L'hypocrisie de la Diplomatie Française au Moyen Orient...

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

L'hypocrisie de la Diplomatie Française au Moyen Orient...

Message  Silver Wisdom le Mar 13 Oct - 11:30

L'hypocrisie de la Diplomatie Française au Moyen Orient...

Manuel Valls a amené Jean-Yves Le Drian et Laurent Fabius dans ses valises.
Un chef de gouvernement accompagné de ses ministres de la Défense et des Affaires étrangères,
est, déjà en soi, signe de l’importance du voyage...




Jacques Marie Bourget a écrit:
(...) Les hommes d’Obama n’ont pas manqué de signaler que, dans l’affaire Ali Mohamed al-Nimr, Paris avait publié un communiqué dans lequel il rappelait « réprouver, partout dans le monde, la mise en œuvre de la peine de mort ». Ce qui constitue un service minimum, lorsqu'un gosse de 20 ans, condamné à avoir la tête tranchée, puis son cadavre crucifié, pour avoir osé protester contre la condamnation de son oncle à la peine capitale. Tout cela étant en fait le bon remède local, celui du palais, pour faire taire « l’opposition » chiite. Il fallait donc que Manuel, Laurent, Jean-Yves et les autres se précipitent avec leurs salamalecs les plus astiqués aux pieds de Salman, roi et dictateur. Dans un article du Monde l’auteur cite « un homme d’affaires saoudien » qui, dit notre confrère, promet « des milliards de nouveaux contrats ». Secret de polichinelle, chacun sait que la source favorite du quotidien du soir n’est autre que le fils d’Adnan Khassoghi, célèbre marchands de canons, et que son avis n’est que sable qui coule entre les doigts. Avant de rêver de vendre à Riyad des centrales nucléaires, des TGV ou des usines d’autos, il fallait donc, d’abord, finaliser les promesses faites lors des épisodes précédents. (...)

~ Valls, Le Drian et Fabius à Riyad, chez les coupeurs de têtes (Mondafrique)(Octobre 2015) ~

En Egypte, le Premier ministre a finalisé la vente des deux navires de guerres Mistral. Initialement destinés à la Russie, ils ont été cédés pour un prix avoisinant un milliard d’euros. Rachid Nekkaz, homme d'affaires et militant politique algérien a accepté d'analyser ce voyage pour RT France. Et pour lui, le revirement concernant les Mistral a une explication toute simple : « Washington a eu raison de François Hollande. Dans le cadre de la crise ukrainienne, les Etats-Unis ont fait pression sur la France afin qu’elle ne vende pas ces navires à Moscou. Voyez-vous, Paris n’est plus dans un rôle de modérateur entre grandes puissances comme elle pouvait l’être du temps de De Gaulle. Aujourd’hui, la France est dans une position totalement atlantiste, calquée sur la politique étrangère de Washington. » Il fallait donc trouver un autre client et puisque l’Egypte était déjà friante de Rafale, pourquoi ne pas lui vendre les Mistral. Les affaires semblent d’ailleurs aller bon train entre les deux pays. L’extension du métro du Caire et la livraison de satellites de communication ont été discutés.



Olivier Bories (L'Obs) a écrit:
(...) Dans ces conditions, la France se devait de refuser la livraison des Mistral, des navires “destinés à la projection de forces”, rappelle Laurent Fabius. L’Egypte n’est pourtant pas non plus pas exempte de tout reproche dans ce même domaine des interventions extérieures. Depuis le mois de mars, le gouvernement égyptien a officialisé sa participation à la guerre menée au Yémen par l’Arabie Saoudite et d’autres pays du Golfe. L’Egypte n’a certes pas annexé une partie du territoire yéménite, (Hein ? Le Yémen annexé par l’Egypte ?) mais elle est partie prenante de ce conflit qui provoque un désastre humanitaire. Rien ne garantit que les Mistral, dont au moins un devrait être en mer Rouge, ne seront pas utilisés dans le cadre de cette guerre, où plus de 4.500 personnes ont trouvé la mort. (...)

~ Les Mistral vendus à l’Egypte : Sissi vaut-il vraiment mieux que Poutine ? (Les Crises.fr)(Octobre 2015) ~

Dans le royaume, il a été question de Syrie plus que de chèques. Manuel Valls a abordé la question des réfugiés. Pour rappel, quelques 630 000 syriens vivent aujourd’hui dans ce pays de 6,5 millions d’habitants. C’était aussi l’occasion de parler stratégie. La Jordanie héberge une partie des avions de combat français engagés contre Daesh. Le royaume, comme celui des Saoud, souhaite activement le départ de Bachar el-Assad et prône le soutien aux rebelles «modérés». Une position partagée par la France. Mais est-ce une bonne stratégie ? Rachid Nekkaz n’est pas de cet avis : « Le plus important, c’est de tenir compte du rapport de force sur le terrain. Nous ne sommes plus en 2013. Le plus grand problème n’est pas Assad mais bien l’Etat islamique. Pour le vaincre, il faut une grande coalition incluant les Etats-Unis, l’Europe mais également les pays frontaliers qui accueillent les réfugiés des guerres de la zone depuis des dizaines d’années. La France ainsi que la Jordanie et l’Arabie saoudite devraient revoir leur position. Dialoguer avec Assad, lui permettre de quitter le pouvoir par la grande porte et préparer la transition me semble être une bonne solution. »


~ Arabie Saoudite, Théâtre de Dupes, Stratégie planétaire... (ThinkerView via FYI)(Octobre 2015) ~

La dernière étape du voyage se situe à Riyad. La déléguation française assistera notamment au colloque économique franco-saoudien. Une aubaine pour de possibles ventes d’armes, espèrent la délégation française. Il est notamment question de navires de guerre, d’équipement de renseignement et d’hélicoptères d’Airbus. Le groupe Areva espère même convaincre le royaume d’acheter des réacteurs nucléaires de type EPR. Question diplomatie, Manuel Valls devrait demander un geste de grâce pour le jeune chiite Ali al Nimr. Condamné à être pendu puis crucifié pour avoir osé manifester contre le régime, son sort continue d’émouvoir à travers le globe. Mais il apparaît probable que le Premier ministre reste timide sur le sujet des Droits de L’Homme, histoire de ne pas froisser un partenaire économique si important. « J’ai été un des seuls hommes politiques musulmans à dénoncer la présidence saoudienne au panel du Conseil des Droits de l'homme de l'ONU. Mais il ne faut pas rêver. La France est dans une situation économique difficile. Elle ne peut pas se permettre de se priver d’un acheteur tel que Riyad. De plus, comme évoqué précédemment, depuis la présidence de Sarkozy et maintenant avec Hollande, Paris est inféodé à Washington. Si l’Arabie saoudite s’entend bien avec les Etats-Unis, alors la France fait de même » explique Rachid Nekkaz.

Globalement, le militant politique algérien se montre très critique envers ce voyage qu’il juge aberrent : « Je trouve extraordinaire qu’un Premier ministre qui participe à la stigmatisation des musulmans dans son propre pays aille chercher leur aide au Moyen-Orient pour leur faire acheter ses produits. Si la France veut jouer un rôle là-bas, qu’elle cesse cette schizophrénie. On ne peut pas, d’un côté ne pas respecter la liberté de culte des musulmans comme avec la loi sur le port du niqab et de l’autre, espérer leur vendre des armes. »

RT France

Source de l'article :
La visite de Manuel Valls au Moyen Orient, entre gros sous et diplomatie (RT)(Octobre 2015)

avatar
Silver Wisdom
Administrateur
Administrateur

Date d'inscription : 03/01/2012
Age : 48
Localisation : Planète Terre (Pour le moment)

http://ledormeur.forumgratuit.org

Revenir en haut Aller en bas

Les relations franco-saoudiennes: Business avant tout...

Message  Silver Wisdom le Ven 4 Mar - 16:10

Les relations franco-saoudiennes: Business avant tout...

Faire des affaires avec l’Arabie Saoudite est l’unique
obsession de nos gouvernants actuels. Il faut dire que rééquilibrer la balance commerciale
avec l’Arabie Saoudite est loin d’être une tâche facile...




Vincent Lamigeon a écrit:
(...) L'interface avec les industriels est toute trouvée : l'organisme ODAS, codétenu par l’État français et les industriels de la défense, créé à l'origine pour représenter la France dans les grandes ventes d'armes en Arabie Saoudite. Dirigé par l'ancien chef d'état-major des armées, l'amiral Edouard Guillaud, ODAS se charge de conduire l'opération, avec des appels d'offres express adressés aux industriels. En un mois, une vingtaine de sociétés sont sélectionnées. Reste à obtenir l'aval du ministère des finances saoudien : l'accord est trouvé en juillet, juste avant la grande coupure du Ramadan. Si le montant de 3 milliards est confirmé, sur demande expresse saoudienne, l'armée française sera mise à contribution, aux frais de la France, pour la formation opérationnelle de son homologue libanaise.

En coulisses, les tractations se succèdent. L'Iran, soutien du Hezbollah libanais, suit avec attention l'avancée du processus. Israël regarde aussi avec inquiétude les négociations franco-saoudo-libanaises, pressant Paris de limiter la liste des équipements français transférés, notamment les missiles, craignant qu'ils puissent être récupérés par le Hezbollah. (...)


~ L’histoire secrète du mégacontrat d’armement français au Liban (Challenges)(Novembre 2014) ~

Le 19 février, l’Arabie Saoudite annulait la commande de 3 milliards de dollars d’armement français divers pour l’armée libanaise. Mauvaise nouvelle pour notre pays. Et accroc pour notre politique d’entente à tout prix avec cette monarchie islamo-puritaine. Fabius avait clamé que cet accord illustrait « la qualité exceptionnelle de la relation franco-saoudienne. » Le contrat avait été signé pour éviter que l’Iran ne propose ses propres armes au Liban. Il a été annulé parce que le Liban aurait des positions hostiles à l’Arabie Saoudite en raison de l’importance du Hezbollah dans la vie politique libanaise. Notre allié extrémiste nous fait faux bond dans cette affaire. Et pourtant, le gouvernement français a multiplié les visites en Arabie Saoudite en 2015: Fabius régulièrement, Hollande en mai et Valls en octobre.

Cela va porter ses fruits: en 2015, la France va conclure d’énormes marchés avec l’Arabie Saoudite; Réacteurs nucléaires, navire patrouilleurs, airbus, hélicoptères, et 50 airbus pour 10 milliards d’Euros. Depuis quelques années, l’Arabie Saoudite est le premier client de l’industrie français d’armement. Vieille tradition: Les pays du Golfe ont toujours été des clients privilégiés de l’industrie française de l’armement (45% des exportations dans les années 80). En octobre 1981, le contrat dit Sawari, portant sur 4 frégates de 2 000 tonnes, 2 pétroliers-ravitailleurs, 28 hélicoptères, mais prévoyant aussi la formation des personnels et l’assistance technique initiale, représente un budget de 14 milliards de dollars . Il s’ajoute à toute une série d’autres conclus depuis 1972, comme le contrat Shahin (équipements de trois brigades blindées).


~ Rapport au Parlement 2014 sur les exportations d’armement de la France (Jean-Marie Collin, Alternatives Internationales)(Septembre 2014) ~

Faire des affaires avec l’Arabie Saoudite est l’unique obsession de nos gouvernants actuels. Il faut dire que rééquilibrer la balance commerciale avec l’Arabie Saoudite est loin d’être une tâche facile. En 2014, le déficit commercial de la France avec l’Arabie Saoudite est de plus de 4 milliards d’euros, avec 3 milliards d’euros d’exportations contre sept milliard d’euros d’importations. La France a reculé de la 8e à la 9e place dans le classement des fournisseurs de l’Arabie Saoudite. Pour réduire ce déficit commercial, depuis quelques années, la France s’aligne sur les positions des Saouds pour pouvoir commercer avec eux. Dernier exemple en date, le conflit au Yemen. Il a tué plus de 35000 personnes et déplacé 2.5 millions de civils depuis moins d’un an. Amnesty International a appelé à arrêter de vendre des armes aux Saoudiens. L’organisation dénonce des crimes de guerre commis par la coalition menée par l’Arabie Saoudite. Pourtant, notre ancien ministre des affaires étrangères, candidat au prix nobel de la paix, soutenait cette intervention. En avril 2015, il déclarait lors d’une visite à Riyad: « la France se tient naturellement aux côtés de ses partenaires de la région pour restaurer la stabilité du Yémen » et soutenait les raids saoudiens.

La France soutient sans nuance la position de l’Arabie Saoudite en Syrie: Faire partir Assad à tout prix. C’est sans doute cela qui avait poussé Fabius à déclarer, en 2012: Le Front Al Nusra fait du bon boulot. Inutile de rappeler que le Front Al Nusra a fait allégeance à Al Qaida. Vous savez, ceux qui ont revendiqué l’attentat contre Charlie Hebdo en janvier 2015. Comme l’a déclaré par inadvertance Biden en 2014 « Ils (l’arabie saoudite, les Emirats, la Turquie) ont déversé des centaine de millions de dollars et des dizaine de tonnes d’armes sur toute personne qui combattrait Assad. Seulement, les gens qui ont été fournis se sont avérés être Al-Nosra et Al-Qaida et les extrémistes jihadistes qui arrivaient de toutes les parties du monde ». Après le placement d’Al Nosra sur la liste des organisations terroristes par les USA en 2012, décision critiquée par Fabius au passage, les Saoudiens ont officiellement décidé de lutter contre Al-Nusra. Mais  l’Arabie Saoudite continue à financer l’Armée de la Conquête en Syrie, coalition dont le principal membre est Al Nusra. Lequel Al-Nusra  s’est réjoui des attentats de Paris...


~ Point de presse du président de la République à Riyad, au Royaume d’Arabie Saoudite (Elysée)(Mai 2015) ~

Cela n’a pas empêché notre cher président Hollande de déclarer pendant sa visite en Arabie Saoudite, « Lutter contre le terrorisme et faire en sorte que nous ne puissions pas rester indifférents face au chaos qui menace plusieurs Etats de la région ». Pourtant l’Arabie Saoudite n’est pas un très ardent combattant du terrorisme islamique. Dans un article du 20 janvier 2015, Yousaf Butt explique que l’Arabie Saoudite a dépensé environ 100 milliards de dollars en trente ans pour répandre le wahhabisme dans le monde. Par comparaison, l’URSS a dépensé environ 7 milliards de dollars en 70 ans pour promouvoir le communisme. Il est aussi probable que les 28 pages expurgées du rapport sur l’attentat du 11 septembre pointaient l’Arabie Saoudite comme principal sponsor des pirates de l’air. L’auteur du rapport, Bob Graham, a déclaré que nos ennemis mortels, les djihadistes de l’Etat Islamique étaient soutenu par de l’argent saoudien, et étaient des purs produits de l’idéologie rétrograde saoudienne, le wahhabisme. Le wahhabisme est une idéologie de haine envers les incroyants incluant les chrétiens, les juifs, les chiites, les soufis, les sunnites qui ne suivent pas la doctrine wahhabites, les hindous, les athéistes, en résumé, le monde entier.

Hillary Clinton ne s’y trompait pas: Dans un mémo publié par Wikileaks, elle écrit en 2009 « des donneurs en Arabie Saoudite constituent la source de financement la plus importante des groupes terroristes sunnites mondiaux ». « L’Arabie Saoudite reste une base essentielle du financement d Al Qaida et d’autres groupes terroristes ». Un document hallucinant sur Zacarias Moussaoui décrit comment il collectait l’argent auprès des membres haut placés de la famille princière pour le compte de Ben Laden. Mais finalement, la propagation de l’idéologie mortifère saoudienne est financée avec l’argent du pétrole, ce pétrole que la France achète allégrement. Il serait peut-être temps, pour lutter vraiment contre le terrorisme de trouver d’autres fournisseurs ou mieux , de développer des énergies alternatives…

Beerblog

Source de l'article :
Les relations franco-saoudiennes: Business avant tout (BeerBlog Site)(Mars 2016) via Arrêt sur Info

avatar
Silver Wisdom
Administrateur
Administrateur

Date d'inscription : 03/01/2012
Age : 48
Localisation : Planète Terre (Pour le moment)

http://ledormeur.forumgratuit.org

Revenir en haut Aller en bas

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut

- Sujets similaires

 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum