La revanche de Karl Marx

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La revanche de Karl Marx

Message  Résistance le Lun 1 Avr - 21:19



La vengeance est un plat qui se mange froid. Il ne nous vient pas à l’esprit de meilleure formule pour traiter ces derniers temps du retour en force de Karl Marx sur la scène médiatique. Time magazine, un des principaux magazines d’information étasuniens, a décidé cette semaine de consacrer un article de fond au philosophe de Trèves et de réhabiliter, rien moins que ça, ses théories économiques et sociales. Marx a portant toujours fait peur aux États-Unis, au point de devoir être vendu sous le manteau durant la Guerre froide, quand on craignait outre-Atlantique que le communisme ne règne un jour en maître sur le monde. La chute de l’URSS a sonné, pour beaucoup, la fin d’un idéal de justice et de paix. Les vingt années qui ont suivi ont été vécues comme un cauchemar pour tous ceux qui se qualifiaient jusque-là de marxistes. Mais aujourd’hui, alors que le capitalisme sombre dans une crise endémique, voici qu’on s’aperçoit que Marx avait peut-être tout prévu en apportant même les solutions aux problèmes actuels. La vente de ses œuvres a fait un bond, signe que le théoricien révolutionnaire du socialisme n’est pas mort ; il est même plus vivant que jamais. Autre signe qui ne trompe pas, certains anticapitalistes se réclamant peu ou prou de Marx arrivent aujourd’hui à s’épancher dans les media généralistes étasuniens, ouverts jusqu’ici aux thuriféraires de l’idéologie de marché dont on sait aujourd’hui où ils nous ont menés.

Time magazine a publié un long article de Michael Schuman, correspondant du magazine à Pékin, capitale d’un pays qui n’a pas renoncé au communisme. « Marx a théorisé le fait que le système capitaliste appauvrissait les masses et concentrait les richesses entre les mains de quelques-uns, provoquant des conflits sociaux et des crises économiques. Il avait raison. C’est si facile de trouver des statistiques qui montrent que les riches s’enrichissent et les pauvres s’appauvrissent », a admis Schuman, concédant au philosophe allemand d’avoir prophétisé la dégénérescence du capitalisme. Des propos que ne contredit pas l’étude faite en septembre par l’Economic Policy Institute de Washington ; selon le laboratoire d’idées étasunien, le revenu moyen d’un travailleur était en 2011 inférieur aux États-Unis à ce qu’il était en 1973. Évolution d’une société totalement inégalitaire, entre 1983 et 2010, 38,3 % de la croissance des richesses ont été accaparés par un petit pour cent de la population et 74,2 % par les 5 % les mieux lotis. Les pauvres sont ainsi engagés dans un processus de précarisation constant.

Mais Time magazine va encore plus loin en allant jusqu’à évoquer le retour de la lutte des classes. À vrai dire, on ne peut faire moins en voyant les travailleurs du monde entier exprimer une colère grandissante. « Marx avait prédit une telle issue. Les communistes affirment ouvertement que leurs buts ne pourront être atteints que par le renversement violent de l’ordre existant. Les travailleurs n’ont rien à y perdre que leurs chaînes. Il y a des signes qui montrent que les travailleurs du monde entier sont de plus en plus impatients. Des dizaines de milliers d’entre eux sont déjà descendus dans les rues de Madrid ou d’Athènes pour protester contre des mesures d’austérité qui ne font qu’empirer les choses », a écrit Michael Schuman, effrayé par la dégradation économique du Vieux Monde.

Mais les Américains peuvent encore dormir sur leurs deux oreilles, la révolution voulue par Marx semble être encore lointaine dans sa réalisation étant donné la faiblesse des organisations de travailleurs. La raison, selon un marxiste comme Jacques Rancière, professeur émérite à l’université de Paris VIII, s’explique par le fait que les dirigeants et les membres de ces organisations ne voudraient pas réellement renverser le capitalisme, mais simplement le réformer. Time magazine concluait cependant son article comme un avertissement : « si les politiciens ne sont pas suffisamment inventifs pour garantir l’équité économique au plus grand nombre, les travailleurs du monde entier ne pourront que ressentir le besoin de s’unir. Et Marx pourrait obtenir sa revanche ». Nous en prenons chaque jour un peu plus le chemin...

Capitaine Martin.


http://www.resistance-politique.fr/article-la-revanche-de-karl-marx-116722621.html

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L'effondrement économique frappe-t-il à nos portes?

Message  Silver Wisdom le Jeu 4 Avr - 8:26

Bonjour à tous,

L'effondrement économique frappe-t-il à nos portes?



Que ça soit l'effondrement de l'économie américaine ou européenne,
celle qui chutera entraînera l'autre avec elle et tout le reste de la planète.



Publiée le 3 avril 2013 par Simon Lapointe


Lorsque le processus d'émancipation du Système mute en un moyen de conservation de ce Système par la volonté
d'une stabilité et le maintien d'un pouvoir favorisant le contrôle du Système, l'asphyxie qui précède au désordre
s'installant acte autoritaire après acte totalitaire ne peut entraîner qu'une déflagration systémique à la fois prévisible
(attendue) et imprévisible (accidentelle).



Où tout cela va nous mener?
http://ledormeur.forumgratuit.org/t7-ou-tout-cela-va-nous-mener

Pour ceux désireux d'approfondir


Le Droit Naturel (Hegel) (1802-1803)
http://fr.calameo.com/read/000127172143c6ae04f52
Pour un complément d'information sur le vrai visage de l'économie américaine


Etats unis : bouclez votre ceinture et préparez-vous à l’effondrement économique
http://www.arcturius.org/chroniques/?p=7814

Bien Amicalement.

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Mahatma Gandhi

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Nous sommes incapables de faire quoi que ce soit pour éviter l’effondrement global..

Message  Silver Wisdom le Mar 3 Mai - 9:53

Nous sommes incapables de faire quoi que ce soit
pour éviter l’effondrement global...


Un système thermodynamique, comme notre économie industrielle,
est complètement dépendant de son « environnement ». Comme il se développe et intègre ce « dehors »,
il est obligé de stocker une entropie élevée à l’intérieur de lui-même...




Albert Jacquard a écrit:
(...) « Il nous faut tenter d'imaginer une autre humanité capable de tenir compte de deux évidences: d'une par la nécessité d'une gestion collective et raisonnable des richesses que la planète nous offre, d'autre part la nécessité de rencontres pacifiques et fécondes avec nos semblables; d'une part l'humanité dialoguant avec la Terre, d'autre part les humains dialoguant entre eux. Il se trouve que les structures politiques et sociales actuellement dominantes, celles de l'Occident, ne respectent ni l'une ni l'autre de ces exigences. Les cadeaux de la Terre sont accaparés par un petit nombre de bénéficiaires, sans que cette appropriation arbitraire, source d'un inexcusable gâchis, puisse avoir la moindre justification. Quand aux rencontres entre personnes, elles sont systématiquement placées sous le signe de la lutte, de l'opposition, de la compétition, ce qui vide de sa substance l'échange avec l'autre. » (...)

~ Un monde en crise (Serge Carfantan, Philosophie-Spiritualite)(Leçon 187) ~

Quarante ans après la publication des Limites à la croissance, nous découvrons que nous n’avons fait que suivre la trajectoire du scénario de base du livre, Business as Usual, et avec un degré de précision inquiétant. En fait, dans les intentions des auteurs, le scénario Business as Usual n’était pas une prévision, mais seulement un scénario parmi d’autres, utile pour analyser la façon dont le système fonctionne et les changements. Mais le monde réel lui-même a transformé ce scénario parmi d’autres en une prophétie authentique. Comment cela a-t-il été possible? Il se pourrait que nous n’ayons rien fait pour changer notre politique et notre l’économie, mais c’est difficile à croire. Au cours des 40 dernières années, nous avons vu un certain nombre de changements majeurs et tous étaient totalement imprévisibles au début des années 1970. Par exemple, l’effondrement partiel de l’Union soviétique, la montée de la Chine comme deuxième puissance planétaire, la mondialisation et la financiarisation de l’économie, Internet, l’euro et ainsi de suite. Les Meadows et leur équipe ne pouvaient pas avoir intégré tout cela dans leur modèle, tout simplement parce qu’ils ne pouvaient pas imaginer quelque chose comme ça. Nous sommes donc obligés de penser que de tels événements, caractéristiques de notre époque, n’ont été que des accidents marginaux dans l’évolution du système socio-économique mondial.


~ La théorie du Cygne Noir selon Nassim Taleb (FYI)(Septembre 2013) ~

Pour parvenir à une meilleure compréhension de cette question, je pense qu’il est préférable de commencer par examiner World3 lui-même. Dans un article, il y a quelques années, Ugo Bardi a montré que, derrière sa complexité, World3 a une architecture thermodynamique très basique. C’est un système qui accumule et stocke des informations, avec une rétroaction positive sur le flux interne. Plus le système est grand, plus il est capable d’extraire une faible entropie des puits et de jeter l’entropie dans les sources. En d’autres termes, le scénario Business as Usual décrit plus ou moins l’activité des bactéries à l’intérieur d’une boîte de Pétri. Tout d’abord, elles commencent à exploiter les meilleures ressources (par exemple le sucre), ce qui leur permet de se développer. Comme elles croissent, elles ont besoin de plus de ressources et elles commencent à digérer tout ce qui se présente et, en même temps, elles évoluent aussi vite que possible afin d’exploiter avec efficacité des ressources de plus en plus rares et pauvres. Cela jusqu’à ce que, à la fin, elles aient tout digéré et meurent. Maintenant, la question est : comment est-il possible qu’avec toute notre intelligence, la science et la technologie, nous agissions comme de la moisissure dans une boîte de Pétri? Et que dire de notre liberté de choix ?



L'Indigné du Canapé a écrit:
(...) Avec l’âge, vous allez apprendre d’autres valeurs sacro-saintes de votre société : Argent, État, Nation, Capitalisme, Libéralisme… Elles viendront prolonger celles que vous avez apprises avant. Mais ne remettent toujours rien en question. Vous ressentez peut-être au fond de vous une désapprobation pour l’amour du drapeau, ou de l’hymne, ou de cette idée de frontières, mais comment le conceptualiser ? Ces valeurs semblent éternelles, immuables, « normales ». Dans ce système, vous n’avez retenu qu’une seule leçon à retenir : « Ce qui est » est « ce qui sera ». Et cela vous effraie, vous vous sentez piégé. Désormais adulte, vous devez travailler pour vivre. Vous n’avez pas le choix. Autrement, vous êtes un rebut de la société, un parasite. Sans argent, vous n’êtes rien. Sauf que tout le monde ou presque manque d’argent autour de vous, bizarrement. Du coup, il y a deux catégories de personnes : les riens qui vivent sans plus, et les moins que rien qui survivent. Il y a ceux qui entrent dans les cases et qui s’en sortent et les autres. La possibilité de réellement changer le quotidien ne semble donnée à personne. (...)

~ De la fabrique à l'éveil des moutons : A la recherche du bonheur (L'Indigné du Canapé via Le Veilleur)(Décembre 2015) ~

En ce qui concerne la première question, je suggère qu’en 1970, au niveau mondial, le système socio-économique avait déjà dépassé la capacité de charge de la Terre. Mon idée est qu’un système peut avoir un certain degré de liberté, qui diminue de façon exponentielle quand il atteint ses limites. Cela signifie que, loin des limites, les systèmes peuvent changer leur trajectoire et que plus on est loin des limites, plus grands sont les choix possibles. Mais lorsque les impacts du système atteignent des limites, les changements physiques simples et brutaux deviennent la seule évolution possible et rien ne peut changer cela. Par exemple, un garçon peut choisir son travail. Bien sûr, il y a toujours des limites sévères en fonction de sa situation géographique, de sa situation économique et sociale, de sa culture et ainsi de suite. Mais les degrés de liberté sont de toute façon plus nombreux que zéro. Par exemple, il peut choisir d’être un soldat, un chauffeur de taxi, ou un employé. Mais, si un homme de 50 ans perd son emploi, la seule chose qu’il peut faire est de couper son pain en tranches aussi minces que possible. S’il était un employé, il n’aura jamais une licence de taxi ou il ne sera jamais enrôlé comme mercenaire en Libye.

Je suppose que mon hypothèse est compatible avec la physique et aussi avec les données historiques. Beaucoup, sinon toutes les civilisations qui se sont éteintes, ont disparu à cause des invasions étrangères ou lors d’un effondrement dans une trajectoire typique de la falaise de Sénèque. De nombreux historiens ont étudié ce phénomène étonnant: Vico, Toynbee, Spengler, Tainter, pour ne citer que les savants les plus éminents. Chacun d’eux a proposé un ensemble différent de causes pour les effondrements des civilisations, et tous les aspects importants ont été analysés. Peut-être que l’effet des structures dissipatives dynamiques est la physique sous-jacente de cet événement historiquement récurrent. Pour moi, cette hypothèse est aussi cohérente avec la sagesse antique. La mythologie et les récits épiques sont pleins d’exemples dans lesquels le héros a la possibilité de changer un destin défavorable, mais seulement alors qu’il (ou elle) est loin de le réaliser. Pour citer un exemple, Hector a eu trois fois l’occasion de mettre fin à la guerre de Troie, mais à chaque fois il a refusé de le faire, parce qu’il était en train de gagner et voulait la victoire totale. Il était sûr que la destruction de la flotte achéenne signifierait la fin des hostilités, mais nous savons que l’histoire s’est passé différemment. Il a finalement compris son erreur de calcul, mais à ce moment là, il était trop tard: Achille se tenait en face de lui.



Egon von Greyerz a écrit:
(...) Bien que tous les gouvernements dans le monde augmentent de façon exponentielle leur dette, personne ne s’est jamais posé la question quant à son remboursement. Et bien sûr, la dette ne sera jamais remboursée. Au lieu de cela, au cours des prochaines années, elle implosera au travers d’une vague de défauts souverains. Dans le même temps, tous les actifs qui ont été gonflés par cette dette imploseront également comme les actions, les biens immobiliers et les obligations. La prochaine fois, les banques ne seront pas sauvées par les gouvernements. Au lieu de cela, on assistera à un renflouement interne (Bail-in). Cela signifie que l’argent et les actifs des déposants seront utilisés pour sauver les banques. Mais puisque la plupart des banques ont un effet de levier de 20 à 50 fois ce qu’ils possèdent voire beaucoup plus si l’on prend en compte les dérivés, les actifs des clients ne seront pas suffisants pour sauver les banques. Par conséquent, je m’attends à ce que l’on assiste au plus grand programme mondial d’impression monétaire de tous les temps. Bien entendu, cette stratégie ne sauvera pas le monde, mais cela aura pour conséquence de provoquer une onde de choc hyperinflationniste dans premier temps qui sera ensuite suivi d’une implosion déflationniste. (...)

~ Se préparer à un effondrement économique mondial massif... (FYI)(Avril 2016) ~



Peut-être, à un niveau socio-économique, avons-nous une situation similaire : aussi longtemps que nous sommes en croissance, nous pouvons choisir de mettre fin à la croissance. Mais une fois que le dépassement arrive, nous ne pouvons que suivre la voie thermodynamique intrinsèque générée par le système. Habituellement, cela signifie une croissance supplémentaire entraînée par l’inertie du système, suivie d’un effondrement plus ou moins violent. Et c’est peut-être notre destin inévitable.

Jacopo Simonetta

~ Traduit par Herve Kergourlay pour Vers où va-t-on? ~

Source originale de l'article :
The world industrial system as bacteria in a Petri dish (Cassandra Legacy)(Avril 2016)


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