Le coût humain de la guerre contre le terrorisme

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Le coût humain de la guerre contre le terrorisme

Message  Silver Wisdom le Ven 15 Juin - 13:12

Bonjour à tous,

Le coût humain de la guerre contre le terrorisme
par Reza Pirbhai pour Counterpunch



Au début de la « guerre au terrorisme » le général étasunien Tommy Franks a déclaré :

« Nous ne comptons pas les corps ».

Il parlait bien sûr des morts afghans. Le fait que les noms des victimes du 11 septembre aient tous été dûment
gravés dans la pierre rend encore plus singulier le fait qu’on accorde si peu d’intérêt aux victimes civiles non étasuniennes ou non OTANniennes de la guerre menée en leur nom. De fait la guerre qui est actuellement
dans sa onzième année et au cours de laquelle deux pays ont été envahis et occupés, ainsi que le bombardement actuel d’au moins trois pays supplémentaires, n’ont généré aucune étude exhaustive des pertes directes ou indirectes.

Le fait qu’une guerre d’une telle envergure puisse faire rage si longtemps sans volonté officielle de faire la lumière
sur le nombres « des autres » tués, est révélatrice de la manière dont les états qui la mènent calculent le coût
de la guerre. Si la politique officielle est de ne pas les compter, cela signifie que les morts, les estropiés,
les disparus et les déplacés non étasuniens et non OTANniens ne font par partie de l’équation. Le fait que
cette politique ne semble pas être remise en cause par le public révèle une approche plus globalement préoccupante des « autres », en particulier des musulmans. L’ONU et quelques ONG essaient cependant d’établir des comptes dans le dédale des contextes locaux engloutis dans le conflit. En dépit de l’obstruction officielle et de l’indifférence publique, on commence à avoir un aperçu des conséquences meurtrières de ces guerres.



(...)
La propagande guerrière publie le décompte à l’unité près (2571) des pertes militaires des forces occidentales, mais passe sous silence les dizaines de milliers de civils tués. Même les organisations internationales, dont c’est le travail, ne font pas le décompte exact des morts et des blessés Afghans car ces gens-là ne comptent pas…
(...)


Hommage aux 1400 civils tués en Afghanistan en 2011
http://mondeenquestion.wordpress.com/2011/07/20/hommage-aux-1400-civils-tues-en-afghanistan-en-2011/
Pour commencer, en Afghanistan les études les plus souvent citées sur l’invasion de 2001 établissent
qu’environ 4000 à 8000 civils afghans sont morts dans des opérations militaires. Il n’y a pas de chiffres
pour 2003-2005, mais en 2006, Human Rights Watch a recensé un peu moins de 1000 civils tués
dans les combats. De 2007 à juillet 2011, la Mission d’assistance de l’ONU en Afghanistan (UNAMA)
évalue à au moins 10 292 le nombre de non-combattants tués. Ces chiffres, il faut le souligner,
n’incluent pas les morts indirectes et les blessés. On peut avoir une idée des morts indirectes
grâce à un article du Guardian -le meilleur reportage sur le sujet- qui établit qu’au moins 20 000 personnes
de plus sont mortes suite aux déplacements de population et à la famine causée par l’arrêt
de l’approvisionnement en nourriture rien que pendant la première année de la guerre.
De plus, selon Amnesty International, 250 000 personnes ont dû fuir dans d’autres pays en 2001
et au moins 500 000 ont été déplacées à l’intérieur du pays depuis.

Passons à l’Irak maintenant : Selon le projet Iraq Body Count (Compte des Corps Irakiens) environ 115 000 civils ont été tués dans les tirs croisés de 2003 à août 2011. Mais selon l’étude de la santé familiale en Irak de l’Organisation Mondiale de la Santé, le chiffre se monterait à 150 000 rien que pour les trois premières années d’occupation. Avec les morts indirectes, cela ferait, selon le rapport Lancet, environ 600 000 morts pour cette période. De plus, une étude d’Opinion Research Business estime qu’il y a eu, avant le milieu de l’année 2007, un million de morts violentes. Qui plus est, le Haut Commissaire de l’ONU pour les Réfugiés fait état d’environ deux millions d’Irakiens déplacés dans d’autres pays et deux millions de plus déplacés à l’intérieur du pays depuis 2007. Il n’y a pas d’information précise sur les morts indirectes ni les blessés mais l’effondrement indéniable du système de santé irakien et des infrastructures en général (les meilleurs de la région avant 1991) suggèrent que leur nombre est au moins aussi catastrophique.



Les trois études sérieuses sur les morts civiles iraquiennes,
depuis le début de l’agression des Etats-Unis et de la Grande-Bretagne, ont été faites à partir d’entretiens
réalisés par des chercheurs en Irak, auprès d’un nombre de foyers représentatifs de la population.
Certaines zones n’ont pu être « sondées » pour des motifs de sécurité ou par l’absence d’autorisation des autorités. Les chiffres représentent des projections, à l’inverse de Irak Count Body, et il faudra certainement attendre la paix
pour connaître plus précisément ce que cette guerre illégale à « coûter » au peuple Iraquien.


Guerre d’Irak entre 400 000 et 1 033 000 morts pour la démocratie et la Liberté ?
http://armerdesarmer.wordpress.com/2010/11/05/guerre-dirak-entre-400-000-et-1-033-000-morts-pour-la-democratie-et-la-liberte/
En plus des deux états sous occupation, la « guerre contre le terrorisme » s’est étendue à un certain nombre
de pays voisins comme le Pakistan, le Yémen et la Somalie. Les premières armes déployées dans ces endroits
ont été les « drones » étasuniens, des groupes d’opération spéciale, des agents des services secrets et les forces armées/gouvernementales des pays concernés. Etant donné la nature extra-judiciaire et clandestine de ces théâtres d’opération, il est difficile de comptabiliser les pertes en l’absence de données indépendantes. A vrai dire, on a le même problème en Afghanistan et en Irak mais tout le monde s’accorde à dire que le nombre de drones utilisés au Pakistan, Yémen et Somalie est en hausse. A ce jour, selon le Bureau du Journalisme d’Investigation,
il y aurait eu au moins 357 frappes au Pakistan entre 2004 et juin 2012 (plus de 300 sous l’administration Obama).
Au moins 2464 personnes ont été tuées dont au moins 484 civils (168 enfants). Le Washington Post
y ajoute 38 frappes qui ont causé 241 morts (56 civils) au Yémen. Il n’y a pas de chiffres pour la Somalie
mais le New York Times confirme que ce type d’opération y est mené depuis 2007 au moins.

Les officiels ou citoyens ordinaires partisans de la guerre se hâteront de rétorquer que beaucoup des chiffres
cités dans cet article concernent des morts civiles dont sont responsables des combattants ennemis.
Mais comment peut-on le savoir quand les données sont si incomplètes ? Et, comme cela a été mis en lumière pendant la campagne de « drones », comment peut-on distinguer les civils des combattants quand les assassins
de ces derniers sont aussi leurs juges ? En vérité, même en tenant compte de ces réserves, ces attaques font
du gouvernement étasunien un des gouvernements qui a commis le plus « d’assassinats ciblés », selon sa propre expression, de l’histoire. Qui plus est, comme l’a indiqué un des représentants de UMANA à propos de leur étude,
« Lorsque nous doutons du statut de non-combattant d’une ou de plusieurs victimes, nous ne les incluons pas au nombre des victimes civiles. Et donc il est fort possible que le nombre des victimes rapporté par UMANA
soit sous-estimé. » En fait tous ceux qui font de telles études reconnaissent avoir ce type de problème.

Si on essaie de rassembler ces données éparses, on arrive à un minimum de 140 000 victimes civiles non étasuniennes et non OTANiennes. Et facilement à un maximum de 1 100 000.

Ce qui donne 14 000 à 110 000 morts par an.

Pour mieux se rendre compte de ce que cela représente, il faut se rappeler que le « Blitz » nazi sur l’Angleterre pendant la Seconde Guerre Mondiale a fait 40 000 morts civiles. Il faut aussi se rappeler que dans cette fourchette d’estimation, ne sont pas comprises les victimes directes d’Afghanistan de 2003 à 2005 ni les victimes indirectes
de 2003 à nos jours. Par ailleurs, les morts civiles causées par autre chose que les drones, comme les disparitions
et les détentions secrètes, ne sont comptabilisées nulle part et les pertes résultant des campagnes militaires
de commanditaires (comme les gouvernements du Pakistan et du Yémen) ne sont pas répertoriées. Le nombre des blessés, des orphelins, ou des gens privés de leurs droits, sans compter le nombre de ceux qui ont été torturés dans des prisons publiques ou privées du monde entier, n’est pas mon plus pris en compte. Et enfin les souffrances des millions de personnes déplacées d’Afghanistan, d’Irak, du Pakistan et d’ailleurs sont incalculables.

Les chiffres que nous venons de vous présenter, même s’ils sont tragiquement incomplets, expliquent pourquoi les officiels des Etats-Unis et de l’OTAN refusent de les établir. Prendre en compte le stupéfiant coût humain de la
« guerre contre le terrorisme » les forcerait à reconnaître que le « terrorisme » n’est pas à sens unique
et que les états, et non les milices, détiennent les armes les plus meurtrières. Le choix du général Franks
de ne pas compter les cadavres est révoltant mais pas surprenant. Le fait que le manque d’intérêt des opinions publiques des Etats-Unis et des pays de l’OTAN fasse écho au sien démontre qu’un consensus (fabriqué ou non)
très étonnant règne dans les populations au moins en ce qui concerne ces victimes musulmanes.
Rien d’autre que cette indifférence du public et des officiels ne peut expliquer l’absence d’études exhaustives
sur les pertes civiles surtout lorsqu’on pleure les près de 3000 civils morts le 11 septembre et au nom desquels
la « guerre contre le terrorisme » continue de se déchaîner.

Source
Le coût humain de la guerre contre le terrorisme
http://mecanoblog.wordpress.com/2012/06/14/le-cout-humain-de-la-guerre-contre-le-terrorisme/#more-8719
Traduction : Dominique Muselet pour Le Grand Soir

Article original
Body Counts
http://www.counterpunch.org/2012/06/08/body-counts/

Articles recommandés (sauf si vous les avez déjà lus!)
Obama admet enfin l'emploi de drones d'attaque au Pakistan et en Afghanistan
http://ledormeur.forumgratuit.org/t440-obama-admet-enfin-l-emploi-de-drones-d-attaque-au-pakistan-et-en-afghanistan#829

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Les vraies victimes du terrorisme

Message  Silver Wisdom le Mer 6 Mar - 15:02

Bonjour à tous,

Les vraies victimes du terrorisme


Le cri d'Evard Munch

Il parait que le terrorisme c’est fait pour terroriser. Ce serait même une lapalissade.
Malgré tout, sans aller jusqu’au niveau de Charles Pasqua qui, lui,
voulait terroriser les terroristes, j’avoue que ça ne me fait pas peur.


Et il y en a beaucoup comme moi. Je crois même que nous représentons une très large majorité en France. Est-ce par bravade ?
Par inconscience ? Par courage ? Rien de tout ça. Il eut fallu, pour cela, qu’il y ait un réel danger. Ce qui n’est pas le cas, si l’on se réfère
à ce que nous voyons et vivons tous les jours. Il y a un gouffre entre la réalité de notre vie quotidienne et le discours ambiant qui lui,
est construit autour d’une impression de danger permanent. Malheureusement la peur est plus le fruit de l’imaginaire que du monde réel.
C’est d’ailleurs sa raison d’être, celle de prévenir, avant que les choses ne se concrétisent. Mais en toute chose l’excès est nuisible.
Une peur irraisonnée, qui dépasse sa fonction de sauvegarde et de protection, peut mener à la destruction. Il n’est pas besoin d’aller
chercher Freud ou les grands philosophes pour avoir conscience de cela. Un des piliers de l’éducation des enfants est la gestion
de ses peurs par l’apprentissage de l’analyse de ce qui se passe autour de lui. La société actuelle semble avoir oublié
que ces sentiments doivent être maîtrisés, voire domptés, pour qu’ils remplissent pleinement leurs fonctions.

Au contraire, on a tendance à les magnifier et à en considérer
l’excès comme des supra qualités. Celui qui n’a pas peur devient un irresponsable,
un inconscient ou un « malade ». Il peut même être considéré comme dangereux,
mettant ses concitoyens en danger.


Les marchands de peur – et ils sont nombreux – applaudissent. Ils sont en terrain fertile. Une rumeur adroitement lancée,
un évènement commenté de la bonne manière, une idée suggérée au bon moment… et le phénomène prend comme un feu de paille.
Ça marche à tous les coups. Il n’y a plus qu’à l’exploiter. Que plus tard, les faits démentent le discours initial, cela n’aura aucun impact.
Car la peur a ceci de particulier : elle empêche de réfléchir et d’analyser sereinement, tant qu’on est sous son influence.
C’est ce qui se passe dans le cas du terrorisme.



Pourtant les chiffres, même manipulés, parlent d’eux-mêmes. Toutes les télévisions, toutes les radios, tous les journaux,
toutes tendances confondues, nous rapportent quotidiennement les attentats et massacres commis dans le monde.
Depuis 10 ans, il ne se passe pas un jour sans qu’un acte terroriste ne soit perpétré ici ou là.
Chacun de ces actes est revendiqué force vidéos, communiqués et menaces en tous genres.

Ces menaces ont toutes une cible : nous.
Les auteurs de ces actes, les terroristes, ont un ennemi : nous.


Dans leurs communiqués, leur but est clair : frapper l’Occident. Il est vrai qu’avec une telle hargne, une telle détermination
aussi clairement orientée, il y a de quoi s’inquiéter et même en avoir la chair de poule. Au mieux, pour se rassurer quelque peu,
on pourrait se dire que tout ça c’est du bluff. Que non. Tous les jours les médias du monde entier se chargent de nous prouver
que ce n’en est pas un. Leurs vidéos et leurs articles nous étalent toute l’horreur du terrorisme, y rajoutant parfois quelques mains
ou têtes coupées au nom de lois barbares dont se réclament les auteurs de ces crimes.
Car il s’agit aussi de cela : les terroristes, à l’international, sont tous musulmans et le revendiquent haut et fort,
au point que même les plus sourds ne peuvent que l’entendre. Ce serait donc des musulmans qui s’attaqueraient
à l’Occident et à ses valeurs. Il ne s’agit pas de tous les musulmans, bien sûr, s’empresse-t-on de préciser, mais,
il faut bien le reconnaître, tous ceux qui s’en prennent à nous sont musulmans.

Ces dangereux terroristes ont tout de même réalisé sur notre sol, depuis le début du siècle, trois attentats : Word Trade Center,
Londres et Madrid. Trois attentats ? Et les plus de 20 000 autres alors ? Oui depuis 2003, il y a eu, non pas 3, 100 ou 1000 attentats,
mais plus de 20 000. Les comptes sont rigoureusement tenus à jour, par ceux-là mêmes qui veulent montrer la dangerosité
et la détermination de l’ennemi. Seulement voilà, l’ennemi ne s’en prend pas à nous. Ses actions sont dirigées vers quelqu’un d’autre.
Sans même s’appesantir sur le flou entourant les 3 attentats cités plus haut, on peut considérer que la cible des terroristes,
dans leurs faits et leurs actes, ce sont les musulmans eux-mêmes.

Sur les 5 dernières années, il y a eu un peu plus de 10 000 attentats
et actes de terrorisme « islamique » ailleurs qu’en occident,
avec à la clé plus de 50 000 morts et plus de 90 000 blessés, tous musulmans.


Pendant ce temps, en Europe et aux Etats-Unis, c’est presque le calme plat. En Occident, il y a plus de morts dans les fusillades
dans les écoles ou par règlement de compte que du fait du terrorisme ; avec une exception, si l’on peut dire, celle de Mohamed Mérah.
Mais était-ce vraiment une exception, quand on sait que c’était sous Sarkozy, et que la France se devait, elle aussi,
d’avoir son 11 septembre de Bush, son Londres de Blair ou son Madrid de Aznar ?
Et même dans ce cas, certaines des victimes « avaient l’air musulman », selon la propre expression du chef de l’état.



Les morts et les blessés sont donc musulmans.
Le terroriste, pour embêter l’occident, prend tranquillement
le chemin du souk le plus proche et déclenche sa bombe
tuant le maximum de civils enturbannés ou voilés.
C’est ça la haine contre l’Occident.


C’est en tout cas ce que l’on veut nous faire croire. Il en est même qui s’organisent pour attaquer l’armée d’un pays pour punir
ce pays ou ses dirigeants. Punir de quoi ? On trouve toujours. Mais c’est toujours pour lutter contre la civilisation du bloc occidental,
remplacer ses églises par des mosquées et ses lois par la charia. Rien que ça. Puisque les victimes tombent dans une guerre menée
contre les Etats-Unis, la France ou le Royaume Uni, pourquoi ne sont-elles pas honorées dans ces pays dans lesquels, pourtant,
on est prompt à commémorer le moindre bobo ? C’est même le contraire qui se passe. On nie aux victimes jusqu’à leur nature de victimes.
Ce ne sont pas eux qui sont visés. Ils seraient morts par erreur. Ainsi, au mois d’Août dernier, quand un groupe, inconnu jusque-là,
a attaqué les gardes-frontière égyptiens, tuant 16 d’entre eux et en blessant de nombreux autres, l’Egypte n’était pas concernée.
C’était Israël qui était visé. Où sont les morts ou blessés israéliens ? Il n’y en a pas, bien sûr, mais quelle importance ?
Ce ne pouvait être qu’Israël la cible. Pendant des années on nous a expliqué de toutes les façons possibles que tous les terroristes
cherchaient par tous les moyens la destruction d’Israël. Comment expliquer qu’aujourd’hui où des djihadistes pullulent dans le coin,
faisant sauter tous les souks, bazars et édifices des pays environnants, il n’y en ait pas un seul qui ait traversé la frontière
pour aller mourir en martyr en Israël ? Ca ne semble pas les intéresser. Leur vindicte est dirigée contre leurs coreligionnaires.

Qui sont donc ces gens qui nous menacent et sévissent ailleurs ?
Qui sont ces terroristes qui sont un fléau à nos yeux
et qui ne présentent de dangers que pour les autres ?


Les réponses à ces questions semblent de plus en plus évidentes. A tel point que l’on peut presque prévoir l’endroit où ils séviront demain.
On a fini par remarquer qu’ils devancent toujours les occidentaux de quelques mois dans les lieux où des bases militaires
ou autres Africom sont nécessaires. Aucune intervention n’est désormais possible sans leur présence anticipée,
même dans des lieux improbables dont ils n’avaient jamais entendu parler de toute leur vie de terroristes.
Si un jour on parlait d’un groupe islamiste dans une île du Pacifique, la question qui se posera alors portera plutôt
sur les rapports entre le gouvernement de cette île et le gouvernement des Etats-Unis.

Pourquoi alors avoir peur ? Pourquoi redouter une menace qui n’existe pas ? Même quand les autorités rehaussent
les niveaux d’alerte selon les besoins du moment. Même si, de temps à autre, on procède à quelques arrestations de personnes
que l’on avait gardées bien au chaud en attendant le moment le plus approprié pour procéder à ces arrestations.
Les « terroristes » à l’intérieur sont devenus des instruments politiques en quelque sorte.
Leur mode d’emploi est fort simple : leurs semblables, ou ceux que l’on peut considérer comme tels, font ce qu’il faut à l’extérieur,
on s’en sert ensuite pour gérer les opinions à l’intérieur.

Et ça marche. Ca a toujours marché et ça marchera encore, malheureusement.
Pendant ce temps, des milliers de gens vont continuer à mourir dans le monde,
juste pour entretenir notre peur, avec les réactions qui vont avec.


Avic
Source de l'article
Les vraies victimes du terrorisme
http://avicennesy.wordpress.com/2013/02/26/les-vraies-victimes-du-terrorisme/

Pour info


Avicenne était un philosophe, un écrivain, un médecin et un scientifique persan.
Il s'intéressa à de nombreuses sciences, notamment l'astronomie, l'alchimie, la chimie et la psychologie.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Avicenne
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Reportage : Uranium appauvri en Irak, des générations détruites pour des millions d'années

Message  spread-the-truth777 le Lun 29 Avr - 17:27


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Irak : la guerre la plus « humaine » de l’histoire

Message  Résistance le Mer 11 Sep - 22:22



Smaïl Hadj-Ali nous a transmis un article pour publication sur le site de Résistance. Le texte a été écrit en 2006. Il fait le point sur l'invasion étasunienne en Iraq après trois ans d'occupation. Le lien avec l'actuelle situation syrienne est évident, en ce sens qu'il montre que l'impérialisme fera de la Syrie ce qu'il a fait de l'Iraq : un champ de ruines et un désastre, tant humain que politique…

Le comité rédactionnel de Résistance remercie l’auteur pour la confiance qu’il nous accorde ainsi que pour sa brillante démonstration.


L’Armée-État d’Israël se bat pour la démocratie et « une proposition de paix totale » contre les Palestiniens et les Libanais. Ses guerres, chacun le sait, lui sont imposées et ne sont que « légitime défense ». En 2003 en Iraq, les États-Unis d’Amérique étaient guidés par les mêmes nobles objectifs... Retour sur la « guerre la plus humaine de l’histoire ».

Ils nommèrent l’opération « Spectre et effroi ». Motivations : détruire les armes de destruction massive, montrer la connexion du régime avec Al Qaïda, instaurer la démocratie. Ils ont fait tout faux. Erreur. Dès le début, ils savaient que tout était faux.

Trois années d’invasion-occupation plus tard, qu’est-ce que l’Irak sinon une infinie flaque... de sang, un corps déchiqueté sur un interminable champ de ruines ? Un pays où se ramassent à la pelle des corps qui n’en sont plus, et où la nuit venue dansent, au rythme des Top 50 des bouquets satellites dans des campements-supermarchés retranchés, cent quarante mille « boys » bourrés, c’est selon, de préjugés, de mépris, d’arrogance, d’ignorance crasse, de bonne conscience, d’alcool et de drogues ? On leur a dit, dès le début : « Vous êtes là pour libérer l’Irak. Vous menez un combat pour la naissance d’un pays ».

Pauvre Mésopotamie, te faire naître, toi qui les as mis au monde.

Aujourd’hui, après le délire métaphysique de la victoire, certains d’entre eux, de retour au pays, regardent, qui leurs jambes débitées, qui leurs bras charcutés. Ils ne pourront plus danser, mais savent qu’un jour ceux qui dansent encore dans ces camps bunkérisés subiront le même sort. D’autres, physiquement indemnes, dansent quotidiennement avec le suicide ou la détraque. C’est leur unique horizon.

D’horizon, les Irakiens n’en ont plus, alors que l’horreur d’une guerre civile interreligieuse dans laquelle aucun Dieu ne reconnaîtra les siens est déjà là. Danser. C’est aussi ce que firent, de joie démocratique, il y a trois ans devant leur écran TV, le jour où Bagdad fut prise, nombre d’intellectuels, de politiciens et autres experts en fripouilleries et bas stratagèmes politico-médiatiques. Ils ont dansé, disaient-ils, par « solidarité » pour ces pauvres Irakiens écrasés par un régime dirigé par un tyran « fou de sang et d’orgueil », avec lequel leurs puissants pays, mine de rien, ont commercé, échangé, comploté des années durant, en se souciant comme d’une guigne de la terreur, de la torture et des meurtres dont était victime l’élite progressiste et démocratique de ce pays.

Quelle issue aujourd’hui pour un peuple prisonnier d’une guerre totale entre une puissance impériale prédatrice et les terroristes de l’ordre théocratique qui, fanatisés par une idéologie infrahumaine, libèrent chaque jour leurs pulsions criminelles, au lieu de leur pays, en pulvérisant d’explosifs des dizaines de paisibles gens ? Ces danses macabres rythmées par les canons des chars démocratiques étaient les prémices, nous disaient ces esprits sérieux, de jours meilleurs, d’une ère radieuse : « l’Irak est une immense chance pour les Arabes », « Pour une fois qu’un pays arabe va devenir démocratique, il faut être optimiste ». Optimiste, la belle affaire. « ...La situation demeure grave en Irak, mais je suis « optimiste ». Ainsi parlait le chorégraphe en chef de ce ballet mortifère, George W. Bush, le 22 février 2006, au lendemain de l’attentat contre le mausolée chiite de Samara.

Trois années plus tôt, ou presque, le 17 avril 2003, Richard Myers, chef d’état-major interarmes, exprimait également son optimisme lors de la chute de Bagdad : « C’est la guerre la plus humaine de "l’Histoire"». En déclarant que cette tempête de feu, de fer et de sang, de corps brûlés, démantibulés, de vies ravagées était « la guerre la plus humaine de l’Histoire », le général, probablement bon père de famille, peut-être même amateur d’opéra, de poésie et de barbecue, ne savait peut-être pas qu’il venait d’inventer l’oxymoron de la terreur absolue et du crime de guerre banalisé. Il nous disait que cette guerre est humaine, parce qu’elle est USaméricaine. Qu'USaméricaine, elle ne peut qu’être humaine.

Nous savons maintenant que chaque guerre que les USA déclencheront sera une manifestation d’humanité. Qu’importent le carnage absolu de dizaines de milliers de personnes, le déferlement et le largage de milliers de tonnes de bombes et de feu, les humiliations, les tortures, les dévastations, les destructions inouïes de violence, l’ensauvagement du quotidien, la livraison des villes et des musées aux pillards encastrés, encadrés, comme de nombreux journalistes le furent, par une armée formée pour partie de soudards et de paumés, désaffiliés pour certains, détraqués pour d’autres, et de mercenaires en quête de la « green card », que de nombreux, rappelons-nous, reçurent six pieds sous terre.

Dans cet  enfer moderne, allumé par cette lâche hyper puissance, comment ne pas associer l’obscène formule du général au sort et à l’avenir disloqués du petit Ali Ismaïl. Un gamin devenu, malgré lui, la proie des médiatisations les plus infâmes, et l’objet de la compassion d’un premier ministre britannique soudain attentif aux malheurs que cette guerre à bout portant avait provoqués. L’hyper médiatisation de la bonne conscience des fauteurs de guerre passée, que faut-il retenir du malheur indicible et indélébile de cet enfant, sinon que sa vie entière sera la synthèse d’une guerre qui s’est incorporée, incrustée, cristallisée pour toujours dans son corps physique et social.

Mutilé, réduit, ce corps prothétique exprime-t-il autre chose que l’extrême « brutalisation » de cette guerre ? En ce sens, cette guerre participe pleinement à un retour à l’état de nature, à une « bestialisation », à un ensauvagement des rapports sociaux et humains.

Pendant l’agression coloniale de l’Algérie, Alexis de Tocqueville, théoricien de la démocratie et polémologue du libéralisme, déclarait : « Le second moyen en importance après l’interdiction du commerce est le ravage du pays. Je crois que le droit de la guerre nous autorise à ravager le pays et que nous devons le faire ». Si les temps et les technologies ne sont plus les mêmes, les méthodes et l’état d’esprit, à quelques nuances près, demeurent et ont encore de l’avenir.

Smaïl Hadj-Ali

http://www.resistance-politique.fr/article-irak-la-guerre-la-plus-humaine-de-l-histoire-120005553.html

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L’Irak depuis l’intervention étasunienne : une décennie mortifère

Message  Résistance le Dim 3 Nov - 20:23



Dix ans ont passé depuis l’invasion de l’Irak par les États-Unis. Le moins que l’on puisse dire, c’est que les objectifs officiels de l’époque, à savoir la libération du peuple irakien de l’oppression de la dictature de Saddam Hussein pour en faire un pays moderne et démocratique, ont lamentablement échoué. Pis, c’est chaque jour un peu plus le chaos dans un pays en ruine.  

Les chiffres parlent malheureusement d’eux-mêmes. Ce sont ainsi plus de 4.700 personnes qui ont perdu la vie dans des attentats depuis le début le l’année. 638 victimes sont à inscrire sur le compte du seul mois d’octobre. Personne n’est en mesure de déterminer exactement combien de personnes ont été tuée en Irak depuis l’invasion étasunienne. Selon une enquête menée conjointement par le gouvernement iraquien et l’Organisation mondiale de la santé, 151.000 Irakiens seraient morts de mort violente entre mars 2003 et juin 2006. Les Nations-Unies ont confirmé qu’en 2006 (dernière année où les données sont réputées fiables), au moins 35.000 personnes avaient été tuées.

Dix ans ont passé. Les media occidentaux semblent avoir perdu tout intérêt pour l’Irak, se concentrant sur des sujets plus consensuels ou attrayants. Entre les rives du Tigre et de l’Euphrate, au cœur du Moyen-Orient, une longue et laborieuse transition démocratique est en train de prendre forme depuis la fin officielle de la guerre, le 1er mai 2003.

Un parcours non sans obstacles tant sont nombreuses les contradictions de l’Irak moderne. Le pays est divisé par une guerre civile féroce entre fractions sunnites et chiites. La violence s’est intensifiée après que les forces de sécurité ont violemment réprimé le 23 avril dernier une manifestation sunnite contre le gouvernement, provoquant la mort de dizaines de personnes. Cet épisode a provoqué la réaction des sunnites, qui se sentent marginalisés par le gouvernement chiite. Les milices d’al-Qaïda tentent de tirer profit de la situation, ce qui touche par ricochet le gouvernement.

Les forces d’intervention étasuniennes n’ont jamais vraiment réussi à stabiliser la situation, allant parfois jusqu’à s’engager dans des opérations contraires au droit des conflits armés. Elles ont ainsi utilisé en novembre 2004 des armes chimiques lors de l’assaut de la ville de Falloujah, considérée par les troupes américaines comme un bastion d’insurgés sunnites. Un an plus tard, une folle équipée de Marines tuaient à Haditha vingt-quatre civils irakiens sans défense. Difficile d’apparaître dans ces conditions comme des libérateurs animés des plus nobles sentiments…

Ni les États-Unis, ni même les Nations-Unies n’ont porté un intérêt suffisant à l’actuel gouvernement irakien du Premier ministre Nouri al-Maliki, rongé par la corruption, par la répression et par la longue série de violations des droits humains. Les forces de police, contrôlées par les ministères de l’intérieur et de la défense, sont intervenues massivement entre la fin 2011 et mars 2012 avant un sommet de la Ligue arabe à Bagdad, et ont arrêté des centaines de personnes manifestant contre le gouvernement comme une mesure pour prévenir d’éventuels attentats terroristes. L’ONG étasunienne Human Rights Watch a critiqué très sévèrement dans son rapport annuel le nouvel Irak, l’accusant de devenir un état policier. Plusieurs détenus ont même témoigné avoir été torturés.

Rien d’étonnant à ce que la peine capitale soit dans ce contexte un sujet brûlant. Au moins 125 personnes ont été exécutées depuis le début de l’année ; quarante-deux l’ont été la semaine où on a célébré la journée mondiale contre la peine de mort. Amnesty international fait notamment remarquer qu’en violation des normes internationales, la loi institue la peine de mort pour certaines infractions dont on ne peut considérer qu'elles entrent dans la catégorie des crimes les plus graves, notamment l'enlèvement n'entraînant pas la mort. La peine capitale est ainsi devenue pour le gouvernement un moyen d’asseoir sa mainmise sur le pays.

Le bilan qu’on peut tirer de ces dix années en Irak ne peut être que négatif. L’intervention étasunienne n’a pas apporté que la misère et et la corruption. Il n’y a pas un eu un jour depuis 2003 sans que le pays ne perde une vie des suites des violences terroristes. Si c’est ça le modèle de démocratie que l’Occident s’évertue à exporter depuis des décennies, il n’y a vraiment pas de quoi s’émerveiller tant l’échec de ce système politique, économique et social, est patent.

Capitaine Martin

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