au commencement de notre trame entre Humphrey Bogart (disons qu’il a le rôle du Pentagone) et Sydney Greenstreet (disons qu’il a celui de Pékin), le fonctionnaire est le dur, le troisième rôle dans le film. Le fait de pivoter vers l’Asie est essentiellement un produit d’Andrew Marshall, un totem semblable à l’Yoda de la sécurité nationale US.

Marshall fut derrière la Révolution dans les Affaires Militaires (RMA) – tous les fanatiques de Donald Rumsfeld le savent – l’opération ratée « Choc et Effroi » (« Shock and Awe » qui a seulement servi à détruire l’Irak jusqu’à le laisser presque irréparable, y compris avec la participation du capitalisme du désastre) ; et maintenant le concept appelé Bataille Air-Mer [comme le jeu vidéo « Air-Sea Battle »].

Les prémisses de la Bataille Air-Mer est que Pékin attaquera les forces US dans le Pacifique, ce qui est franchement, ridicule (même avec l’aide d’une opération monstrueuse de faux drapeaux). Les US lanceraient alors des représailles à travers une « campagne aveuglante », l’équivalent naval de Choc et Effroi. La Force Aérienne et la Marine de Guerre US ont adoré le concept parce qu’il implique beaucoup dépenses pour des matériels qui seront stationnés dans de nombreuses bases sophistiquées dans le Pacifique et en haute mer.

Par conséquent, comme la contre-insurrection dans le style David Petraeus a viré vers des guerres des ombres de la CIA de John Brennan, là il s’agit réellement de faire pivoter vers l’Asie, une pseudo stratégie ourdie pour maintenir le budget du Pentagone à des niveaux exorbitants, en poussant une nouvelle guerre froide avec la Chine. On a pu entendre Marshall disant : « Ils n’accumuleront jamais assez d’or pour imposer leur plans maléfiques » en parlant de la Chine (certes sans l’aplomb de Bogart ou de Greenstreet). Hammett serait épouvanté ; le « Faucon Maltais de Marshall » est ce dont sont faits les rêves (de guerre).

Pepe Escobar



Article original en anglais : Asia Times, le 1 er février 2013.

Traduit de l‘anglais para El Correo par : Estelle er Carlos Debiasi pour El Correo. Paris, le 3 février 2013.
http://www.mondialisation.ca/tout-tourne-autour-de-lor-en-afrique/5321638

Cette création par http://www.elcorreo.eu.org est mise à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Paternité – Pas d’Utilisation Commerciale – Pas de Modification 3.0 Unported.

http://www.brookings.edu/research/papers/2013/01/revolution-in-riyadh
http://dailycaller.com/2011/07/11/meet-andrew-marshall-the-unknown-but-immensely-influential-figure-behind-american-national-security-strategy/
http://www.washingtonpost.com/world/national-security/us-plans-to-add-drone-base-in-west-africa/2013/01/28/ce312c24-6994-11e2-aba3-d72352683b69_story.html
http://www.courrierinternational.com/une/2013/01/28/le-jeu-trouble-du-qatar
http://thebricspost.com/renminbi-to-compete-with-dollar-and-euro/
http://www.larsschall.com/2011/10/11/germany-should-end-the-secrecy-and-bring-its-gold-home/


Choc et Effroi

La doctrine choc et effroi (de l’anglais Shock and Awe, ce qui peut aussi être traduit par « Choc et stupeur »), ou de « domination rapide », est une doctrine militaire basée sur l'écrasement de l'adversaire à travers l'emploi d'une très grande puissance de feu, la domination du champ de bataille et des manœuvres, et des démonstrations de force spectaculaires pour paralyser la perception du champ de bataille par l'adversaire et annihiler sa volonté de combattre.

Elle est issue de l'Université de la défense nationale des États-Unis et a été rédigée par Harlan Ullman et James Wade en 1996.

Elle a principalement été mise en œuvre lors de l'invasion de l'Irak en 2003.

La doctrine de la domination rapide

La domination rapide est définie par ses auteurs, Harlan K. Ullman et James P. Wade, comme les efforts « pour porter atteinte à la volonté, au ressenti et à la capacité de compréhension de l’adversaire qui lui permettent de s’adapter ou de répondre à notre politique stratégique, en imposant un régime de Choc et d’effroi »1. De plus, la domination rapide permet « d’imposer un niveau de choc et d’effroi tel que la volonté de l'adversaire de continuer la lutte soit anéantie [..., et de] prendre le contrôle de l’environnement, et paralyser les perceptions de l’adversaire et ses capacités de compréhension ou tant les saturer que l’ennemi se retrouve incapable de résister sur les plans tactique et stratégique. »2.

En présentant la doctrine dans un rapport à l’Université de défense nationale des États-Unis en 1996, Ullman et Wade la décrivent comme une tentative d’élaborer une doctrine militaire post-guerre froide. La technique de domination rapide et le choc et l’effroi, selon eux, peut entraîner un changement révolutionnaire dans le domaine militaire aux États-Unis, alors que les effectifs sont réduits et que les techniques de l'information ont un rôle de plus en plus important dans la conduite des opérations militaires3. La technique de domination rapide permettrait donc d'exploiter « la supériorité militaire, l’engagement de précision, et la domination dans le domaine de l’information » des États-Unis4.

Ullman et Wade listent quatre caractéristiques de la domination rapide :
une connaissance et une compréhension de soi-même, de l’adversaire et de l’environnement ;
la rapidité et la synchronisation dans l’exécution ;
une exécution brillante ;
un contrôle total de tout le champ de bataille5.

Le choc et l’effroi sont le plus souvent définis par Ullman et Wade comme l’effet obtenu par la domination rapide d’un adversaire. C'est l’état désiré d’un sentiment d’impuissance et de perte de volonté. Selon eux, il peut être obtenu par la destruction des centres de commandement ennemis, une suppression sélective des informations diffusées et la propagation de désinformation, le débordement des forces adverses, et la rapidité d’action.

La doctrine a depuis évolué vers le concept de « force décisive ». Pour Ullman et Wade, les différences entre les deux concepts sont les objectifs, l’usage de la force, la taille de l’armée, la rapidité, les pertes engendrées et la technique.

Victimes civiles et destruction des infrastructures

Bien qu'Ullman et Wade affirment que « la réduction des pertes civiles, des morts, et des dégâts collatéraux a un sens politique qui aurait besoin d'être compris sur le front », leur doctrine requiert pourtant l'interruption de tous les moyens de communication, de transports, de production alimentaire, de distribution d'eau, et toutes les autres infrastructures6, et, en pratique, l'usage approprié du Choc et de l'effroi doivent provoquer [...] un sentiment de menace et de peur d'agir, qui peuvent abattre totalement ou en partie la société adverse, ou réduire considérablement ses capacités de combattre par la destruction des moyens matériels.

Les auteurs imaginent l'exemple d'une invasion de l'Irak vingt ans après l'opération Tempête du désert : ils affirment qu’« abattre le pays nécessiterait d'une part la destruction physique d'infrastructures ciblées, et d'autre part l'interruption et le contrôle de tous les flux d'informations et commerciaux importants, et ce de façon si rapide qu'on puisse obtenir un choc comparable à celui obtenu par les bombardements nucléaires d'Hiroshima et de Nagasaki sur les Japonais ».

Ullman reprit le même exemple sur CBS News quelques mois avant l'invasion de l'Irak : « Imaginez que vous êtes un général tranquillement assis à Bagdad, et que soudainement trente de vos QG divisionnaires sont détruits. La ville tombe aussi. Par cela, je veux dire que l'électricité et l'eau sont coupés. En 2, 3, 4, 5 jours, ils seront épuisés, physiquement, émotionnellement et psychologiquement ».

Ullman et Wade soutiennent que certaines applications militaires sont des illustrations de certains concepts du « choc et effroi ». Ils citent neuf exemples, dont :
Hiroshima et Nagasaki : application du choc et de l’effroi par « des niveaux de destruction massive et instantanée, presque incompréhensibles, ayant une influence directe sur la plus grande part d’une société, à la fois l’opinion publique et les élites dirigeantes, plus que le ciblage d’objectifs militaires ou stratégiques en petit nombre ».
Bombardement tapis : le bombardement-tapis est décrit par Ullman et Wade comme « la concentration d’une grande puissance destructrice contre des cibles militaires et la zone alentour ».
Guerre éclair : l’intention est de frapper avec une précision chirurgicale et en utilisant une puissance concentrée sur un secteur restreint pour atteindre un niveau de puissance maximale avec le maximum d’économies d’échelle.
Sun Zi : la « décapitation instantanée de cibles militaires ou civiles choisies pour obtenir le choc et l’effroi ».
exemple haïtien : « l’exposition spectaculaire de la force provoquent choc et effroi et a comme effets la démoralisation, les fausses nouvelles et la désinformation ».
les légions romaines : « elles obtiennent le choc et l’effroi par leur capacité à maîtriser les perceptions et la peur de l’adversaire, basée sur sa propre croyance en sa vulnérabilité et en l’invincibilité romaine ».
Déclin : « provoquer une dépression sociale sur une longue période, mais sans l’utilisation de destruction massive ».
Police montée : l’utilisation sélective de force soulignant « les capacités d’opposition aux forces adverses en présence pour atteindre des objectifs militaires ».

Conception

Avant l’invasion de l’Irak en 2003, les officiels de l’armée des États-Unis indiquaient que leurs plans mettaient en œuvre la doctrine « choc et effroi

La campagne

Une campagne de bombardement limitée commence le 19 mars 2003 par des tentatives infructueuses de tuer Saddam Hussein. Elle se poursuit par le bombardement d’un petit nombre de cibles jusqu’au 21 mars, date à laquelle commencent, à 17 heures, les principaux bombardements des forces de la Coalition rassemblée sous l’égide des États-Unis. Ses forces font environ 1 700 sorties aériennes (dont 504 utilisent des missiles de croisière)12. Les forces terrestres de la Coalition commencent leur offensive sur Bagdad les jours suivants, avant de prendre la ville le 5 avril, et les États-Unis s’annoncent victorieux le 14 avril.

Dans ce contexte, l’opération « Choc et effroi » fait référence au début de la campagne irakienne, et non à l’insurrection qui a suivi

Évaluations controversées d’après-guerre

Il est difficile de dire dans quelle mesure les États-Unis ont réellement appliqué la doctrine Choc et effroi, d’autant que les déclarations postérieures à la guerre sont contradictoires. Deux semaines après la proclamation de la victoire, le 27 avril, le Washington Post publie un entretien avec des militaires irakiens qui détaillent la démoralisation et les failles du commandement13. Selon ces soldats, les bombardements de la coalition ont pris une extension surprenante et ont eu un effet démoralisant extrêmement important. Quand les chars américains ont traversé les lignes de la garde républicaine et de la garde républicaine spéciale des abords de Bagdad jusqu’aux palais présidentiels, les troupes présentes en ville ont subi un choc. D'après eux, aucune structure n’était intacte quand l’armée américaine est entrée à Bagdad, et la résistance s’est écroulée sous l'idée que « ce n’est pas une guerre, mais du suicide ».

Au contraire, dans une présentation d’octobre 2003 au Comité des services armés de la Chambre des représentants, une équipe du Collège de guerre de l’US Army n’attribue pas son succès à la domination rapide. Au contraire, ils font référence à leur supériorité technique et à l’inefficacité des Irakiens : « La vitesse d’action de la coalition n’a pas touché le moral des Irakiens. De plus, les unités irakiennes n’ont cessé le combat qu’après un affrontement avec les troupes de la coalition à proximité d’une ville ».

D'après Bijal Trivedi, chercheur du National Geographic, « Même après plusieurs jours de bombardement, les Irakiens ont montré une résilience remarquable. Beaucoup ont continué leurs activités quotidiennes, aller travailler et faire les courses, avec les bombes tombant autour d’eux. Selon certains analystes, l’attaque militaire a peut-être été trop précise. Elle n’a pas provoqué de Choc et d’effroi chez les Irakiens et, au final, la ville n'a été prise qu'après des combats rapprochés dans les banlieues de Bagdad.

Critiques sur l’exécution

Le principal auteur de Shock and Awe: Achieving Rapid Dominance en anglais : Choc et effroi : la réalisation de la domination rapide, Harlan Ullman, est l’un des critiques les plus virulents de la campagne menée en Irak. Selon lui, « la campagne actuelle ne correspond pas à ce que nous avions envisagé » ; et, en outre, « le bombardement qui a illuminé le ciel nocturne de Bagdad [...] ces jours derniers n’a pas montré la force, la portée et les dimensions de l’éventail de moyens sur lequel était basé le plan Choc et effroi ». À la question « Est-il trop tard pour le Choc et l’effroi ? », Ullman répond « Nous ne l’avons pas vu ; il n’arrive pas ».

Ullman note que le plan prévu aurait requis « une attaque au centre de Bagdad, la prise de contrôle du centre, suivies de prises de contrôle successives à partir du centre-ville ». De plus, « la campagne de bombardement n’a pas visé directement les forces militaire irakiennes sur le champ de bataille, notamment les divisions de la Garde républicaine et les relais du pouvoir politique, mais plutôt les quartier-généraux du parti Baas ». Au lieu de la tactique préconisée, selon Ullman, on a donc plutôt assisté à un siège.

Il semble que l’administration Bush soit revenue sur la campagne de bombardement de l’Irak, et que le plan original a été modifié quelques jours avant sa mise en œuvre, « les pertes civiles ayant joué un rôle dans cette décision politique ».

Selon Brian Whitaker, correspondant du Guardian en 2003, « pour quelques pays arabes ou musulmans, la doctrine « choc et effroi » est un terrorisme sous un autre nom ; pour d’autres, un crime qui n’a rien à envier au 11 septembre ». De même, les opposants à la guerre et le chiite radical Moqtada al-Sadr ont qualifié l’action américaine en Irak de terroriste.

Pertes

L’Iraq Body Count, un projet de l’Oxford Research Group, ONG non-violente et militant pour le désarmement, compte environ 6 616 morts civiles dues à l’action des forces conduites par les États-Unis durant la phase de conquête, y compris lors de la campagne de bombardement Choc et effroi20.

Ces résultats sont contestés par l’armée américaine (qui ne compte pas les morts du camp adverse) et le gouvernement irakien pro-américain. Le lieutenant-colonel Steve Boylan, chargé de relations publiques à Bagdad, refuse de discuter des méthodes de l’IBC, qu’il affirme ignorer, et indique que l’US Army « fait tout ce qu’elle peut pour éviter les pertes civiles »21. Le chercheur du National Geographic Bijal Trivedi affirme que « Il y a des pertes civiles, mais les frappes restent, la plupart du temps, chirurgicales

http://fr.wikipedia.org/wiki/Choc_et_effroi

A Bientôt

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